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La crainte d’une récession pèse sur les marchés financiers

Quels facteurs influent sur la conjoncture et comment évoluent les principaux indicateurs économiques? L'analyse de Rolf Biland, directeur des investissements de VZ, le 11 mai 2022

Rolf Biland

Chief Investment Officer

Après les importantes vagues de coronavirus, les espoirs d’un net redressement économique sont mis à mal. De plus en plus d’analystes revoient leurs prévisions conjoncturelles à la baisse pour cette année. À présent, un nouveau danger se profile à l’horizon: la Banque d’Angleterre (BoE) a averti que le Royaume-Uni pourrait glisser dans une légère récession au début de l’année prochaine. Aux États-Unis aussi, la peur de la récession grandit.

Début mai, la Réserve fédérale américaine (Fed) a relevé ses taux d’un demi-point de pourcentage à une fourchette de 0,75 à 1%. C’est son intervention la plus radicale depuis 22 ans. La BoE a pour sa part relevé son taux directeur de 0,25 point à 1% – c’est sa quatrième hausse d’affilée. Par ces relèvements de taux, les deux banques centrales réagissent à la hausse massive des taux de renchérissement enregistrée dernièrement. 

Dans un tel contexte, la Banque centrale européenne (BCE) est de plus en plus sous pression pour intervenir elle aussi sur les taux. Jusqu’ici, la BCE s’est montrée particulièrement réservée quant à la normalisation de sa politique monétaire expansive. Le marché s’attend à ce qu’elle prenne des mesures à l’automne.

La Chine, auparavant locomotive de l’économie mondiale, voit actuellement sa croissance tourner au ralenti et n’est pas d’une grande aide. La poursuite d’une stratégie zéro Covid implique en effet des confinements locaux réguliers, qui mettent les chaînes d’approvisionnement mondiales encore plus à mal. Du fait des temps de transport prolongés entre la Chine et l’Europe, beaucoup de ces répercussions ne seront perceptibles qu’au cours des prochains mois.

Déstabilisés par ces incertitudes à de nombreux niveaux, les marchés d’actions ont réagi de façon très hétérogène. Les valeurs de croissance, en particulier dans le domaine technologique, se sont inscrites en net recul, pénalisées par l’environnement de hausse des taux. Les prix d’autres placements à risque comme les cryptomonnaies ont également battu de l’aile en avril.

Quant aux obligations, elles n’offrent elles aussi qu’une protection limitée. En avril, elles ont également baissé dans la perspective de nouveaux relèvements de taux. En témoignent notamment les emprunts d’État américains à 10 ans, qui comptent parmi les titres de dette les plus liquides au monde. Pour la première fois depuis quatre ans, leur rendement a de nouveau dépassé les 3% et leur cours a baissé en conséquence.

Dans ce contexte incertain, les perspectives s’assombrissent pour les actions, déjà dans la tourmente. Néanmoins, le fait que malgré ces multiples incertitudes, les indices importants n’aient subi que des pertes modérées depuis le début de l’année peut être considéré comme positif. En outre, de nombreuses actions ont renoué avec des niveaux raisonnables en matière de valorisation.

Conclusion

  • Les craintes d’une récession s’accentuent, en particulier au Royaume-Uni et aux États-Unis.
  • La Chine, auparavant locomotive de l’économie mondiale, constitue un frein supplémentaire pour la conjoncture mondiale en raison de sa politique zéro Covid.
  • Les incertitudes liées au retournement de taux pèsent largement sur les marchés financiers.

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