Investissements

Décision de la Cour suprême sur les droits de douane américains – pourquoi les marchés ont à peine réagi

Ces derniers jours, les événements autour des droits de douane punitifs américains se sont enchaînés. Les marchés, en revanche, sont restés calmes. Il y a de bonnes raisons à cela, comme le montre Christoph Sax, économiste en chef chez VZ, dans son analyse.

Christoph Sax

Fonction Économiste en chef

Publié le

26 février 2026

Depuis vendredi, les droits de douane américains font de nouveau la une des actualités économiques. La Cour suprême a invalidé les surtaxes punitives imposées à de nombreux pays par Donald Trump. Les juges ont décrété que ces droits de douane ne pouvaient être justifiés par la loi sur les situations d’urgence et qu’ils étaient donc illégaux. La décision a été prise à une majorité relativement claire de six voix contre trois.

C’est une bonne nouvelle, car ce vote montre que les mécanismes de contrôle institutionnels aux États-Unis fonctionnent, d’autant plus que seul l’un des trois juges fédéraux nommés par Donald Trump a voté en faveur du maintien des taxes douanières. 

Pourtant, la question des droits de douane est loin d’être réglée. L’administration Trump s’était préparée à ce que la Cour suprême puisse annuler les surtaxes. Le locataire de la Maison-Blanche n’a pas tardé à riposter en annonçant un nouveau droit de douane supplémentaire de 10%, qui remplace ceux concernés par la décision de justice et s’applique à l’ensemble des partenaires commerciaux.

Cette taxe douanière, en vigueur depuis mardi, s’appuie sur une autre base juridique, à savoir la section 122 de la loi sur le commerce de 1974, encore jamais appliquée à ce jour.

Le nouveau droit de douane n’est plus justifié par une situation d’urgence, mais par des problèmes liés à la balance des paiements. Le président américain a annoncé ce week-end faire passer sa nouvelle taxe douanière mondiale de 10 à 15%, mais celle-ci n’a pas encore été mise en œuvre.

À première vue, les marchés ont réagi de manière étonnamment sereine à ces nouvelles incertitudes (cf. graphique). Les investisseurs devaient être conscients du fait que les États-Unis poursuivraient leur politique protectionniste sous une forme ou une autre, même après la décision de justice. En parallèle, l’idée s’est imposée depuis un certain temps que les pouvoirs du président américain étaient limités, d’une part, par les marchés financiers, qui exercent un effet disciplinaire et, d’autre part, par les institutions ainsi que les élections de mi-mandat prévues en novembre prochain. Le nouveau régime douanier s’applique jusqu’au 24 juillet.

Reste à savoir si le Congrès, dont Trump nécessite l’approbation, acceptera alors de poursuivre cette politique, ou si le président américain se basera sur une autre loi autorisant sa politique douanière. Quoi qu’il en soit, le Parlement obtiendra davantage de contrôle faisant que les droits de douane devraient dans l’ensemble restés modérés.

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Autres nouvelles économiques

Les entreprises technologiques devront produire leur propre électricité

Lors du plus long discours sur l’état de l’Union jamais prononcé, Donald Trump s’est montré combatif. Malgré la décision de la Cour suprême contre sa politique douanière, il entend poursuivre son programme sans le Congrès. Il a souligné que les droits de douane étaient un moteur économique essentiel et pouvaient remplacer l’impôt sur le revenu. Il a également annoncé qu’il obligerait les géants de la technologie à construire leurs propres centrales électriques pour alimenter leurs centres de calcul.

La confiance des consommateurs américains se renforce

Contre toute attente, la confiance des consommateurs américains s’est améliorée en février: l’indice a atteint 91,2 points, alors que les prévisions tablaient sur un niveau de 87,0 points. Les chiffres de janvier ont également été nettement revus à la hausse. Selon l’institut de recherche économique Conference Board, les perspectives pour l’avenir se sont quelque peu améliorées, mais le niveau reste inférieur au pic de novembre 2024, et le climat général est à la prudence.

Les États-Unis et l’Europe à égalité

Au quatrième trimestre 2025, la croissance économique aux États-Unis et dans la zone euro a été identique. Les deux régions ont enregistré une progression de 0,3% par rapport au trimestre précédent. Aux États-Unis, l’augmentation du PIB a été principalement freinée par la fermeture des services publics et les mesures d’économies prises par le gouvernement. Pour le trimestre en cours, les indices PMI flash dans la zone euro signalent la fin de la récession industrielle et une accélération générale de la croissance.