26. fév 2026
Description
Paris (awp/afp) - Les bénéfices cumulés des entreprises du CAC 40, indice phare de la Bourse de Paris, ont lourdement chuté en 2025, plombés par les pertes colossales des constructeurs automobiles Stellantis et Renault, et devraient passer sous la barre des 100 milliards d'euros.
Pour les 38 entreprises sur 40 qui ont déjà publié leurs résultats annuels 2025, le bénéfice net cumulé tombe à 96,33 milliards d'euros, en baisse de presque 25% par rapport à 2024 pour ces mêmes entreprises, selon un décompte de l'AFP arrêté jeudi soir, ce qui n'empêche pas le CAC 40 d'évoluer à des niveaux records.
En excluant le géant des spiritueux Pernod Ricard - dont la comptabilité est effectuée selon un exercice décalé ne correspondant pas à l'année civile - les bénéfices des 39 sociétés composant aujourd'hui le CAC 40 s'étaient établis à 129,5 milliards d'euros en 2024.
De son côté, le chiffre d'affaires cumulé des 38 entreprises ayant déjà publié leurs résultats annuels n'est qu'en légère baisse (-0,48%), ce qui montre que globalement, les entreprises du CAC 40 ont vu fondre leur marge en 2025. Ce calcul inclut Eiffage, qui a rejoint l'indice vedette de la Bourse de Paris en 2025. L'entreprise dont le résultat annuel reste à venir est Thales, la semaine prochaine.
Si les bénéfices du CAC 40 ont plongé, c'est entièrement à cause du secteur automobile en pleine mue, entre transition difficile vers l'électrique et concurrence féroce des constructeurs chinois.
Stellantis a enregistré une perte historique. Le constructeur italo-franco-américain aux 14 marques (dont Peugeot, Citroën, mais aussi Fiat et Chrysler) a publié jeudi une perte nette de 22,3 milliards d'euros. Dans l'histoire des entreprises françaises, seule Vivendi avait fait pire (une perte de 23,3 milliards d'euros en 2002).
L'autre grand groupe automobile français, Renault, a aussi essuyé une perte importante, de 10,9 milliards d'euros, en raison d'une révision de la valeur de ses parts dans Nissan.
- Aléas géopolitiques et records boursiers -
Hors secteur automobile, les bénéfices nets des entreprises du CAC 40 se sont montrés plutôt stables, dans un contexte international de tensions commerciales déclenchées par Donald Trump.
De nombreux résultats d'entreprises ont même été "extrêmement positifs" et "au-dessus des attentes" des analystes, selon Frédéric Rozier, gestionnaire de portefeuille à Mirabaud France, qui cite par exemple Schneider Electric (4,8 milliards d'euros de bénéfice net et un chiffre d'affaires record) ou Veolia (1,22 milliard d'euros de bénéfice net, en hausse de plus de 10%).
Pour l'analyste, il faut aussi prendre en compte "le contexte des taux d'intérêt plus faibles en Europe", une "différence majeure avec 2024" qui fait que les bénéfices "un petit peu moins importants" sont "plus facilement" acceptés.
Résultat, malgré ses bénéfices en forte baisse, le CAC 40 évolue à des niveaux records depuis le début de l'année: il a successivement passé les barres historiques des 8.400 points mi-janvier, 8.500 points le 20 février et 8.600 points ce jeudi.
Le luxe enregistre, lui, une année 2025 moins bonne que 2024, avec des bénéfices en baisse de 12,5% dans un contexte pénalisé par des tensions commerciales.
L'année écoulée a été "agitée sur le plan économique, sur le plan géopolitique", a déclaré Bernard Arnault, le PDG du numéro un mondial du luxe LVMH, en présentant les résultats du groupe fin janvier.
Marchés primordiaux pour le secteur du luxe, la Chine connaît un ralentissement et les États-Unis ont été chahutés en 2025 par les droits de douane imposés par le président Trump.
Frédéric Rozier constate ainsi une "recomposition de leadership au sein du CAC 40" au bénéfice des entreprises moins en proie aux aléas internationaux.
"Les entreprises dont le chiffre d'affaires se fait en Europe et qui sont sur des systèmes de forfaits ou de récurrence de revenus (...) sont moins sensibles aux incertitudes douanières et ont bien résisté", note l'analyste.
Le bilan annuel de l'AFP cumule le résultat net part du groupe sans ajustement de chacune des entreprises cotées. Pour les groupes publiant leurs résultats en dollars, la conversion se base sur un cours moyen de l'euro en 2025.
afp/rp