Meta dit avoir rattrapé OpenAI et Anthropic, et refuse de ralentir

12. Oct 2026

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San Francisco (awp/afp) - Après plus d'un an d'investissements massifs, Meta a dévoilé lundi un modèle d'intelligence artificielle (IA) qu'il dit enfin au niveau des champions américains, et refuse de ralentir au moment où la Silicon Valley s'interroge sur les dangers de cette technologie.

Ce nouveau modèle, Muse Wonder, doit améliorer les performances de Muse, le tout neuf assistant IA du groupe, capable d'agir seul pour le compte de ses utilisateurs : réserver un voyage, envoyer des courriels ou faire des achats.

Muse Wonder est "une catégorie de modèles bien plus grande et plus avancée, qui nous amène à la pointe" de la technologie, a proclamé sur X Mark Zuckerberg, patron du groupe chapeautant Facebook, Instagram et WhatsApp.

Il y a un peu plus d'un an, il avait engagé à coups de milliards une refonte complète de ses activités d'IA pour rattraper OpenAI et Anthropic, les deux rivaux de San Francisco qui dominent la course à l'IA, avec Google en embuscade.

Selon les tests de Meta, Muse Wonder surpasse sur plusieurs critères les modèles récents d'OpenAI et d'Anthropic, les créateurs de ChatGPT et Claude. La société d'évaluation Artificial Analysis le classe parmi les plus performants du marché, mais pour un coût d'utilisation supérieur à ceux d'OpenAI et Google.

Accessible dès lundi aux développeurs, le nouveau modèle fera "bientôt" tourner l'assistant Muse, en commençant par ses abonnés payants, selon Meta.

Lancé début septembre, Muse est rapidement devenu l'application gratuite la plus téléchargée sur l'App Store d'Apple aux États-Unis, même si son essor ralentit, selon le cabinet Sensor Tower cité par le Wall Street Journal. Il fait désormais face à la concurrence de Dots, l'assistant d'OpenAI, de Spark, celui de Google, et de la start-up Instinct.

Reste à convaincre : seuls 8% des Américains feraient confiance à Meta pour conserver leurs mots de passe, nécessaires pour que l'assistant agisse en leur nom, contre 30% pour Google, selon la banque Oppenheimer. Amazon bloque par ailleurs Muse sur son site depuis le 20 septembre.

Meta compte sur Muse pour dégager de nouveaux revenus au-delà de la publicité, qui représente la quasi-totalité de son chiffre d'affaires actuel et finance cette année jusqu'à 145 milliards de dollars d'investissements, essentiellement dans l'IA. Son activité historique, les réseaux sociaux, attire quelque 3,6 milliards d'utilisateurs mais est au coeur de coûteuses procédures judiciaires.

L'action Meta progressait d'environ 3,4% en fin de séance lundi.

- Pas de pause -

Ce lancement intervient après une série d'incidents au cours desquels des modèles de pointe ont échappé au contrôle de leurs créateurs. Les patrons d'Anthropic et d'OpenAI, Dario Amodei et Sam Altman, ainsi qu'Elon Musk, ont réclamé mi-septembre un ralentissement, que Mark Zuckerberg rejette.

Meta travaille "déjà à l'étape suivante" et le développement de ses modèles donnera "probablement l'impression d'aller bien plus vite à partir de maintenant", a-t-il déclaré au Financial Times.

En août, il avait érigé la diffusion libre de l'IA en meilleur rempart contre ses dangers, en relançant les modèles ouverts du groupe, se démarquant de ses rivaux américains qui gardent leurs modèles les plus puissants sous contrôle exclusif.

Muse Wonder n'est toutefois accessible que contre paiement et ses paramètres n'ont pas été rendus publics.

- Marche forcée -

Selon le New York Times, Mark Zuckerberg a ordonné en août de lancer l'assistant Muse malgré des incidents de sécurité lors des tests, par crainte d'être devancé par Instinct. Meta a contesté cette version.

Pour son nouveau modèle, Meta revendique d'avoir mis en place ses "garde-fous les plus solides à ce jour" contre les usages détournés, sans avoir publié son rapport de sécurité complet. Google, OpenAI et Anthropic ont, eux, réservé leurs modèles les plus puissants à un cercle restreint d'entreprises, en raison de leur capacité à exploiter des failles informatiques.

Ce rattrapage à marche forcée a aussi eu un coût en interne : Meta a supprimé en mai environ 8.000 postes, près de 10% de ses effectifs, et suspendu en juin, après une fronde des salariés, l'utilisation d'un logiciel qui captait leurs clics et frappes de clavier pour entraîner ses agents d'IA.

afp/rp