Moins de Porsche produites en raison des inondations en Valais

Il y a 52 minutes

Description

Berne (awp/ats) - Les inondations en Valais réduisent la production de Porsche et les faibles chutes de neige perturbent le marché européen de l'électricité. Les catastrophes naturelles provoquent souvent un effet domino pouvant affecter des branches entières et des régions éloignées, indique une nouvelle étude.

Les effets multiples des catastrophes naturelles ne sont souvent compris que partiellement et ne sont pas pris en compte dans les modèles de risque, écrivent la chercheuse Manuela Brunner, qui travaille à l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich et à l'Institut pour l'étude de la neige et des avalanches (SFL) et sa collègue Laurie Huning de la California State University, dans un article paru jeudi dans la revue Science.

"Chaque événement naturel a le potentiel de déclencher une réaction en chaîne", qu'il s'agisse d'une inondation, d'un feu de forêt ou d'une sécheresse, indique Manuela Brunner à l'agence Keystone-ATS. "Ces réactions en chaîne peuvent concerner des lieux lointains et peuvent se faire ressentir sur de longues périodes".

Feux au Canada décès en Europe

Dans leur article, les deux chercheuses évoquent les feux de forêt au Canada, en 2023, comme exemple de telles réactions en chaîne. Les fumées provoquées par ces incendies de forêt n'ont pas seulement détérioré la qualité de l'air au-dessus de villes américaines comme New York ou Chicago. Elles ont aussi traversé l'Atlantique et ont causé plus de 20'000 décès en Europe.

Ce type de catastrophes à effet domino s'est produit aussi en Suisse, relève Mme Brunner. Les inondations en Valais, en 2024, n'ont pas causé seulement des dégâts sur le plan local, mais elles ont également eu des répercussions sur le constructeur de voitures Porsche, en Allemagne.

Une usine en Valais fabrique en effet des pièces en aluminium pour le constructeur automobile. Les locaux de l'entreprise ont été endommagés par les eaux et le site est resté inactif pendant plusieurs mois. Porsche n'a pas reçu les pièces attendues et a été contraint de produire moins de voitures.

Moins de neige, moins d'électricité

Un autre exemple cité par Mme Brunner est l'hiver pauvre en neige de 2024-2025. En raison du trop peu d'eau provenant de la fonte des neiges, l'Aare s'est réchauffée. La centrale nucléaire de Beznau (AG), qui a besoin d'eau froide pour fonctionner à plein régime, a dû réduire sa puissance. Ceci a eu un impact sur le marché européen de l'électricité.

"Nous devons travailler à mieux appréhender la complexité de ces événements", note Mme Brunner. "Si nous voulons à l'avenir mieux comprendre les catastrophes naturelles, nous devrons adapter nos modèles afin qu'ils intègrent ces réactions en chaîne et la grande portée de leurs effets".