Il y a 2 heures
Description
Paris (awp/afp) - Les marchés mondiaux doutent jeudi d'une fin rapide de la guerre au Moyen-Orient, entre déclarations contradictoires de Washington et Téhéran, et remontée des prix du pétrole.
"Les marchés semblent avoir atteint une impasse, les investisseurs étant pris entre deux récits concurrents", commente Daniela Hathorn, analyste chez Capital.com.
"D'une part, les marchés ne peuvent ignorer le risque extrême", explique-t-elle. "Une escalade impliquant des frappes sur les infrastructures énergétiques aurait des conséquences de grande ampleur, allant d'une flambée des prix du pétrole et du gaz à de possibles perturbations dans les chaînes alimentaires et d'approvisionnement."
Dans le même temps, "des signes croissants indiquent que Washington cherche une issue (...) sans paraître céder", constate Mme Hathorn.
Donald Trump a exhorté jeudi l'Iran à "devenir sérieux avant qu'il ne soit trop tard", alors que Téhéran entend choisir les conditions de la fin des hostilités et nie même participer à de quelconques pourparlers.
Islamabad, médiateur de premier plan du fait de ses bonnes relations avec Washington et Téhéran, a réaffirmé l'existence de négociations indirectes "par le biais de messages" transmis par ses soins.
"Les États-Unis ont transmis [un plan en] 15 points, actuellement examinés par l'Iran", selon le ministre des Affaires étrangères pakistanais, Ishaq Dar.
Téhéran conserve d'importants moyens de pression, notamment par le blocage quasi total du détroit d'Ormuz, par où transite habituellement 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux.
Vers 13H45 GMT, le Brent de la mer du Nord, considéré comme la référence mondiale du brut, prenait 4,07% à 106,38 dollars le baril. Son équivalent américain, le WTI, gagnait 3,69% à 93,65 dollars le baril.
Les Bourses dans le rouge
"Lorsque le prix du pétrole grimpe, les règles du marché restent les mêmes: actions et obligations se vendent", constate Kathleen Brooks, directrice de la recherche de XTB.
En Europe, vers 13H45 GMT, la Bourse de Paris perdait 0,58%, Francfort 1,08%, Londres 1,05% et Milan 0,66%.
A Wall Street, dans les premiers échanges, l'indice Dow Jones reculait de 0,28%, le Nasdaq, à forte coloration technologique, abandonnait 1,08%, tandis que l'indice élargi S&P 500 cédait 0,67%.
"Le secteur de l'énergie est le seul en vert", souligne Mme Brooks, les sociétés pétrolières profitant de la hausse des prix du brut.
BP (+1,23%), Shell (+0,61%) ou encore groupe pétrolier britannique Tullow Oil (+3,68%) évoluaient en terrain positif à la Bourse de Londres. A Paris, TotalEnergies gagnait 0,81% et à Milan, Eni prenait 0,63%.
A New York, Chevron prenait 0,87% et Exxon Mobil 0,86%.
"Tant qu'il n'y aura pas plus de clarté sur l'intensification du conflit ou sur sa résolution, les marchés devraient rester dans ce schéma d'attente, réagissant vivement aux nouvelles, mais peinant à soutenir un élan dans un sens ou dans l'autre", résume Mme Hathorn.
L'or sous pression
L'once d'or est tombée sous les 4.500 dollars, soit environ 1.000 dollars en dessous des sommets atteints fin janvier.
Vers 13H45 GMT, l'once d'or valait 4433,47 dollars (-1,61%) et celle d'argent perdait 4,06% à 68,32 dollars.
"Ce sont les anticipations de taux directeurs, plutôt que son statut de valeur refuge, qui dominent actuellement", explique Derren Nathan, responsable de la recherche actions chez Hargreaves Lansdown.
Les poussées inflationnistes générées par la hausse des prix de l'énergie ont en effet augmenté la probabilité d'un maintien des taux de la réserve fédérale américaine (Fed), voire de hausses plus tard dans l'année.
Des taux plus hauts feraient du dollar et des obligations d'État américaines des valeurs refuges plus attractives que les métaux précieux qui ne rapportent aucun rendement.
Côté valeurs, "le secteur des matériaux, incluant les producteurs d'or et d'argent, chute fortement", note Kathleen Brooks, avec notamment des chutes du côté de Antofagasta (-4,70%), Fresnillo (-4,28%) et Endeavour (-3,34%) à la Bourse de Londres vers 13H45 GMT. La compagnie minière Hochschild dévissait de 5,31% et le groupe minier Ferrexpo de 4,92%.
afp/rp/ol