Investissements

La BNS devra-t-elle relever son taux directeur cette année?

Malgré le cessez-le-feu, la guerre en Iran provoque des effets économiques de plus en plus marqués. Les investisseurs s’inquiètent donc tout autant d’un regain d’inflation – qui pourrait pousser les banques centrales à réagir.

Christoph Sax

Fonction Économiste en chef

Publié le

9 avril 2026

La flambée des prix de l’énergie a modifié les attentes en matière de politique monétaire. Certains produits industriels de base ont également vu leur prix augmenter considérablement ces derniers temps. Malgré l’accord de cessez-le-feu, il faudra probablement des mois avant que les chaînes d’approvisionnement ne reviennent complètement à la normale.

Sur les marchés financiers, les investisseurs partent donc du principe que les banques centrales pourraient resserrer quelque peu leur politique monétaire afin de contenir les nouveaux risques d’inflation. En Suisse, les spéculations vont bon train quant à une possible hausse du taux directeur par la Banque nationale suisse (BNS) de 0 à 0,25%.

Il n’est toutefois pas certain que cela se produise. En Suisse, la pression inflationniste reste pour l’instant modérée. Selon l’Office fédéral de la statistique, l’inflation annuelle des prix à la consommation est tout de même passée de 0,1 à 0,3% en mars. 

Sans surprise, cette évolution s’explique principalement par l’augmentation des prix du pétrole et des carburants. Dans le même temps, les prix ont diminué dans le secteur hôtelier, de même que ceux de la location de voitures et de l’autopartage (car-sharing). L’inflation sous-jacente, qui exclut les composantes très volatiles telles que l’énergie et les denrées alimentaires, est en revanche restée stable à 0,4%.

Un examen plus approfondi des données suggère que la récente flambée des prix de l’essence et du diesel ne s’est pas encore pleinement répercutée sur l’indice des prix à la consommation. La date des relevés n’y est sans doute pas pour rien: dans les stations-services, les hausses de prix ont été plus marquées vers la fin du mois.

De même, les effets indirects sur d’autres biens et services ne devraient être pleinement visibles qu’en avril. Une légère hausse de l’inflation est donc à nouveau probable. En comparaison internationale, le renchérissement en Suisse reste toutefois nettement plus modéré que dans la zone euro ou aux États-Unis. La vigueur du franc atténue la pression sur les prix pour de nombreux biens importés.

L’inflation en Suisse devrait ainsi rester inférieure à 1% dans un avenir proche – et donc se maintenir clairement dans la fourchette cible de la BNS. Dès lors, il ne semble pas y avoir d’urgence pour l’instant à relever les taux d’intérêt.

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Détente provisoire dans la guerre avec l’Iran

Les États-Unis et l’Iran se sont mis d’accord dans la nuit de mardi à mercredi sur un cessez-le-feu de deux semaines. En contrepartie, l’Iran doit rouvrir le détroit d’Ormuz durant cette période. Les marchés financiers ont réagi positivement à cette nouvelle. La plupart des classes d’actifs ont fortement progressé mercredi matin.

Nouveaux droits de douane américains sur les produits pharmaceutiques

Les États-Unis veulent désormais imposer des droits de douane de 100% sur les médicaments brevetés, la Suisse bénéficiant toutefois d’un taux réduit de 15%. D’autres exceptions s’appliquent aux entreprises comme Novartis et Roche, qui se sont engagées à investir aux États-Unis. Avec ces droits de douane, les États-Unis souhaitent inciter davantage d’entreprises pharmaceutiques à délocaliser une partie de leur production sur leur territoire. Ces droits de douane doivent entrer en vigueur dans 120 jours pour les grandes entreprises et dans 180 jours pour les plus petites. Les États-Unis constituent le principal marché des entreprises pharmaceutiques suisses.

Le secteur américain des services croît plus lentement

Le secteur américain des services a enregistré une croissance moins forte au mois de mars. L’indice des directeurs d’achat du secteur non manufacturier, calculé par l’Institute for Supply Management (ISM), a reculé de 56,1 à 54,0 points. L’indice a ainsi été inférieur aux attentes des économistes, mais reste toutefois au-dessus du seuil de croissance de 50 points.