Investissements

Taux directeurs: à quoi les investisseurs peuvent-ils s’attendre en 2026?

Le paysage des taux d’intérêt évolue, créant de nouvelles conditions pour les investisseurs. Analyse de l’orientation des banques centrales pour l’année 2026.

Christoph Sax

Fonction Économiste en chef

Publié le

18 décembre 2025

La fin de l’année est traditionnellement marquée par les nombreuses décisions des banques centrales. Aux États-Unis, la Réserve fédérale (Fed) a, comme prévu, abaissé son taux directeur il y a une semaine. Ce n’est pas tant la décision en soi qui a surpris, mais plutôt le fait qu’elle n’ait pas été prise à l’unanimité: les avis des membres du Comité de politique monétaire (FOMC) restent divergents.

Même Stephen Miran, un proche conseiller de Donald Trump, n’est pas parvenu à faire accepter une baisse plus marquée des taux d’intérêt, ce qui témoigne clairement de l’indépendance de ce comité.

La Banque nationale suisse (BNS) a quant à elle laissé son taux directeur inchangé. La Banque centrale européenne (BCE) devrait faire pareil. Sa décision est attendue aujourd’hui dans l’après-midi. Les deux établissements indiquent que les taux d’intérêt ont atteint leur niveau plancher. En Suisse, le SARON devrait donc rester proche de zéro.

Dans le même temps, les marchés anticipent encore deux baisses des taux d’intérêt aux États-Unis d’ici fin 2026. En revanche, aucune autre baisse n’est attendue pour 2027. Le plancher devrait se situer légèrement au-dessus de 3%, et ce bien que Donald Trump s’apprête à nommer un nouveau président à la Réserve fédérale américaine. Ce dernier ne pourra cependant pas décider seul de l’évolution des taux d’intérêt. Les prévisions des membres du FOMC confirment ce tableau: la médiane pour fin 2026 s’élève à 3,375%, soit légèrement au-dessus des attentes du marché (3,125%).

Il est frappant de constater qu’aucun membre ne prévoit un taux directeur inférieur à 2%, pas même Stephen Miran. Un revirement radical de la politique monétaire de la Fed est donc peu probable, même sous la direction d’un nouveau président. Dans l’ensemble, les derniers signaux envoyés par les banques centrales indiquent que la phase de forte baisse des taux d’intérêt est terminée. C’est la stabilité qui prédomine dans les perspectives 2026.

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Les pressions inflationnistes continuent de s’atténuer

En novembre, les prix à la production et à l’importation en Suisse ont chuté de 1,6% par rapport à l’année précédente et de 0,5% par rapport au mois précédent. Ces chiffres s’expliquent principalement par le recul des prix des produits pharmaceutiques, chimiques et énergétiques, tandis que les produits pétroliers raffinés continuent de renchérir. Sur une base annuelle, l’indice des prix à la production et à l’importation affiche ainsi une baisse pour la 31e fois consécutive.

La production dans la zone euro reprend

La production industrielle dans la zone euro a augmenté de 0,8% en octobre – sa plus forte hausse mensuelle depuis mai. Tous les secteurs majeurs ont progressé, avec une dynamique particulièrement forte dans les biens de consommation durables et l’énergie. L’Allemagne, l’Irlande et l’Espagne ont vu leur production augmenter, tandis que l’Italie, la Belgique et la Suède ont vu la leur baisser.

Le marché du travail américain plus solide que prévu

Aux États-Unis, l’économie a enregistré en novembre une hausse de 64'000 emplois hors agriculture. La plupart des nouveaux emplois ont été créés dans les secteurs de la santé (+46'000) et de la construction (+28'000). Le taux de chômage est toutefois passé de 4,4% à 4,6%.