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La récession des bénéfices est terminée

Après l’année 2022, année de transition qui s’est caractérisée par des bénéfices en baisse, les 500 plus grandes entreprises américaines enregistrent à nouveau des excédents importants.

Christoph Sax
Économiste en chef
Publié le
29 février 2024

C’est ce que démontrent les chiffres du quatrième et dernier trimestre 2023 révélés par la saison actuelle des résultats – sachant qu’environ 90% des entreprises du S&P 500 ont publié leurs résultats à ce jour.

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La croissance moyenne des bénéfices par rapport à l’année précédente atteint environ 10%. Il y a encore un an, ce chiffre se trouvait dans le négatif: il était de -3,2% (voir graphique).

Les chiffres d’affaires n’ont progressé quant à eux que de 3,4%. Le bond effectué par les bénéfices est donc dû à la hausse des marges. Cette évolution s’explique par la baisse de l’inflation et l’atténuation de la pression sur les prix, qui ont laissé plus de possibilités aux entreprises de faire attention à leurs marges. En outre, les provisions et les amortissements ont été plus bas que l’année précédente en raison du niveau persistant des taux d’intérêt.

Sur les marchés boursiers, les chiffres des bénéfices ont ouvert la voie à un mouvement haussier. Plusieurs indices ont commencé la nouvelle année avec des gains de cours significatifs. Le S&P 500 a déjà progressé de plus de 11%, tout comme l’Euro Stoxx 50. Depuis le début de l’année 2023, ces deux indices ont gagné plus de 25%.

Les perspectives de croissance des bénéfices et des marges sont également réjouissantes pour l’année en cours. Selon les prévisions, la croissance des bénéfices devrait être d’environ 14% en 2024, tandis que la croissance des chiffres d’affaires devrait atteindre pas loin de 6%. Mais le risque que ces prévisions ne puissent pas être satisfaites augmente en conséquence.

Autres nouvelles économiques    

  • Le moral des consommateurs américains s’assombrit: aux États-Unis, le moral des consommateurs s’est dégradé de manière quelque peu inattendue. Le baromètre correspondant est ainsi passé de 110,9 à 106,7 points, alors que les experts tablaient sur une montée à 115 points. Le baromètre restait avant cela sur trois évolutions mensuelles positives consécutives. Les consommateurs évaluent désormais leur situation actuelle moins bien qu’auparavant et ils se montrent également moins optimistes pour les mois à venir. C’est toujours l’inflation qui préoccupe le plus les Américains, même si la situation sur le marché du travail et l’environnement politique sont également vus d’un œil pessimiste.
  • Le bitcoin se rapproche de son niveau record: la plus ancienne des cryptomonnaies est montée à environ 59'000 dollars ces derniers jours, atteignant ainsi son plus haut niveau depuis fin 2021. Le bitcoin ne se situe donc plus qu’à 20% environ de sa valeur record. Avec un peu de retard, les récentes autorisations des ETF sur le bitcoin ont alimenté l’intérêt des investisseurs et par conséquent contribué à l’augmentation du cours de cette monnaie numérique. Selon les experts, la forte demande venant des petits investisseurs a favorisé l’explosion actuelle des cours. La cryptomonnaie Ether a également le vent en poupe: depuis janvier, elle a encore plus progressé en pourcentage que le bitcoin.
  • Allemagne – l’indice ifo augmente très légèrement: il ressort d’une enquête menée auprès de quelque 9000 dirigeants allemands que le moral de ces derniers s’est très légèrement amélioré en février. Néanmoins, l’Allemagne reste au bord d’une récession à cause de la baisse des investissements et du ralentissement de l’activité de construction. Ainsi, l’indice ifo du climat des affaires a gagné 0,3 point pour s’établir à 85,5 points. Cela correspond peu ou prou aux attentes des économistes. Les entreprises évaluent leur situation commerciale de la même manière qu’auparavant, mais leurs perspectives pour les mois à venir sont un peu moins pessimistes qu’en janvier.