Investissements
Conflit iranien: les réactions des marchés varient en intensité
L’attaque conjointe des États-Unis et d’Israël contre l’Iran a secoué les marchés. Dans son analyse, Christoph Sax, économiste en chef chez VZ, montre toutefois que les réactions sont jusqu’ici beaucoup plus modérées qu’escompté.
Christoph Sax
Fonction Économiste en chef
Recommander l'article
5 mars 2026
Samedi, les États-Unis et Israël ont attaqué l’Iran et éliminé les plus hauts dirigeants du pays, tuant également son guide suprême, Ali Khamenei. L’Iran se défend avec force et exclut toute capitulation: le conflit pourrait se prolonger.
Jusqu’à présent, les réactions des marchés sont toutefois restées relativement modérées.
En Suisse et en Europe, les indices ont reculé de 4 à 6% entre lundi matin et mardi soir. Depuis le début de l’année, le Swiss Market Index (SMI) affiche toujours une hausse de près de 2%.
Aux États-Unis, en revanche, les marchés ont d’abord terminé la séance de lundi en territoire positif. Ce n’est que mardi que les cours ont cédé environ 1%. Le S&P 500 ne se situe actuellement qu’un pour cent en dessous de son niveau avant le début de la guerre.
Les actions américaines résistent donc beaucoup mieux. En francs suisses, la performance atteint même +1%, car le dollar s’est apprécié d’environ 2% depuis le week-end. Le MSCI World (cf. graphique), négocié en dollars, n’affiche pour cette raison qu’un léger recul en francs suisses.
L’appréciation du dollar confirme que la devise américaine demeure une valeur refuge en période de crise. L’affaiblissement parallèle du franc suisse face au dollar s’explique probablement par une intervention verbale de la Banque nationale suisse (BNS). En début de semaine, elle a en effet signalé son intention d’intervenir sur le marché des changes. Il est même possible qu’elle ait déjà été active sur le marché.
Étonnamment, l’or n’a pas tiré son épingle du jeu: après une hausse initiale, le métal précieux enregistre un net recul. Actuellement, son prix est d’environ 3% inférieur à son niveau d’avant le conflit. Ce repli s’explique principalement par la vigueur du dollar, devise de référence pour le négoce de l’or. Il est également possible que les investisseurs détiennent déjà de l’or depuis un certain temps afin d’être préparés à de tels événements.
Le cours du pétrole a progressé d’environ 16% depuis le début de la crise. Le niveau actuel d’environ 83 dollars le baril n’est toutefois pas trop alarmant. Il y a quatre ans, après l’attaque russe contre l’Ukraine, le prix du pétrole était bien plus haut, sans que l’économie mondiale n’en pâtisse à large échelle. Entre 2011 et 2015 également, le pétrole se négociait à un niveau beaucoup plus élevé pendant une longue période.
Si le prix du pétrole demeurait durablement élevé, les pays émergents et en développement en souffriraient probablement le plus. Les pays industrialisés ont en effet réduit de manière significative leur dépendance au pétrole. Elle ne représente aujourd’hui qu’un tiers de ce qu’elle était dans les années 1970. Des pays comme la Suisse seraient donc moins durement touchés par un pétrole cher.
Actualités sur la retraite, les placements, les hypothèques, les impôts, la succession et les assurances:
Autres nouvelles économiques
Inflation en Suisse dans le haut de la fourchette des prévisions
L’inflation annuelle s’est maintenue à 0,1% en février, se situant ainsi dans le haut de la fourchette des prévisions. Les économistes avaient tablé au préalable sur une valeur comprise entre -0,1 et 0,1%. Ce sont surtout les loyers et les voyages en avion qui ont renchéri, tandis que les prix des baies et des jus de fruits et de légumes ont baissé.
Légère hausse de l’inflation dans la zone euro
L’inflation annuelle dans la zone euro est passée de 1,7% à 1,9% en février, dépassant ainsi les prévisions. Les prix des services et des biens industriels ont particulièrement augmenté. L’inflation sous-jacente, hors énergie, alimentation, alcool et tabac, a atteint 2,4%, avec des hausses significatives en France, en Espagne et en Italie. En Allemagne, en revanche, l’inflation sous-jacente a légèrement diminué. La hausse des prix de l’énergie due au conflit au Moyen-Orient pourrait accentuer les pressions inflationnistes.
Croissance persistante de l’industrie américaine
L’industrie américaine a connu une croissance modérée en février, l’indice ISM des directeurs d’achat ayant légèrement reculé à 52,4 points, tout en dépassant les attentes. Les commandes et la production ont augmenté plus lentement, tandis que l’indice de l’emploi signale toujours des suppressions de postes. Point critique: la composante des prix de l’indice ISM manufacturier (PMI), un indice des prix d’achat payés par les fabricants, a fortement augmenté, passant de 59,0 à 70,5. Une telle hausse attise les craintes inflationnistes et pourrait justifier une politique plus restrictive de la Réserve fédérale américaine.
Découvrez notre offre
-
Premier entretien sans frais
Rendez-vous
-
Étude du marché suisse des ETF 2025
Étude
-
Analyse de dépôt: comment éviter les risques d’investissement inutiles
Fiche technique