Moyen-Orient: les marchés en recul, le pétrole remonte

Il y a 6 heures

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Paris (awp/afp) - Les Bourses européennes sont orientées à baisse vendredi à la mi-journée, avec la hausse des prix du pétrole qui atténue l'espoir de discussions indirectes entre les Etats-Unis et l'Iran.

"Le marché perd la foi dans Donald Trump à l'approche de la semaine de Pâques", résume l'analyste Kathleen Brooks de XTB.

A la mi-journée en Europe, le cours du Brent de la mer du Nord, référence du brut, repassait la barre des 110 dollars le baril (+2,52%). Son équivalent américain, le WTI, augmentait également à 96,86 dollars le baril (+2,52%).

"Les investisseurs sont confrontés aux faits : le détroit d'Ormuz est de facto fermé et il ne semble pas y avoir de véritable issue à la guerre en vue", explique Mme Brooks.

Les conséquences sont les risques d'inflation, et son cortège de réactions en chaîne sur la consommation, la production, les taux d'intérêt, la croissance, les rentrées fiscales...

En France, plusieurs ministres (Economie, Transport...) vont présenter un "plan de soutien à l'activité des secteurs économiques les plus touchés par la crise énergétique" lors d'une conférence de presse à 17H00 GMT, après la fermeture des marchés européens.

A la mi-journée, les salles de marché étaient bombardées d'informations contradictoires.

"L'Iran et Israël poursuivent leurs attaques après que Trump a prolongé l'ultimatum", résume l'agence Bloomberg.

Israël a en effet annoncé vendredi qu'il allait "intensifier" ses frappes sur l'Iran pour faire cesser les tirs de missiles de Téhéran.

Dans le même temps, le président américain a annoncé la veille un report au 6 avril de l'ultimatum qu'il avait lui-même lancé à l'Iran.

Les Etats-Unis et l'Iran prépareraient des discussions directes au Pakistan, a indiqué vendredi le ministre allemand des Affaires étrangères Johann Wadephul, lors d'une interview accordée à la radio publique allemande Deutschlandfunk.

Le marché des actions en baisse

Les marchés boursiers mondiaux semblaient surtout intégrer la remontée des cours du pétrole et les risques à long terme du conflit.

Peu après 12h00 (heure suisse), les quatre principales Bourses européennes étaient nettement en recul après des premiers échanges hésitants.

Francfort perdait 1,47%, tout comme Paris (-0,97%), Londres (-0,63%) et Milan (-1,38%). A Zurich, le SMI lâchait 0,63%.

L'ouverture ne s'annonçait pas meilleure à New York, d'après les contrats à terme qui donnent la tendance du jour.

Les trois indices de Wall Street pointaient en recul (S&P 500 -0,50%, Nasdaq -0,70% et Dow Jones -0,48%).

Les analystes sont unanimes: l'extension de l'ultimatum au 6 avril décidée par le président Trump "ne parvient pas à améliorer l'ambiance", comme le souligne l'analyste Matt Britzman pour Hargreaves Lansdown.

"Ce qui frappe, c'est que le marché ne price (ndr: n'anticipe) plus simplement un risque géopolitique: il commence à intégrer un véritable choc macroéconomique durable", selon John Plassard, responsable de la stratégie d'investissement de Cité Gestion Private Bank.

Remontée des taux d'intérêt sur la dette des Etats

Signe d'un risque d'inflation persistant dans les esprits des décideurs, les taux d'intérêt sur la dette des Etats à 10 ans continuent de remonter.

Face au risque d'inflation, qui diminue la valeur réelle des remboursements futurs, les créanciers demandent en effet une hausse des taux d'intérêt afin de préserver leur rendement réel.

Référence en Europe, le rendement du Bund allemand était de 3,12% vendredi matin contre 3,07% la veille.

Son homologue français affiche un rendement de 3,88%, contre 3,80% la veille. La France va émettre pour 12 milliards d'obligations le 2 avril, a annoncé Bercy.

Aux Etats-Unis, les bons du Trésor américains offrent un rendement de 4,45% contre 4,41% la veille.

En zone euro, les marchés anticipent un relèvement des taux d'intérêt par la Banque centrale européenne (BCE) pour enrayer l'abondance des liquidités qui favorise la hausse des prix, selon la théorie classique dominante depuis une cinquantaine d'années.

"Le marché a ainsi renforcé ses anticipations de resserrement de la BCE, et une probabilité d'environ 75 % d'un mouvement dès la réunion d'avril", résume le courtier Aurel BGC.

afp/rr