Moyen-Orient: les marchés doutent d'une fin rapide de la guerre

Il y a 12 heures

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Paris (awp/afp) - Les marchés financiers mondiaux doutent jeudi quant à une fin rapide de la guerre au Moyen-Orient, entre déclarations contradictoires de Washington et Téhéran, et remontée des prix du pétrole.

"Les marchés semblent avoir atteint une impasse, les investisseurs étant pris entre deux récits concurrents", commente Daniela Hathorn, analyste chez Capital.com.1

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"D'une part, les marchés ne peuvent ignorer le risque extrême", explique-t-elle. "Une escalade, notamment impliquant des frappes sur les infrastructures énergétiques, aurait des conséquences de grande ampleur, allant d'une flambée des prix du pétrole et du gaz à des perturbations potentielles dans les chaînes alimentaires et d'approvisionnement."

Dans le même temps, "des signes croissants indiquent que Washington cherche une issue, une manière de désescalader sans paraître céder", constate Mme Hathorn.

Donald Trump a assuré que Téhéran, malgré ses dénégations, participe bien à des pourparlers et veut un accord pour mettre fin à la guerre. Il a exhorté jeudi l'Iran à "devenir sérieux avant qu'il ne soit trop tard", sur son réseau Truth Social.

"Les négociateurs iraniens sont très différents et +bizarres+", a-t-il dit soulignant qu'à défaut d'accord "il n'y aura pas de retour en arrière et ça ne va pas être joli".

Une proposition américaine pour faire taire les armes, qui, selon des médias américains et israéliens, contient quinze points, a été transmise à l'Iran par Islamabad, en bons termes avec les deux pays, selon deux hauts responsables pakistanais.

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a maintenu que l'Iran n'a "pas l'intention de négocier" et compte "continuer à résister".

"L'Iran, pour sa part, n'a que peu d'incitations à faciliter (une sortie de crise) utilisant le détroit d'Ormuz comme levier pour maintenir la pression et obtenir des concessions, tout en envoyant un message clair pour dissuader quiconque de tenter des attaques à l'avenir", estime Mme Hathorn.

Habituellement, environ 20% de la production mondiale de pétrole et gaz transite par cet étroit passage, dont le blocage a fait flamber les prix de l'énergie ces dernières semaines.

Vers 11H45, le Brent de la mer du Nord, considéré comme la référence mondiale du brut, prenait 3,28% à 105,57 dollars le baril. Son équivalent américain, le WTI, gagnait 2,90% à 92,94 dollars le baril.

Les Bourses dans le rouge

Les marchés d'actions sont "dans un état d'équilibre précaire", d'après l'analyste Daniela Hathorn.

Face aux déclarations contradictoires de Washington et Téhéran, les investisseurs "intègrent prudemment la possibilité d'une escalade, maintenant une prime de risque (...) tout en penchant simultanément vers l'attente qu'une escalade à grande échelle sera évitée", note-t-elle.

En Europe, vers 12H00, la Bourse de Paris perdait 0,79%, Francfort 1,27%, Londres 1,05% et Milan 0,92%, accélérant leurs pertes par rapport au début de la séance. Zurich perdait encore 0,66%.

A Wall Street, les contrats à terme des trois principaux indices laissaient présager d'une ouverture en nette baisse.

En Asie, le Nikkei de Tokyo a clôturé en repli de 0,27%. L'indice Kospi à Séoul a dévissé de 3,22%. L'indice composite de Shanghai a cédé 1,09%, et l'indice Hang Seng de Hong Kong 1,89%.

Donald Trump avait annoncé en début de semaine le report de cinq jours - jusqu'à la fin de la semaine boursière - de son dernier ultimatum contre Téhéran (des frappes contre les centrales électriques iraniennes en cas de maintien du blocage du stratégique détroit d'Ormuz). "Il reste désormais un peu plus de 48 heures", souligne Jim Reid, économiste de la Deutsche Bank.

"Personne ne peut actuellement dire avec certitude à quel point les négociations avancent ni quelle est la probabilité d'un accord", note Jochen Stanzl, chez CMC Markets.

Et "là où règne l'incertitude, les baisses des marchés boursiers ne sont souvent pas loin", poursuit-il.

"Tant qu'il n'y aura pas plus de clarté sur l'intensification du conflit ou sur sa résolution, les marchés devraient rester dans ce schéma d'attente, réagissant vivement aux nouvelles mais peinant à soutenir un élan dans un sens ou dans l'autre", résume Mme Hathorn.

afp/ck