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Paris (awp/afp) - Les marchés mondiaux font face à un flux d'informations contradictoires vendredi venant du Moyen-Orient et intègrent une nouvelle hausse des prix du pétrole atténuant l'espoir de discussions indirectes entre les Etats-Unis et l'Iran.
"Les marchés sont plus fébriles cette semaine et les mouvements de vendredi suggèrent que les investisseurs perdent confiance dans la capacité de Donald Trump à mettre fin à la guerre et à conclure un accord avec l'Iran", résume l'analyste Kathleen Brooks de XTB.
Le Brent de la mer du Nord, la référence mondiale du pétrole dans le monde, s'est installé au-dessus des 110 dollars le baril.
Vers 14H15 GMT, il gagnait encore 2,18% à 110,37 dollars le baril et son équivalent américain, le WTI, prenait 3,05% à 97,36 dollars le baril.
La hausse des prix de l'énergie entraîne un risque d'inflation et son cortège de réactions en chaîne sur la consommation, la production, les taux d'intérêt, la croissance, les rentrées fiscales...
"Les investisseurs sont confrontés aux faits: le détroit d'Ormuz est de facto fermé et il ne semble pas y avoir de véritable issue à la guerre en vue", souligne Mme Brooks.
Habituellement, environ 20% de la production mondiale de pétrole et gaz transite par cet étroit passage, dont le blocage a fait flamber les prix de l'énergie ces dernières semaines.
Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, ont par ailleurs forcé trois navires à faire demi-tour dans le détroit d'Ormuz, précisant que cette route stratégique était désormais fermée aux navires venant ou à destination de ports liés à "l'ennemi".
Informations contradictoires
Les salles de marché font toujours face à un flux d'informations contradictoires après un mois d'une guerre qui déstabilise l'économie mondiale.
L'Iran a appelé vendredi les civils à se tenir à l'écart des forces américaines au Moyen-Orient, un avertissement qui contraste avec les propos la veille de Donald Trump, convaincu que les négociations se passent "très bien".
Si Téhéran refuse d'admettre des "discussions", les Iraniens ont transmis "officiellement", via le médiateur pakistanais, une réponse au plan américain en 15 points, selon une source anonyme citée jeudi par l'agence de presse Tasnim.
Les Etats-Unis et l'Iran prépareraient même des discussions directes au Pakistan, a indiqué vendredi le ministre allemand des Affaires étrangères Johann Wadephul, lors d'une interview accordée à la radio publique allemande Deutschlandfunk.
"Trump semble perdre son emprise sur les marchés", relève Fawad Razaqzada, analyste de marché chez Forex.com. "Les investisseurs ne prennent plus ses déclarations au pied de la lettre - au contraire, ils commencent à aller à l'encontre de celles-ci, attendant des preuves concrètes avant de réagir."
Depuis plusieurs jours, le président américain alterne entre menaces de frapper plus fort et propos annonçant la fin imminente du conflit.
Il a décalé "jusqu'au lundi 6 avril à 20H00, heure de Washington" son ultimatum sur la destruction de centrales électriques en Iran, selon lui "à la demande du gouvernement iranien".
Les analystes sont unanimes: l'extension de l'ultimatum "ne parvient pas à améliorer l'ambiance", comme le souligne l'analyste Matt Britzman pour Hargreaves Lansdown.
Sur les marchés d'actions, l'heure est à la méfiance. En Europe, vers 14H30 GMT, la Bourse de Paris perdait 0,84%, Francfort 1,29%, Londres 0,28%, Milan 0,90% et Zurich 0,88%.
A Wall Street, le Dow Jones cédait 0,90%, le Nasdaq 1,39% et le S&P 500 lâchait 0,94%.
- Remontée des taux d'intérêt sur la dette des Etats -
Signe de nervosité, les taux d'intérêt sur la dette des Etats à 10 ans continuent de remonter. Face au risque d'inflation, qui diminue la valeur réelle des remboursements futurs, les créanciers demandent en effet une hausse des taux d'intérêt afin de préserver leur rendement réel.
Référence en Europe, le rendement de l'emprunt allemand à échéance 10 ans (le "Bund") était de 3,10% vers 14H30 GMT vendredi contre 3,07% la veille. Son homologue français affichait un rendement de 3,86%, contre 3,80% la veille.
Aux Etats-Unis, les bons du Trésor américains offraient un rendement de 4,45% contre 4,41% la veille.
afp/al