Marchés mondiaux: les résultats et les banques centrales captent l'attention

29. Oct 2026

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Paris (awp/afp) - Les marchés mondiaux sont partagés jeudi entre des résultats contrastés des géants de la tech, les incertitudes sur la trajectoire monétaire américaine et les tensions géopolitiques, tandis que les investisseurs attendent la décision de la BCE sur les taux directeurs.

La décision de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed), "les résultats de Sept Magnifiques (les grands noms de la tech américaine, ndlr) et les développements géopolitiques ont pratiquement fait irruption sur les marchés au même moment, provoquant des forces contradictoires et de fortes turbulences", commente Kyle Rodda, de Capital.com.

La Fed a juré mercredi qu'elle ne désertait pas le combat contre l'inflation après avoir laissé ses taux d'intérêt inchangés à quelques jours d'élections très disputées aux États-Unis.

"Comme à son habitude", le président de la Fed Kevin Warsh "a tenté de fournir le moins possible d'éléments sur la suite du cycle de politique monétaire", relève Bastien Drut, responsable analyse chez CPRAM.

L'agenda est également chargé en Europe, avec une nouvelle salve de publications d'entreprises, dont plusieurs poids lourds.

Vers 12h00 (heure suisse), la Bourse de Paris prenait 0,95%, Londres montait de 0,35%, et Francfort gagnait 0,96%, tirée par Adidas (+3,80%) qui a enregistré une hausse de 53% sur un an de son bénéfice net sur un troisième trimestre record, dopé par le remboursement de droits de douane aux États-Unis. A Zurich, le SMI étoffait ses gains, prenant 1,29%. Seule Milan lâchait 0,36%.

Les investisseurs attendent par ailleurs la décision de politique monétaire de Banque centrale européenne (BCE), qui devrait également laisser ses taux directeurs inchangés jeudi malgré une inflation persistante, tandis que les turbulences sur la dette française devraient s'inviter au coeur des discussions.

L'attention se portera sur la conférence de presse de la présidente de la BCE Christine Lagarde "concernant une éventuelle hausse en décembre et sur les répercussions de l'augmentation des coûts d'emprunt des États européens", souligne Daniela Hathorn, de Capital.com. Par ailleurs, la BCE a annoncé jeudi que la présidente quittera ses fonctions le 7 février 2027, avant la fin de son mandat.

La tech en plein test

A New York, les contrats à terme sur les trois principaux indices laissaient présager une ouverture dans le rouge, au lendemain de la publication des résultats des géants Alphabet (Google) et Microsoft : l'indice Nasdaq perdait 1,04%, le S&P 500 0,32% et le Dow Jones 0,12%.

"Alphabet et Microsoft ont présenté des visions opposées de la rentabilité des investissements dans l'intelligence artificielle (IA), laissant les marchés boursiers américains quelque peu désorientés", explique Daniela Hathorn.

Le géant du logiciel Microsoft (+2,80% à New York dans les échanges électroniques avant l'ouverture) a publié des résultats trimestriels supérieurs aux attentes, portés par l'accélération de sa plateforme d'informatique en ligne Azure, qui loue aux entreprises la puissance de calcul nécessaire notamment à l'IA.

Alphabet (-9,97%), maison mère de Google, a enregistré au troisième trimestre des résultats moins bons qu'anticipé, principalement du fait d'un ralentissement de la publicité, même si l'informatique à distance (cloud) a, elle, encore accéléré grâce à l'IA.

Les places asiatiques ont affiché des performances contrastées. A la Bourse de Tokyo, l'indice vedette Nikkei a terminé sur un gain de 1,10%.

A Séoul cependant, l'indice phare Kospi a reculé de 1,24%, pénalisé par le décrochage du champion sud-coréen des puces mémoire Samsung Electronics, poids lourd de la cote, après des résultats en deçà des attentes malgré un bénéfice net multiplié par six au troisième trimestre sur un an.

Son titre a reculé de 4,13% à Séoul "car ses perspectives semblent moins optimistes que celles de SK Hynix, les investisseurs devront attendre janvier pour connaître sa prochaine politique de rémunération des actionnaires, et la hausse des coûts des composants a pesé sur son activité mobile", explique Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote.

"Une nouvelle illustration du fait que des bénéfices records ne suffisent pas lorsque les attentes sont déjà extrêmement élevées", souligne-t-elle.

Le pétrole recule

Les cours du pétrole s'affichaient en légère baisse vers 12h00, le baril de Brent de la mer du Nord lâchant 1,17% à 113,97 dollars et le WTI américain perdant 1,36% à 101,38 dollars.

Pour Kathleen Brooks, directrice de la recherche chez XTB, ce recul "s'explique par des informations selon lesquelles le vice-président américain JD Vance prend contact avec ses homologues iraniens afin de relancer les efforts visant à trouver une solution diplomatique aux événements au Moyen-Orient".

"Ces démarches remettent en question la possibilité de frappes après les élections de mi-mandat prévues la semaine prochaine", estime-t-elle.

afp/rr