29. Sep 2026
Description
Londres (awp/afp) - Le géant britannique des hydrocarbures Shell et ses partenaires ont annoncé mardi l'extension du vaste projet canadien de gaz naturel liquéfié (GNL), LNG Canada, qui permettra d'en doubler la capacité de production et de renforcer les livraisons vers l'Asie.
Situé à Kitimat (Colombie-Britannique), sur la côte pacifique du pays, LNG Canada permet d'acheminer du GNL en Asie via un trajet plus court que celui en provenance du golfe du Mexique aux États-Unis qui doit, lui, traverser le canal de Panama.
Shell possède 40% de cette coentreprise aux côtés du groupe malaisien Petronas (25%), du chinois PetroChina (15%), du japonais Mitsubishi (15%) et du sud-coréen Korea Gas Corp (5%).
Le groupe britannique et ses partenaires avaient donné en 2018 leur feu vert à la première phase du projet, évaluée à 40 milliards de dollars canadiens (27 milliards d'euros à l'époque).
Le Premier ministre canadien d'alors, Justin Trudeau, avait qualifié LNG Canada de "plus grand projet d'investissement privé de l'histoire canadienne". Les premières exportations ont débuté l'an passé.
La deuxième phase, approuvée par les cinq partenaires, portera la capacité de production de 14 à 28 millions de tonnes par an, selon Shell.
Son démarrage commercial est attendu au début des années 2030, ajoute l'entreprise, qui table sur des rendements "à deux chiffres".
Dans un contexte de tensions commerciales avec les États-Unis, le Canada du Premier ministre libéral Mark Carney cherche à réduire sa dépendance économique envers son voisin et à renforcer son autonomie stratégique.
Le gouvernement canadien veut faire de son pays une "superpuissance énergétique", en développant à la fois les énergies renouvelables et les hydrocarbures. Il a multiplié les annonces de grands projets depuis l'an dernier.
Dans un contexte d'"incertitude mondiale", "chaque cargaison expédiée depuis Kitimat renforce la sécurité de nos alliés et rend le Canada plus indépendant, plus résilient et plus prospère", a salué Mark Carney lors d'une cérémonie à Vancouver (ouest).
Grâce à ce projet, le GNL canadien "traverse le Pacifique en seulement huit à dix jours, sans canal, sans détroit, sans goulot d'étranglement. C'est moins de la moitié du temps de transit des cargaisons en provenance de la côte américaine du golfe du Mexique", a-t-il ajouté.
LNG Canada a salué dans un communiqué "un nouvel investissement structurant pour le pays", qui doit contribuer "à faire du Canada l'une des cinq principales nations exportatrices de GNL".
"Après l'extension, le projet devrait devenir l'un des plus grands projets de GNL au monde", estime Mitsubishi dans son communiqué.
Selon les prévisions de Shell, la demande mondiale de GNL devrait croître d'environ 60% d'ici 2040 et d'environ 65% d'ici 2050, "portée par la hausse de la demande énergétique".
afp/rp