Novartis: près de 25 millions pour Vasant Narasimhan en 2025

4. fév 2026

Description

Zurich (awp) - La rétribution 2025 du patron de Novartis risque fort de raviver la polémique autour des rémunérations abusives en Suisse, rappelant les excès de son lointain prédécesseur Daniel Vasella il y a une vingtaine d'années.

Le directeur général Vasant Narasimhan s'est en effet vu octroyer une nouvelle et généreuse augmentation l'an dernier, sa rémunération totale passant de 19,17 millions de francs en 2024 - qui constituait déjà la plus grosse rémunération pour un patron d'entreprise cotée en Suisse - à 24,87 millions en 2025.

Le salaire de base de l'Américain a marginalement progressé à 1,9 million, quand son bonus à court terme et ses intéressements à plus longue échéance ont pris l'ascenseur.

Multiplié par trois en sept ans

Entré en fonction en février 2018, Vasant Narasimhan avait perçu pour ses 11 premiers mois en poste 6,68 millions. Sa rémunération avait pris son envol à 10,6 millions dès la deuxième année, suite à l'autonomisation en avril 2019 de la filiale ophtalmique Alcon.

Le grand bond avait toutefois eu lieu en 2023, dans le sillage de l'autonomisation de la filiale génériques et biosimilaires Sandoz et au sortir d'un exercice 2022 mitigé, avec une multiplication par deux de la rémunération du patron à 16,2 millions.

Vasant Narasimhan a ainsi perçu en qualité de grand timonier de Novartis près de 110 millions de francs en numéraire, actions et autres avantages depuis 2018.

Le montant articulé pour 2025 promet de raviver le débat avant la prochaine assemblée générale ordinaire, agendée au 6 mars. La préparation de la dernière édition avait déjà été marquée par une montée au créneau de l'organisation de conseil aux actionnaires Ethos.

"Lorsque Vasant Narasimhan est devenu directeur général en 2018, sa rémunération s'élevait à environ dix millions de francs. L'entreprise avait assuré à l'époque que les excès appartenaient au passé", avait rappelé Vincent Kaufmann, directeur de la Fondation Ethos.

E 2009, le directeur général de l'époque, Daniel Vasella, avait perçu une enveloppe estimée à 42 millions.

Ruissellement sur l'exécutif

Les dix autres membres de la direction générale se sont partagés au titre de l'an dernier une enveloppe de 88,74 millions, contre 56,58 millions un an plus tôt, portant le total pour l'exécutif à 113,61 millions, contre 75,75 millions.

Le président Giovanni Caforio, en place depuis mars 2025, a lui touché 2,94 millions en jetons de présence, quand son prédécesseur Joerg Reinhardt avait perçu 3,8 millions sur l'entier de l'exercice précédent. Le budget dévolu à l'ensemble du conseil s'est étiolé d'un demi-million de francs à 8,13 millions.

jh/al