Investissements

Taux directeurs américains: potentiel de tensions entre Trump et la Fed

Aucune solution ne se dessine pour l’instant dans le conflit avec l’Iran. Une désescalade rapide serait toutefois essentielle pour la banque centrale américaine et sa politique monétaire.

Christoph Sax

Fonction Économiste en chef

Publié le

21 mai 2026

Alors que le président américain Donald Trump réclame avec insistance une baisse des taux, l’inflation aux États-Unis a récemment bondi en raison de la flambée des prix du carburant.

Cette situation modifie fondamentalement la donne pour le nouveau président de la Fed Kevin Warsh. La semaine dernière, le Sénat a officiellement validé la nomination de Kevin Warsh qui succédera à Jerome Powell dans quelques jours. 

Fait intéressant: Jerome Powell cède la présidence, mais conserve son siège au Conseil des gouverneurs ainsi qu’au comité de politique monétaire (FOMC). Cette situation est inhabituelle. Jerome Powell a probablement voulu éviter que Donald Trump ne puisse pourvoir un poste supplémentaire au sein du comité selon ses propres préférences.

Bien que proche de Donald Trump, Kevin Warsh est un banquier central expérimenté et attaché à la stabilité. Il ne plaidera pas aveuglément pour des baisses de taux si le contexte économique ne le permet pas. Des tensions avec le président sont donc inévitables.

Comme l’inflation sera sans doute le thème central de la campagne électorale, Donald Trump devra peut-être reconnaître qu’il doit laisser du temps à Kevin Warsh. Actuellement, l’économie américaine se porte bien, notamment grâce à un niveau élevé d’investissements.

Donald Trump a déjà stimulé l’économie par des allègements fiscaux et des subventions. Le conflit avec l’Iran agit désormais comme un accélérateur de l’inflation.

À mesure que le conflit se prolonge, les attentes du marché concernant l’évolution future des taux se modifient. Les acteurs du marché estiment désormais que la Fed pourrait même devoir relever son taux directeur à moyen terme. Des économistes de renom demandent d’abandonner complètement le biais accommodant, à savoir la tendance à privilégier des baisses de taux.

Lors de la prochaine réunion de politique monétaire à la mi-juin – la première sous la direction de Kevin Warsh – une baisse des taux directeurs constituerait une grande surprise.

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Autres nouvelles économiques

L’économie suisse démarre mieux l’année que prévu

L’économie suisse a affiché une croissance plus forte que prévu au début 2026. Selon l’estimation rapide du Secrétariat d’État à l’économie (Seco), le produit intérieur brut réel a augmenté de 0,5% au premier trimestre par rapport au trimestre précédent. Les économistes ne tablaient que sur une hausse comprise entre 0,3 et 0,4%. Cette accélération est portée à fois par l’industrie et le secteur des services. Le Seco précise que des données ultérieures pourraient encore modifier cette première estimation. Les données détaillées seront publiées le 1er juin.

La Chine perd de son élan

En Chine, la consommation et la production ont ralenti en avril. La production industrielle a quant à elle augmenté de 4,1% sur la même période: il s’agit de la progression la plus faible depuis juillet 2023. Les ventes au détail ont progressé de 0,2% par rapport à l’année précédente, soit la hausse la plus lente depuis décembre 2022.

La production industrielle américaine dépasse les attentes

Contrairement à la Chine, les chiffres de la production industrielle aux États-Unis ont créé la surprise en rebondissant. Sur un mois, l’activité a grimpé de 0,7%, alors que les économistes n’attendaient qu’une hausse de 0,3%. En mars, la production avait reculé de 0,3% (donnée révisée).