Oxfam distribue bons et mauvais points à de grands groupes suisses

9. Jun 2026

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Zurich (awp) - Les 100 plus grandes entreprises européennes alimentent les inégalités, d'après un rapport d'Oxfam publié mardi. L'ONG s'est aussi penchée sur les poids lourds de la Bourse suisse, les assureurs helvétiques ou encore le géant zougois des matières premières Glencore.

Entre 2022 et 2024, cette centaine de multinationales ont versé, en moyenne, 70% de leurs bénéfices à leurs actionnaires, selon le document. Certaines, comme Zurich Insurance mais aussi l'espagnole Telefónica et la britannique BP "ont même distribué aux actionnaires plus que ce qu'elles n'avaient réalisé en bénéfices" en 2024.

Au titre de 2022, l'assureur zurichois a ainsi promis à ses actionnaires le versement d'un dividende de 24 francs par action, contre 22 francs l'année précédente, malgré un recul du bénéfice de 11,5%. L'année suivante, le bénéfice net a grossi de 10% à 4,3 milliards de francs et le dividende a été relevé à 26 francs par titre. Puis en 2024, le gain a bondi de 34% à 5,8 milliards et le dividende a été amélioré à 28 francs. Pour 2027 est visé un ratio de versement de 75%.

Glencore en 2023 et Swiss Re en 2022 ont aussi fait partie des entreprises récompensant leurs actionnaires avec des montants supérieurs à leur bénéfice net, pointe le rapport.

Début 2023, la multinationale zougoise cotée à la Bourse de Londres a suggéré un dividende de 0,44 dollar par action, ainsi que le lancement d'un programme de rachat de titres pour un volume de 1,5 milliard de dollars, portant la rémunération totale des actionnaires à 0,56 dollar par action, contre 0,26 dollar un an plus tôt.

Le spécialiste du négoce fait même partie des six entreprises à avoir rétribué les propriétaires de titres tout en enregistrant des pertes en 2024. Glencore a effectivement subi une perte nette de 1,6 milliard, tout en proposant un dividende ordinaire de 0,10 cents par action et un programme de rachat d'actions d'un milliard de dollars.

De son côté, Swiss Re a fait état il y a quatre ans d'un bénéfice net de 472 millions de dollars (439 millions de francs), divisé quasiment par trois par rapport à 2021. Le réassureur a toutefois promis un dividende relevé de 50 centimes à 6,40 dollars par action.

Oxfam appelle à "plafonner les dividendes versés aux actionnaires jusqu'à ce qu'un salaire décent soit garanti pour tous les travailleur.euses sur l'ensemble de la chaîne de production, et qu'une stratégie climatique ambitieuse soit mise en place."

Autour de 25% de femmes à la direction

Oxfam souligne que la représentation des femmes au sein des comités exécutifs des multinationales reste très faible, avec des progrès modestes sur cette période de trois ans. En 2022, les femmes représentaient en moyenne 24,8% des membres des comités exécutifs, ce chiffre augmentant légèrement pour atteindre 26% en 2023 et 27% en 2024.

A noter que la part se situait à 50% en 2024 au sein des directions du géant pharma Roche et de Zurich Insurance.

Le veveysan Nestlé et le bâlois Novartis "affichaient un écart salarial négatif, ce qui signifie que leurs pratiques salariales ou les réalités du secteur favorisent les travailleuses".

En ce qui concerne les déclarations d'engagement en faveur de la neutralité carbone des 100 entreprises, Oxfam relève que "seules quatre d'entre elles ont pris des engagements solides", dont Roche. "Ces entreprises sont les seules à impliquer leurs fournisseurs dans la réalisation de l'objectif de zéro émission nette", pointe l'association.

En se basant sur les rapports annuels des entreprises, Oxfam assure qu'"une seule entreprise, Nestlé, a affiché une baisse de ses émissions sur les trois scopes au cours des trois années évaluées". La société au nid d'oiseau vise une réduction des émissions de 50% d'ici 2030 par rapport à 2018 et s'est engagée à réduire à zéro ses émissions de gaz à effet de serre (GES) d'ici à 2050 "au plus tard".

Selon l'ONG, 58% des entreprises ont augmenté leurs émissions au cours de ces trois années et 41% les ont réduites.

ck/ib