Novartis: un correctif sur Avidity entache un 3e trimestre robuste

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Zurich (awp) - Le colosse pharmaceutique Novartis a inscrit au troisième trimestre un correctif de valeur de près de deux milliards de dollars sur un actif de la biotech californienne Avidity Biosciences, acquise il y a un an pour 12 milliards. La manoeuvre répond à l'échec constaté début septembre d'une étude clinique pivot sur le delpacibart étédésiran (del-désiran) contre une maladie musculaire dégénérative.

L'opération se traduit par une évaporation de 70% sur un an du bénéfice net trimestriel à 1,20 milliard de dollars (987,6 millions de francs).

La multinationale rhénane a sinon livré un partiel robuste, avec notamment une extension de 2,3 points de pourcentage de la marge d'exploitation (Ebit) - apurée de tout facteur jugé non récurrent - à 41,6%. Le résultat afférent s'est ainsi enrobé de 10,5% à 6,04 milliards de dollars et le bénéfice net de base de 7,5% à 4,66 milliards, selon un compte-rendu diffusé mardi.

Rentabilité sous-jacente étonnante

Le chiffre d'affaires a enflé de 4,4% à 14,52 milliards de dollars, alimenté par les principaux moteurs de ventes. Les recettes du Kisqali ont ainsi bondi de 37% à 1,82 milliard et celles du Kesimpta de 22% à 1,48 milliard, surcompensant le déclin des revenus de l'Entresto, de 38% à 1,17 milliard. L'anti-inflammatoire Cosentyx a livré une contribution de 1,86 milliard, agrémentée de 9%.

Hors correctif de valeur, la volée de chiffres comble généreusement les attentes des analystes consultés par l'agence AWP. Le consensus autour du chiffre d'affaires s'établissait à 14,44 milliards de dollars. La marge opérationnelle ajustée ne devait guère dépasser 40,4% et le bénéfice ajusté 4,50 milliards.

Sur neuf mois, le chiffre d'affaires a grappillé 2% pour atteindre 42,04 milliards, alors que le bénéfice net a plongé de 34% à 7,61 milliards. Mais apuré de tout élément exceptionnel, ce dernier indicateur accuse seulement un petit retard de 4%.

Modeste regain de confiance

La direction relève son ambition de rentabilité pour l'ensemble de l'exercice, tablant désormais sur une stagnation, voire une modeste progression de l'Ebit de base, au lieu d'un léger recul. La croissance attendue des recettes demeure plafonnée sous 5%.

La récente et retentissante série de revers clinique ne remet pas non plus en question les perspectives à plus longue échéance ou la stratégie en matière d'acquisitions. La cadence annualisée de croissance sur la période 2025-2030 doit ainsi toujours s'établir dans un couloir de 5% à 6%.

Les analystes reconnaissent avoir sous-estimé la rentabilité sous-jacente du mastodonte pharmaceutique, mais restent sceptiques pour la suite en raison notamment de l'arrivée à obsolescence graduelle d'ici 2031 de brevets sur plusieurs des principaux moteurs de ventes.

Rappelant les récents échecs cliniques, Michael Nawrath et Laura Pfeifer-Rossi considèrent chez Octavian que Novartis va désormais devoir multiplier les acquisitions pour compenser les pertes d'exclusivité. Chez Vontobel, Stefan Schneider déplore que les excédents - au demeurant plus généreux que prévu - demeurent alimentés par les moteurs de ventes vieillissants, quand les nouveaux produits peinent à combler les attentes.

A 11h37, la nominative Novartis s'appréciait de 1,5% à 129,44 francs, en tête d'un SMI en hausse de 0,14%.

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