26. fév 2026
Description
Genève (awp) - Le spécialiste du cryptage de contenus et de la cybersécurité Kudelski a vu les recettes de ses trois segments d'affaires reculer en 2025 et se retrouve à nouveau dans les chiffres rouges. Le groupe vaudois, qui subit le franc fort, affirme qu'il a investi davantage que prévu dans ses activités afin de pouvoir renouer avec des résultats convaincants à plus longue échéance.
Pour l'exercice sous revue, l'entreprise technologique a affiché un chiffre d'affaires en nette baisse de 5,3% sur un an, à 371,0 millions de dollars (287,3 millions de francs), a-t-elle fait avoir dans un communiqué publié jeudi.
Le résultat opérationnel (Ebit) est demeuré en terrain négatif, fléchissant un peu plus puisqu'il est passé à -15,6 millions contre -13,1 millions un an plus tôt.
La société enregistre en outre une perte de 40,2 millions, contre un bénéfice de 10,6 millions dollars à la même période un an plus tôt. Ce résultat avait été alors rendu possible grâce à la vente en septembre 2024 de l'activité phare de l'entreprise, Skidata, puisque en 2023 Kudelski avait fait part d'une perte de 24,5 millions.
Comme pour les trois exercices précédents, les actionnaires de Kudelski n'auront pas droit à un dividende. "Même s'il y a encore beaucoup de travail pour vraiment parvenir à la profitabilité, nous faisons les investissements nécessaires pour assurer les succès de demain", a déclaré son directeur général (CEO), André Kudelski, lors d'un entretien avec l'agence AWP.
Recentrage aux Etats-Unis
Suite à la cession de Skidata, la société au siège international basé à Cheseaux-sur-Lausanne entend se concentrer sur les trois segments que sont la sécurité numérique, la cybersécurité et l'internet des objets (IoT).
La cybersécurité a ainsi déclaré un chiffre d'affaires de 98,5 millions de dollars, soit une chute de 9,2% par rapport à 2024, reflétant notamment "un recentrage systématique du portefeuille de projets". "Aux États-Unis, nous avons fait le choix d'arrêter de travailler avec certains clients où les marges contributives n'avaient pas un potentiel suffisant et d'investir pour l'internet industriel", a expliqué M.Kudelski.
L'internet des objets (IoT) a vu ses recettes diminuer de 6,2% à 39,1 millions. La société impute cette évolution à la transition plus longue que prévue vers des canaux de distribution indirects, notamment.
Quant au secteur numérique, il a présenté des revenus en recul de 1,9% à 229 millions, la forte croissance des nouvelles solutions ayant permis d'atténuer l'érosion des revenus traditionnels. "Si l'on ne considère que les nouvelles activités au sein de ce segment, les revenus se sont élevés à près de 53 millions de dollars, représentant une croissance de 23%, ce qui n'est pas marginal", a souligné le patron.
André Kudelski reste à la barre
André Kudelski, qui dit réfléchir à sa succession sans pour autant vouloir quitter son navire prochainement, met également en avant le fait que l'entreprise fait les frais du franc fort. "Le coût de notre activité suisse a augmenté en dollars de 15 à 17%. Si les droits de douane ne nous ont pas vraiment posé problème, le renforcement du franc a lui eu un impact très important car nous avons un ancrage très fort en Suisse".
Et cet ancrage, la direction de Kudelski assure ne pas être prête à y renoncer, quitte à afficher de moins bon chiffres: "Nous n'entendons pas déménager l'ensemble de nos activités dans des pays où cela nous coûterait nettement moins afin d'afficher des résultats à court terme nettement meilleurs, car nous perdrions notre capacité à innover."
M. Kudelski parle de "pari à prendre, puisqu'au niveau de l'innovation, on ne peut pas prédire précisément quand les choses vont vraiment avoir du succès". Il n'écarte du reste pas la possibilités de nouvelles coupes après l'annonce officielle de 160 suppressions d'emplois, dont une quarantaine en Suisse, début 2025.
A la Bourse suisse à 12h02, l'action Kudelski s'échangeait en recul de 0,43% à 1,16 franc, dans un SPI en hausse de 0,14%.
lf/cw