Investissements

Pétrole en baisse: pourquoi les banques centrales restent prudentes malgré tout

Les prix de l’énergie reculent, ce qui soulage les marchés. Étonnamment, les banques centrales continuent d’adopter une ligne restrictive – et tempèrent les attentes de baisse rapide des taux d’intérêt. Robert Leitner, responsable Research chez VZ, décrypte les ressorts de cette apparente contradiction.

Robert Leitner

Fonction Responsable Research

Publié le

17 juin 2026

Après l’annonce d’un accord visant à mettre fin au récent conflit au Moyen-Orient, le prix du baril de Brent est retombé aux alentours de 80 dollars. Il renoue ainsi avec ses niveaux de 2024, bien avant le début des tensions géopolitiques.

La baisse des prix de l’énergie devrait également se répercuter sur les anticipations d’inflation des acteurs du marché. Le risque d’une inflation persistante n’est en aucun cas écarté pour autant. Les coûts élevés de l’énergie se sont déjà diffusés dans l’inflation sous-jacente.

Le renchérissement marqué des biens et services hors énergie et denrées alimentaires maintient une pression sur les prix. Dans ce contexte, les autorités monétaires mondiales adressent un message clair: aucune baisse rapide des taux d’intérêt n’est à l’ordre du jour pour l’instant.

Les dernières décisions de politique monétaire confirment que la politique de resserrement reste d’actualité. Ainsi, la Banque centrale européenne (BCE) a relevé le taux de dépôt, déterminant pour les épargnants, à 2,25%. En effet, l’inflation sous-jacente dans la zone euro s’est maintenue à 2,5% en mai, un niveau toujours supérieur à l’objectif de stabilité de 2%.

La Banque du Japon (BoJ) s’est montrée encore plus ferme. Malgré le recul récent des cours du pétrole, elle a porté son taux directeur à 1,0%, un niveau inédit depuis plus de 30 ans. Bien que l’inflation au Japon se situe actuellement à un niveau relativement modéré de 1,5%, la banque centrale redoute que la faiblesse du yen ne continue de renchérir les biens importés.

Dans l’ensemble, de nombreux éléments indiquent qu’avec un apaisement durable sur le marché du pétrole, les anticipations d’inflation pourraient également se normaliser progressivement. Néanmoins, la politique monétaire des principales banques centrales reste restrictive pour l’instant – des baisses rapides des taux d’intérêt semblent peu probables à l’heure actuelle, malgré les réactions positives des marchés.

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Autres nouvelles économiques

L’UE valide le pacte douanier avec les États-Unis

Le Parlement européen a approuvé à une large majorité la mise en œuvre de l’accord douanier avec les États-Unis. Celui-ci prévoit la suppression des droits de douane de l’UE sur les produits industriels en provenance des États-Unis, tandis que de nombreuses exportations européennes seront désormais soumises à des tarifs pouvant atteindre 15%. Une clause de sauvegarde autorise l’adoption de contre-mesures en cas de violation. L’approbation du Conseil de l’UE est encore attendue d’ici début juillet.

La Chine marque le pas

L’économie chinoise a encore perdu de sa dynamique au mois de mai. Les ventes au détail ont reculé de 0,6%, une première depuis fin 2022, tandis que les investissements ont également connu un net ralentissement. Seule note positive: la production industrielle, qui a progressé de 4,5%, dépassant ainsi légèrement les attentes.

Repli temporaire de l’inflation en Allemagne

En mai, le taux d’inflation en Allemagne a baissé de 0,3 point de pourcentage pour s’établir à 2,6%. Ce recul s’explique principalement par la mise en place de la réduction sur les prix des carburants, qui a sensiblement freiné la dynamique des prix de l’énergie. Ainsi, la hausse des prix de l’énergie est passée de 10,1% en avril à 6,6%. Les denrées alimentaires ont enregistré pour leur part une progression modérée de 0,4%.