La BNS maintient ses taux à zéro, mais pour combien de temps encore?

Investissements

Comme prévu, la BNS a laissé son taux directeur inchangé la semaine dernière. Pourtant, de plus en plus de banques s’attendent à ce qu’elle le relève bientôt. Christoph Sax, économiste en chef chez VZ, analyse la probabilité d’un tel scénario.
 

Christoph Sax

Fonction Économiste en chef

Publié le

1er octobre 2026

La semaine dernière, la BNS a maintenu son taux directeur à 0%. Les signes que les taux pourraient remonter au cours des prochains trimestres sont pourtant de plus en plus nombreux. Le contexte mondial s’est modifié durant ces derniers mois, et les pressions inflationnistes ont augmenté partout dans le monde.

Outre le conflit au Moyen-Orient, l’accroissement des investissements et la hausse des prix des matières premières alimentent également l’inflation. C’est pourquoi de nombreuses grandes banques centrales ont déjà commencé à resserrer leur politique monétaire ou laissé entrevoir de nouvelles hausses de taux.

Pour la BNS, la situation est toutefois différente qu’il y a quelques années. Pendant longtemps, elle a surtout dû lutter contre le franc fort. Pour ce faire, elle a massivement augmenté la taille de son bilan. Entre-temps, le franc s’est affaibli.

La Banque nationale dispose ainsi d’une plus grande marge de manœuvre. Réduire son bilan lui permettrait de diminuer la masse monétaire en circulation. Une hausse du taux directeur ne peut plus non plus être exclue. Pour l’instant, la BNS ne voit toutefois aucune nécessité d’agir dans l’immédiat. Ses prévisions d’inflation actuelles ont à peine évolué par rapport au trimestre précédent.

Certes, la hausse des prix de l’énergie devrait entraîner une légère recrudescence de l’inflation à court terme, mais cet effet devrait ensuite s’estomper. Pour l’horizon à plus long terme, les attentes n’ont guère changé. Malgré cela, les marchés financiers anticipent déjà plusieurs relèvements de taux de la part de la BNS.

Plusieurs banques et instituts de recherche prévoient eux aussi désormais un nouveau tour de vis monétaire. Certains économistes continuent en revanche de penser qu’il n’y aura pas de hausse des taux. L’évolution qui prévaudra dépendra avant tout de l’ampleur et de la persistance des tendances inflationnistes mondiales ainsi que de la tenue du franc.

En résumé: la BNS a certes laissé ses taux inchangés, mais dans le même temps, les arguments en faveur d’un futur resserrement de la politique monétaire se sont renforcés. Si des hausses de taux devaient devenir d’actualité, elles prendraient la forme, de l’avis général, d’un retournement en douceur, de quelques petits pas.

Actualités sur la retraite, les placements, les hypothèques, les impôts, la succession et les assurances:

Autres nouvelles économiques

Les perspectives de l’économie suisse s’améliorent

Les perspectives de l’économie suisse ont continué de s’améliorer en septembre. Le baromètre conjoncturel du KOF a progressé à 109,1 points, son plus haut niveau depuis cinq ans, soit nettement au-dessus des attentes. Cette évolution a été principalement portée par l’industrie manufacturière, les services et la construction. La demande de l’étranger ainsi que la finance et l’assurance ont affiché des performances plus faibles.

Le franc poursuit son repli face au dollar

Le franc est tombé face au dollar à son plus bas niveau depuis mai 2025. La hausse des prix du pétrole nourrit les inquiétudes inflationnistes et renforce les anticipations de nouvelles hausses de taux aux États-Unis. Le rendement des emprunts d’État américains à dix ans avoisine désormais 5,2%. Celui des obligations de la Confédération suisse à dix ans atteint 0,6%, son niveau le plus élevé depuis 18 mois.

La BCE surveille les risques inflationnistes

La présidente de la BCE, Christine Lagarde, s’attend à une inflation en hausse sur les prévisions pour 2027 et 2028, en raison surtout de l’envolée des prix de l’énergie. Selon elle, la BCE doit tenir compte suffisamment tôt des éventuels effets de second tour et ne pas attendre qu’ils se matérialisent avant de réagir. Christine Lagarde considère que le taux directeur se situe dans la partie supérieure de la fourchette neutre, comprise entre 2% et 2,5%, et que l’évolution de la politique monétaire restera tributaire des chiffres de l’économie.