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Paris (awp/afp) - Les Bourses mondiales sont majoritairement en repli mardi, plombées par le retour des craintes sur le financement de l'intelligence artificielle (IA) et les tensions persistantes sur la dette française.
À New York, dans les premiers échanges vers 13H40 GMT, l'indice Nasdaq - qui rassemble les valeurs technologiques - perdait 0,85 %, l'indice élargi S&P 500 reculait de 0,24 %. Seul le Dow Jones, qui réunit des entreprises plus traditionnelles, prenait 0,50 %.
En Europe, Paris cédait 0,71 %, Francfort 0,54 %, Londres 0,49 % et Milan 0,59 %.
"Les craintes liées aux valorisations élevées et au financement du boom de l'intelligence artificielle continuent de peser sur les marchés", a noté Andreas Lipkow, analyste à CMC Markets.
Les dépenses massives des géants de la tech dans l'IA sont le principal moteur des marchés d'actions depuis plusieurs mois.
Mais les investisseurs doutent de plus en plus de la rentabilité à moyen et long terme de ces dépenses, alors qu'aucun modèle économique viable n'a encore été trouvé par les entreprises d'IA. Ils s'interrogent donc sur les valorisations gigantesques de ces sociétés.
Ces inquiétudes provoquent des chutes régulières en Bourse du secteur des puces et autres composants électroniques, principal bénéficiaire de ces investissements.
Ce mardi, c'est la chute du spécialiste des centres de données Elice, qui a perdu environ un tiers de sa valeur (-32,04 %) à la Bourse de Séoul pour son premier jour de cotation, qui ravive les craintes.
"Ces débuts ratés sont assurément un avertissement pour les prochaines introductions en Bourse liées à l'IA", à quelques semaines de l'entrée en Bourse du mastodonte de l'IA Anthropic, propriétaire du modèle de langage Claude, juge Ipek Ozkardeskaya, analyste à Swissquote.
A l'ouverture à New York, l'exploitant de centres de données CoreWeave reculait de 3,35 %, après avoir plongé de plus de 25 % la semaine précédente en raison des inquiétudes du marché sur son niveau d'endettement.
Les groupes de semi-conducteurs et de puces électroniques étaient dans le rouge, comme Broadcom (-0,95 %), Micron (-2,35 %) et Nvidia (-1,32 %).
En Europe, STMicroelectronics perdait 3,09 % et Soitec 5,94 % à Paris. A Francfort, Aixtron lâchait 5,80 % et Infineon 3,26 %. A Amsterdam, BE Semiconductor Industries cédait 4,04 %, ASML 3,66 %.
En Asie, Séoul (-3,73 %) et Tokyo (-1,30 %) avaient déjà nettement reculé. Les géants des puces électroniques SK hynix (-4,23 %), Samsung (-2,98 %) et Kioxia (-3,38 %) ont fortement baissé, et SoftBank, géant japonais de l'investissement dans les technologies, a chuté de 6,01 %.
Les investisseurs attendent les résultats de SpaceX mardi soir, puis de Meta mercredi, pour savoir combien de temps les dépenses colossales dans l'IA pourront se poursuivre.
La dette française surveillée
L'écart entre les taux d'emprunt à dix ans de la France et de l'Allemagne a de nouveau dépassé mardi matin le seuil symbolique de 1,5 point de pourcentage, la dette française étant revenue au coeur des préoccupations des marchés après un week-end de violences dans le pays.
Il avait déjà dépassé ce seuil au début du mois après la présentation du projet de budget pour 2027, par le gouvernement de Sébastien Lecornu.
Vers 13H40 GMT, le taux français était à 4,96 % sur dix ans contre 4,93 % à la clôture la veille, et l'Allemagne à 3,41 %, contre 3,45 % la veille.
Le pétrole toujours cher
Les cours du pétrole ont atteint de nouveaux plus hauts niveaux depuis plus de cinq mois, tirés à la hausse par les tensions au Moyen-Orient alors que les rebelles houthis du Yémen visent l'Arabie saoudite par des tirs quasi quotidiens.
Vers 13H40 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord prenait 0,90 % à 110,54 dollars, après avoir atteint un plus haut depuis mai. Son équivalent américain, le WTI, grimpait de 2,94 % à 106,71 dollars, après avoir bondi de plus de 5% dans la matinée et atteint un sommet depuis avril.
Ce mouvement plus prononcé que celui du Brent intervient avec une moindre liquidité du marché sur le contrat de novembre du WTI dont c'est le dernier jour de cotation avant le passage à celui de décembre.
afp/ib