Swatch sacrifie sa rentabilité en espérant des jours meilleurs

30. jan 2026

Description

Zurich (awp) - Le groupe Swatch vu sa rentabilité s'évaporer l'an dernier, son bénéfice net chutant à 25 millions de francs, contre encore 219 millions en 2024. L'horloger biennois attribue le phénomène au renoncement délibéré à recourir au chômage partiel, nonobstant une sous-utilisation des capacités de production, de manière à pouvoir profiter d'une reprise le moment venu.

Les effectifs n'en ont pas moins reflué de 2,1%, en raison de "fluctuations naturelles", pour comprendre encore 31'796 personnes fin décembre 2025.

La direction assure observer depuis l'été dernier une amorce de redressement, qui s'applique en janvier à tous les segments de prix.

Le chiffre d'affaires annuel n'en a pas moins fondu de 6,8% à 6,28 milliards de francs, dont 4,6% attribués aux effets de change. Le coeur de métier dans les montres et bijoux a livré une contribution amoindrie de 7,5% à 5,93 milliards. Le modeste apport des systèmes électroniques de son côté s'est enrobé de 8,8% à 359 millions.

Production déficitaire

L'excédent d'exploitation (Ebit) a fondu de plus de moitié à 135 millions. Hors segment Production, le géant du luxe et des garde-temps se calcule, dans un point de situation encore préliminaire vendredi, un Ebit de 549 millions, correspondant à une marge de 9,5%, en lieu et place des 2,1% effectivement dégagés.

Le conseil d'administration proposera aux actionnaires une rémunération inchangée de 90 centimes par nominative et de 4,50 francs par action au porteur.

Si le déclin des ventes s'avère moins sévère que redouté, l'assèchement de la rentabilité est sensiblement pire que prévu par les analystes consultés par AWP. L'Ebit était anticipé à 208 millions et le bénéfice net à 127 millions.

La direction espère renouer avec la croissance dès l'exercice en cours. La reprise doit permettre de réduire, voire gommer le déficit du segment Production.

Assez souffert

Les analystes se montrent sceptiques face à l'inoxydable optimisme affiché par la direction. "Nous nous demandons si Swatch Group demeurera le piège à valeur par excellence aussi longtemps que la direction refusera d'admettre que le marché des montres a subi un redimensionnement rédhibitoire - en particulier sur le segment d'entrée de gamme - et d'ajuster conséquemment les capacités de production," taclent ainsi Luca Solca et Maria Meita, chez Bernstein.

D'aucuns mettent en avant une valorisation boursière réduite à peau de chagrin et désormais déconnectée de tout fondamental pour recommander le titre à l'achat. "La valorisation boursière de moins de 9 milliards de francs ne reflète pas même la somme des inventaires et des propriétés immobilières, sans parler des liquidités ou de la valeur des marques," argumente ainsi Serge Monnerat pour Octavian.

Les investisseurs ont par contre été enthousiastes, l'action au porteur Swatch terminant la séance à la Bourse suisse sur une envolée de 13,4% à 183,00 francs. L'indice général SPI a quant à lui pris 0,33%.

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