Investissements

Les répercussions de la guerre en Iran sur l’économie mondiale restent modérées jusqu’à présent

Malgré la guerre en Iran, le Fonds monétaire international n’apporte que des ajustements mineurs à ses prévisions de croissance. Christoph Sax, économiste en chef chez VZ, fait le point sur les attentes.

Christoph Sax

Fonction Économiste en chef

Publié le

30 avril 2026

Bien que la guerre en Iran dure depuis près de deux mois et que le prix du pétrole se négocie depuis lors à des niveaux nettement plus élevés qu’auparavant, le Fonds monétaire international (FMI) demeure prudemment optimiste dans son scénario de base concernant l’évolution de l’économie mondiale.

Selon son dernier rapport, le conflit pèse particulièrement lourd sur les exportateurs d’énergie du Golfe. Certains pays du Golfe se trouvent actuellement dans une situation de confinement partiel. Le FMI a donc revu à la baisse ses prévisions de croissance pour l’ensemble du Moyen-Orient et de l’Asie centrale pour 2026, les ramenant de 3,9% à 1,9%.

Toutefois, une partie au moins de la valeur ajoutée perdue devrait être récupérée l’an prochain. Plus le conflit se prolonge, plus les économies financièrement fragiles, fortement dépendantes des importations d’énergie, risquent d’être pénalisées. Il s’agit une fois de plus de certains pays émergents et en voie de développement. En revanche, les prévisions de croissance du PIB pour les États Unis, la zone euro et la Chine n’ont été que légèrement révisées à la baisse.

Le FMI part du principe que la situation au Proche-Orient s’apaisera à moyen terme. C’est pourquoi il ne prévoit qu’un léger ralentissement de la croissance mondiale dans son ensemble, de 3,3% l’an dernier à 3,1%.

Ces prévisions montrent que le FMI attribue à l’économie mondiale une résilience relativement élevée. En effet, même si la situation au Proche-Orient devait s’améliorer dans les semaines à venir, un retour à la normale du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz et du commerce des matières premières prendrait probablement encore plusieurs mois.

Le FMI a en outre modélisé des scénarios dans l’hypothèse où une solution au conflit au Proche Orient tarderait à se concrétiser. Si les perturbations se prolongeaient jusqu’à la fin de l’année, la croissance de l’économie mondiale pourrait reculer de 0,6 point de pourcentage supplémentaire. Si le conflit devait même durer jusqu’à fin 2027, un ralentissement mondial de la croissance jusqu’à 2% serait à craindre.

Toutefois, la probabilité du scénario extrême est jugée faible par les analystes pour deux raisons: d’une part, les réserves de la Chine seront épuisées d’ici quelques mois, ce qui accroîtra tôt ou tard la pression sur l’Iran. D’autre part, le blocus américain des exportations iraniennes infligerait à long terme des dommages irréparables aux infrastructures pétrolières en Iran.

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Boom des introductions en bourse aux États-Unis

En matière d’introductions en bourse, les marchés américains s’acheminent en 2026 vers une année record. La banque d’investissement Goldman Sachs prévoit un volume d’IPO de 160 milliards de dollars. Trois grands noms y contribuent principalement: SpaceX, Anthropic et OpenAI. SpaceX arrive en tête avec un volume d’émission visé de 75 milliards de dollars. Le record actuel détenu par Saudi Aramco serait triplé.

La Réserve fédérale américaine opte pour le statu quo monétaire

À l’issu de ce qui aura probablement été la dernière réunion de Jerome Powell en tant que président de la Fed, la Réserve fédérale américaine a maintenu sa ligne de conduite prudente et laissé ses taux d’intérêt inchangés pour la troisième fois d’affilée dans une fourchette de 3,5 à 3,75%. Une inflation toujours élevée et un marché du travail relativement stable plaident contre un assouplissement rapide. Cette décision était sans surprise pour les marchés. Jerome Powell a annoncé qu’il resterait à la Fed comme gouverneur à la fin de son mandat de président de l’institution.

Anticipations d’inflation à la hausse dans la zone euro

La guerre en Iran provoque une forte hausse des anticipations d’inflation dans la zone euro. Selon une enquête de la Banque centrale européenne (BCE), les consommateurs tablent désormais sur une inflation de 4,0% sur l’année, soit nettement plus que les 2,5% attendus précédemment. Les principaux facteurs de l’inflation sont l’augmentation des prix de l’énergie et des matières premières. Malgré l’incertitude croissante, aucune modification des taux directeurs n’est attendue lors de la prochaine réunion de la BCE ce jeudi.