16. Avr 2026
Description
Rabat (awp/afp) - Le géant marocain des phosphates Groupe OCP, l'un des leaders du secteur, a annoncé être parvenu à lever 1,5 milliard de dollars (1,1 milliard en francs) via une émission obligataire internationale hybride, devenant la première entreprise africaine à utiliser ce type d'instruments financiers.
Le Maroc représente 31% du marché mondial du phosphate, base de la production d'engrais, selon le Groupe OCP (ex-Office chérifien des phosphates), la société publique qui détient le monopole de son exploitation.
Le marché des engrais est très tendu du fait de la guerre au Moyen-Orient, car un tiers des cargaisons transportées par voie maritime provient du Golfe et ne parvient pas à destination à cause du blocage du détroit d'Ormuz.
Entre usines arrêtées et flambée des prix du gaz renchérissant le coût de la production mondiale, les prix des fertilisants ont grimpé partout. Les producteurs d'engrais phosphatés, comme l'OCP, utilisent des matières premières venues du Golfe, comme le soufre ou l'ammoniac.
L'opération financière est "historique" à double titre, car il s'agit de la première émission obligataire hybride en dollars émise par l'OCP, et la première de ce genre pour un groupe africain, selon un communiqué de l'OCP cité par l'agence officielle MAP.
Les obligations hybrides sont des titres combinant des caractéristiques d'actifs et de dettes, permettant à des entreprises de se financer sans trop alourdir leur endettement.
L'offre a reçu une réponse "forte" de la part des investisseurs, "avec des demandes de souscription dépassant de 4,6 fois" le montant émis tandis que "176 investisseurs de 23 pays" ont participé à l'opération, selon la même source.
Le groupe a souligné que cette émission allait contribuer de manière "structurelle" à sa stratégie de financement et de croissance.
Fin 2022, l'OCP avait annoncé un vaste programme d'investissement d'environ 14 milliards de dollars, visant à "accroître ses capacités de production d'engrais" et à "s'engager à atteindre la neutralité carbone avant 2040".
Le groupe a en effet prévu que "toutes ses installations industrielles seront alimentées par des énergies vertes d'ici à 2027", y compris les usines de dessalement de l'eau de mer utilisées pour produire des fertilisants.
L'émission réussie a été supervisée par BNP Paribas, Citi et JPMorgan, a ajouté le groupe.
Le Maroc détient environ 70% des réserves mondiales de phosphate, se classant au premier rang des producteurs en Afrique et au deuxième rang mondial derrière la Chine.
afp/ib