30. jan 2026
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Washington (awp/afp) - Les Bourses mondiales ont réagi de façon divergente au nom proposé par Donald Trump pour être le prochain président de la Réserve fédérale (Fed), une annonce qui a fait tanguer les cours des métaux et progresser le dollar.
A Wall Street, le Dow Jones a cédé 0,36%, l'indice Nasdaq a lâché 0,94% et l'indice élargi S&P 500 a reculé de 0,43%.
En Europe, Paris a gagné 0,68%, Londres 0,51%, tandis que Francfort a pris 0,94%. Milan (+1,00%) et Madrid (+1,66%) ont signé les plus fortes hausses. A Zurich, le SMI a avancé de 0,31%.
Après des mois d'attente, Donald Trump a finalement choisi vendredi son candidat pour diriger la banque centrale américaine: Kevin Warsh, un habitué des milieux d'affaires.
"C'est une évolution, pas une révolution", souligne Charlotte de Montpellier, économiste de la banque ING. Pour l'économiste, il s'agit "d'un profil rassurant", "conscient qu'on ne peut pas faire n'importe quoi avec les taux directeurs".
Ces derniers mois, le président américain n'a cessé de vilipender l'actuel président de la Fed Jerome Powell, jugeant que ce dernier ne baissait pas assez vite les taux directeurs, ce qui a laissé craindre aux investisseurs une perte d'indépendance de l'institution lorsqu'il quitterait ses fonctions. Le mandat M. Powell arrive à échéance en mai.
Pour être effective, la nomination de M. Warsh devra être confirmée par le Sénat, à majorité républicaine.
"Sa position d'ancien gouverneur de la Fed, son expérience dans le privé chez Morgan Stanley mais aussi son expérience politique devraient faciliter la confirmation de son mandat par le Sénat américain", estime Alexandre Baradez, responsable de l'analyse marchés à IG France.
Gouverneur de la Fed entre 2006 et 2011, il a longtemps été perçu comme appartenant au camp des "faucons", les responsables généralement très attachés à la lutte contre l'inflation et rétifs aux taux bas.
Mais l'étiquette s'est quelque peu décollée au cours de l'année 2025, à force de plaider pour une politique monétaire plus souple.
Ce choix n'a en tout cas pas fait trembler le marché obligataire. Vers 21H45 GMT, le rendement des emprunts de l'Etat américain à échéance 10 ans était de 4,24%, contre 4,23% à la clôture la veille.
Celui des emprunts à deux ans, plus sensible aux évolutions monétaires, reculait de 3,56% à 3,52%.
Plongeon des métaux précieux
L'annonce a en revanche provoqué une nouvelle vague de ventes du côté des métaux précieux.
Après avoir dégringolé de plus de 12%, l'once d'or reculait de 9,43% à 4.868,45 dollars vers 21H45 GMT.
Même pendant la crise financière de 2008 une telle chute en séance n'avait pas été observée, selon Bloomberg.
L'argent dévissait lui de 26,78% à 84,7406 dollars l'once. A son plus bas du jour, le cours du métal a chuté de plus de 35%.
Les investisseurs s'étaient rués ces derniers jours sur ces actifs, jugés plus sûrs que le dollar en raison des incertitudes entourant la politique américaine et l'indépendance de la Réserve fédérale.
Le désintérêt pour les métaux s'explique aussi parce que "les investisseurs cherchent à réaliser des bénéfices" après une progression spectaculaire des cours, explique Aarin Chiekrie, analyste chez Hargreaves Lansdown.
Pour sa part, "le dollar s'est (...) raffermi grâce à la crédibilité perçue d'un initié expérimenté" pour diriger la Fed dans les prochaines années, souligne Kevin Ford, de Convera.
Vers 19H45 GMT, la devise américaine reprenait 0,99% à l'euro à 1,1852 dollar et 0,91% à la livre sterling, à 1,3684 dollar.
Le pétrole sans élan
Les cours du pétrole ont terminé proches de l'équilibre vendredi, à l'issue d'une semaine de hausse provoquée par le regain de tensions en Iran qui fait craindre une perturbation dans l'approvisionnement mondial d'or noir.
Le baril de Brent de la mer du Nord a cédé seulement 0,03% à 70,69 dollars. Son équivalent américain, le WTI a reculé de 0,32% à 65,21 dollars.
Sur la semaine, le WTI a grimpé de plus de 6%, le Brent de plus de 7%
afp/rp