Moyen-Orient: les marchés reviennent à leur routine sur fond d'accalmie

15. avr 2026

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Paris (awp/afp) - Les marchés boursiers mondiaux font une pause mercredi, au lendemain d'un fort mouvement de hausse porté par les espoirs de paix au Moyen-Orient, tout en digérant une série de résultats d'entreprises.

A New York, Wall Street a ouvert en petite foulée sur ses trois indices (Nasdaq +0,30%, S&P 500 +0,21% et Dow Jones +0,10%).

A deux heures de la clôture, les Bourses d'Europe ne s'emballaient ni dans un sens, ni dans l'autre: Francfort progressait doucement (+0,18%) alors que Londres reculait légèrement (-0,09%), tirée par le recul des prix du pétrole.

Paris payait sa dépendance aux valeurs du luxe, qui encaissent les tensions sur ses marchés au Moyen-Orient (-0,50% pour le CAC 40, avec des reculs de plus de 8% pour Kering et Hermès).

En Suisse, le SMI repartait en baisse (-0,15%).

Guerre "presque finie"?

"Le marché estime que la guerre est finie", avance Neil Wilson, de Saxo Markets, résumant la perception du conflit au Moyen-Orient par les investisseurs.

"Trump vient tout juste d'annoncer que l'Iran est sur le point de parvenir à un accord, confirmant des informations antérieures selon lesquelles les deux parties avaient accepté +en principe+ de prolonger la trêve", détaille Fawad Razaqzada, analyste de marché pour Forex.com.

Dans ce contexte, les prix du pétrole, véritable baromètre de la confiance du marché depuis le début du conflit, évolue sans grand mouvement, après avoir fortement reculé la veille, également en raison du récent élan d'optimisme des investisseurs.

Peu avant 14H00 GMT, le prix du baril de West Texas Intermediate (WTI), référence américaine, reculait de 0,23% à 91,07 dollars le baril. Le baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, stagnait (+0,01%) à 94,80 dollars.

Et les taux d'intérêt, qui évoluent au gré des craintes inflationnistes depuis le début de la guerre, sont aussi stables: le rendement à échéance dix ans de l'emprunt allemand, référence en Europe, atteignait 3,02%, au même niveau que la veille.

Son équivalent français se stabilisait également à 3,66% contre 3,65% la veille.

Reste que l'incertitude demeure dans la région et le "blocus américain est en vigueur", relèvent les analystes de la Deutsche Bank.

L'armée américaine a annoncé avoir empêché six navires de quitter les ports iraniens durant les 24 premières heures du blocus. Mais au moins deux bâtiments en provenance d'Iran ont franchi le détroit d'Ormuz.

Le luxe français encaisse

Dans un contexte d'accalmie relative, les marchés boursiers reviennent à leur routine: le suivi des performances des entités cotées.

"L'attention se tourne vers les résultats et les déclarations des banques centrales, alors que l'Iran et les Etats-Unis pourraient prolonger la trêve", résume Kathleen Brooks, directrice de recherche pour XTB.

"Les investisseurs reprennent peu à peu leur routine et concentrent de nouveau leur attention sur la saison des résultats désormais bien engagée", observe Andreas Lipkow, analyste pour CMC Markets.

En France, les groupes de luxe, qui pèsent lourd dans l'indice vedette CAC 40, ont publié des résultats mal reçus par les marchés, plombés par les conséquences de la guerre au Moyen-Orient.

Vers 14H00 GMT, Hermès chutait de 8,44%, après avoir dévissé de plus de 12% à l'ouverture de la séance, plombé par la publication de ventes trimestrielles en baisse de 1,4%, affectées par les taux de change et le conflit.

L'action de Kering plongeait de son côté de 8,50%. Au premier trimestre, le groupe a "fait moins bien qu'attendu" avec "sa marque phare Gucci qui a affiché un recul de 8% de sa croissance organique (à données comparables, NDLR), contre une prévision de -6%", selon les analystes de Bernstein.

Inversement, le secteur bancaire est recherché. A New York, Morgan Stanley progressait de 5,13%, porté par l'annonce de bons résultats au premier trimestre.

afp/al