Marchés: Wall Street recule après l'emploi US, le pétrole sous surveillance

4. Sep 2026

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WASHINGTON (awp/afp) - Les marchés boursiers mondiaux ont évolué sans enthousiasme vendredi, la vigueur inattendue de l'emploi américain laissant plus de latitude à la Réserve fédérale (Fed) pour relever ses taux directeurs, dans un contexte de remontée des prix du pétrole.

A Wall Street, le Dow Jones a cédé 0,51%, l'indice Nasdaq a reculé de 0,29% et l'indice élargi S&P 500 a perdu 0,38%.

Le chômage est resté bas le mois dernier aux Etats-Unis, à 4,1%, tandis que les embauches ont rebondi avec 162.000 créations nettes d'emplois, le triple de ce qu'attendaient les marchés, selon des données officielles publiées vendredi.

Ce rapport a nourri les inquiétudes des investisseurs.

"Dans un monde normal, ce serait une bonne nouvelle. Les employeurs ont embauché. Le marché du travail n'a pas connu de repli", a relevé Ken Mahoney, de Mahoney Asset Management.

"Mais les marchés, bien sûr, ne vivent pas dans un monde normal", a ajouté l'analyste.

Les opérateurs estiment que la banque centrale américaine va pouvoir se concentrer pleinement sur la lutte contre l'inflation.

A moins que celle-ci "ne recule significativement la semaine prochaine", lors de la publication de l'indice CPI, "la Fed va très probablement relever ses taux en septembre", estime Christophe Boucher, directeur des investissements chez ABN AMRO Investment Solutions.

Une politique monétaire restrictive est généralement défavorable aux entreprises, ce qui déplaît à Wall Street.

"L'issue n'est pas acquise", a tempéré Charlie Ripley, analyste pour la société d'investissement Allianz Investment Management.

Les commentaires du gouverneur de la Fed Christopher Waller, membre influent de l'institution, avaient d'ailleurs jeudi "apaisé ce scénario plus restrictif" de la politique monétaire de la banque centrale américaine, a expliqué à l'AFP Isabelle de Gavoty, responsable de gestion actions Europe chez AllianzGI.

Dans ce contexte, vers 20H45 GMT, le rendement à échéance dix ans des emprunts de l'Etat américain évoluait à plus de 4,78%, comme la veille à la clôture, contre 4,75% avant la publication du rapport du ministère du Travail.

Wall Street sera fermée lundi, jour férié ("Labor Day") aux Etats-Unis.

- Francfort se démarque -

En Europe, la Bourse de Londres a terminé à l'équilibre (0,00%). Paris (-0,09%) a été quasi stable. Milan (-0,28%) a cédé du terrain.

A Zurich, le SMI a terminé à l'équilibre (+0,01%).

Seule la Bourse de Francfort a résisté (+0,17%), presque toute l'attention se portant sur l'action du premier constructeur automobile allemand, Volkswagen (+6,47%), après que son conseil de surveillance a approuvé les plans de réduction des coûts passant par des suppressions d'emplois.

Le groupe prévoit de supprimer 50.000 postes supplémentaires d'ici à 2030. Cette cure d'austérité vise à remettre Volkswagen sur les rails et à renforcer sa compétitivité internationale.

Les actions des autres constructeurs automobiles ont également profité de cet effet d'entraînement, Mercedes-Benz prenant 1,17% et BMW 1,68%. A Paris, Renault a gagné 1,01% et Stellantis 1,59%.

Les aciéristes aussi ont été recherchés, Thyssenkrupp grimpant de 6,51% et Salzgitter de 5,78% à Francfort.

- Le pétrole guetté -

"Désormais, tout dépend de la question de savoir si le marché considère qu'une hausse des taux de la Fed est quasiment certaine", a estimé Fawad Razaqzada, analyste de marché, pour Forex.com.

"Dans une certaine mesure, beaucoup dépendra également du prix du pétrole", a-t-il poursuivi.

Le baril de Brent de la mer du Nord a avancé vendredi de 0,80%, à 96,28 dollars.

Il a bondi de près de 8% en une semaine, la période ayant été marquée par le retour des frappes américaines en Iran et des représailles de Téhéran, notamment contre des cibles militaires liées aux Etats-Unis.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTI) a lui gagné 0,20% vendredi, à 91,48 dollars.

Le marché continue de s'interroger sur l'ampleur des flux pétroliers sortant du détroit d'Ormuz.

Le président américain Donald Trump a partagé jeudi sur son réseau Truth Social un graphique faisant état de 18 millions de barils quotidiens transportés, un chiffre proche, selon lui, de celui de 20 millions d'avant la guerre.

Mais les analystes considèrent que le président américain surestime les flux, sans toutefois s'accorder sur des chiffres précis.

afp/rp