Netflix: résultats en trompe-l'oeil et retraite du président, le titre chute

16. Avr 2026

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New York (awp/afp) - Le géant américain du streaming vidéo Netflix a publié jeudi un bénéfice net trimestriel nettement supérieur aux attentes mais gonflé artificiellement par une indemnité de rupture des négociations de rachat avec Warner Bros Discovery (WBD), finalement en passe d'être acquis par Paramount Skydance.

Le bénéfice net ressort à 5,28 milliards de dollars au premier trimestre, en intégrant l'indemnité de 2,8 milliards, selon un communiqué, soit bien au-dessus des 3,29 milliards projetés par les analystes, selon un consensus établi par FactSet.

En soustrayant cet élément exceptionnel, versé par Paramount Skydance selon les clauses de négociations fixées avec WBD, le résultat s'affiche nettement en deçà des estimations (2,48 milliards).

Quant au chiffre d'affaires, il n'est lui que très légèrement plus élevé que le consensus des analystes, à 12,25 milliards de dollars, contre 12,18 attendus.

En marge de cette publication, le groupe de Los Gatos (Californie) a indiqué que le cofondateur et actuellement président du conseil, Reed Hastings, avait décidé de ne pas briguer un nouveau mandat d'administrateur, actant ainsi son retrait du groupe après l'assemblée générale de juin.

Le sexagénaire n'occupait déjà plus de fonction opérationnelle après avoir quitté la codirection générale de Netflix en janvier 2023.

En 1997, Reed Hastings avait cofondé, avec Marc Randolph, Netflix, qui n'était alors qu'un service de location de DVD par correspondance. Dix ans plus tard, le groupe créait sa plateforme de streaming, devenue depuis la référence de la vidéo à la demande.

"La première fois que j'ai rencontré Reed, en 1999, il m'a dit qu'il bâtissait une société qui serait là longtemps après son départ", a déclaré le codirecteur général, Ted Sarandos, lors de la conférence téléphonique de présentation des résultats. "Imaginez quelqu'un qui parle de succession alors qu'il commence seulement à construire."

Dans les échanges électroniques postérieurs à la clôture de Wall Street, l'action Netflix abandonnait près de 9%.

- "Absolument parfaits" -

Après avoir bataillé durant plusieurs mois pour mettre la main sur Warner Bros Discovery, dont le conseil d'administration avait initialement validé son offre, Netflix a fini par renoncer, fin février, après un nouveau relèvement de l'enveloppe proposée par Paramount Skydance.

Pour Eric Clark, gérant de portefeuille chez Accuvest Global Advisors, le décrochage du titre est avant tout lié à sa progression depuis le retrait de Netflix du dossier WBD.

"L'action a gagné 40% (42% depuis un plus bas mi-février)", rappelle-t-il, "donc il aurait fallu que les résultats soient absolument parfaits" pour alimenter une nouvelle hausse du cours, ce qui n'a pas été le cas.

Pour autant, il estime que le groupe reste bien positionné pour franchir, à long terme, le seuil symbolique des mille milliards de dollars de capitalisation boursière, soit plus du double de sa valorisation actuelle (452 milliards).

Lors de la conférence téléphonique, Ted Sarandos a redit que l'absorption de WBD était "une belle opportunité, mais pas un passage obligé" de la stratégie de Netflix.

Il a ajouté que l'entreprise au "N" rouge n'avait pas renoncé pour autant à des acquisitions, mais entendait agir avec discernement et discipline financière.

Pour Ross Benes, analyste du cabinet Emarketer, Netflix tarde à diversifier pleinement ses sources de revenus et dépend encore très largement des abonnements.

Le groupe pousse les feux sur la publicité et table sur 3 milliards de dollars de chiffre d'affaires dans ce domaine en 2026, soit le double de son total de l'année précédente.

Ce rythme "ne correspond pas à ce qu'attendait le marché il y a plus de quatre ans quand la formule avec publicité a été lancée", constate Ross Benes.

Autre aspect de la stratégie du groupe, Ted Sarandos a réaffirmé jeudi l'importance des programmes en direct, événements sportifs en particulier, pour Netflix.

Autre axe de croissance, selon lui, les podcasts filmés, dont l'offre s'étoffe progressivement sur la plateforme.

afp/rp