Marchés: les valeurs technologiques en forte baisse en Europe et aux Etats-Unis

15. Oct 2026

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Paris (awp/afp) - Les Bourses mondiales sont marquées par une vente massive des valeurs technologiques jeudi, sur fond de doutes autour de l'intelligence artificielle et de craintes de hausses de taux de la Fed, au lendemain d'une inflation plus élevée que prévu aux Etats-Unis.

Vers 16h10, à Wall Street, le Nasdaq, à forte coloration technologique, perdait 1,01 % et le S&P 500 0,31 %, tandis que le Dow Jones gagnait 0,41 %.

En Europe, Paris prenait 0,24 % et Londres 0,80 %. Francfort cédait 0,23 % et Milan 1,18 %.

Les semi-conducteurs chutaient en Europe : Aixtron dévissait de 13,58 % et Infineon de 8,65 % à Francfort, Soitec tombait de 11,05 % et STMicroelectronics de 6,79 % à Paris, ASM International cédait 9,34 % et ASML 6,02 % à Amsterdam.

Mais aussi aux Etats-Unis : Nvidia perdait 3,01 %, Micron 4,22 %, AMD 4,98 % et Broadcom 2,57 %. Le spécialiste des centres de données CoreWeave cédait 7,59 %.

Les fabricants d'équipements électriques pour les centres de données reculaient aussi, comme Schneider Electric (-4,08 %) et Legrand (-3,62 %) à Paris, et Siemens Energy (-4,89 %) à Francfort.

A l'inverse, les investisseurs se repliaient sur des valeurs jugées moins exposées à l'intelligence artificielle (IA), comme le chocolatier suisse Lindt (+5,87 %), l'opérateur télécoms britannique BT (+4,66 %) ou le géant du luxe Hermès (+3,01 %).

L'inflation inquiète

La veille, l'inflation américaine est ressortie à 3,7 % sur un an en septembre, au-dessus des 3,6 % attendus par les analystes.

Jeudi, les prix à la production, qui annoncent souvent l'évolution des prix à la consommation, ont confirmé la tendance : ils ont bondi de 1,3 % sur un mois en septembre, leur plus forte hausse depuis mars 2022.

Sur un an, l'inflation côté producteurs a progressé de 6,3%, la plus forte hausse observée depuis septembre 2022, bien au-delà des attentes des analystes (+5,5% sur un an) selon le consensus publié par MarketWatch.

Les ventes au détail ont par ailleurs progressé de 0,8% en septembre, bien au-delà des 0,3 % attendus.

"La consommation des ménages ne cesse de surprendre positivement cette année", souligne Bastien Drut, de CPRAM.

"Les ventes au détail sont même sur leur plus fort rythme de croissance depuis plus de 4 ans", souligne le stratège.

Les marchés évaluaient jeudi à près de 30 % la probabilité que la Fed relève ses taux dès sa réunion d'octobre, et accordent une probabilité de 85 % au scénario d'une hausse en décembre.

Or une part croissante des investissements dans l'IA est financée par la dette. Les entreprises technologiques sont donc très sensibles à une augmentation des taux directeurs des banques centrales, qui se répercuterait sur leur propre taux d'emprunt.

Les taux souverains reculent

Les actions étant considérées comme des actifs risqués, le mouvement de défiance profite aux obligations d'Etat, vues comme des placements plus sûrs, ce qui fait baisser leurs taux d'intérêt.

Le rendement américain à échéance dix ans tombait à 5,05 % vers 16h10, contre 5,19 % la veille. Son équivalent allemand, référence en Europe, reculait à 3,36 %, contre 3,47 %.

Le taux français à dix ans chutait à 4,74 %, contre 4,88 % la veille. Cette accalmie est bienvenue : la dette française est sous surveillance des marchés, en plein débat budgétaire à l'Assemblée nationale.

L'or, autre valeur refuge, prenait 1,35 % à 4160,77 dollars l'once.

Le baril de Brent de la mer du Nord reculait de 0,94 % à 105,06 dollars, mais son équivalent américain, le WTI, gagnait 1,10 % à 96,14 dollars.

L'euro montait de 0,50 % face au dollar, à 1,1213 dollar.

afp/cw