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Washington (awp/afp) - L'éclaircie n'aura pas duré: les taux d'intérêt américain sont repartis à la hausse jeudi, la progression des prix de l'énergie et le scepticisme des investisseurs effaçant déjà l'essentiel de l'effort de soutien apporté par le gouvernement américain.
Vers 20H45 GMT, le rendement à échéance 30 ans des emprunts de l'Etat américain remontait à 5,25%, contre 5,19% la veille. A échéance 10 ans, il s'affichait à 4,71% contre 4,65% mercredi.
Le secrétaire au Trésor Scott Bessent a dit jeudi ne pas accorder trop d'importance aux récents mouvements du marché obligataire.
"Tout ce qu'il se passe sur une période de 24 heures n'est que du bruit de marché. (...) je suis convaincu que les rendements vont continuer à reculer", a-t-il déclaré.
Son ministère avait annoncé la veille en début de journée un programme renforcé d'achats d'obligations à long terme afin d'ajouter de la liquidité sur le marché obligataire.
Une tentative pour faire redescendre la pression qui n'aura tenu que le temps d'une séance.
Le rendement des bons du Trésor à dix ans évolue ainsi désormais au-dessus de son niveau de mercredi matin.
Scott Bessent a assuré disposer d'une "boîte à outils" pour réduire les coûts d'emprunt.
Mais pour Arun Sundaram, analyste de CFRA interrogé par l'AFP, les actions comme les rachats d'obligations ne constituent "qu'un pansement face à des problèmes économiques plus profonds".
"Les rachats ne s'attaquent pas aux raisons fondamentales pour lesquelles les rendements à long terme ont augmenté: l'ampleur des emprunts publics, l'incertitude budgétaire, la persistance des risques inflationnistes et une concurrence croissante pour les capitaux", rappelle Daniela Hathorn, de Capital.com.
L'opération ne modifie d'ailleurs pas le montant de la dette du gouvernement américain, qui dépasse désormais la barre symbolique des 40.000 milliards de dollars.
"Cette intervention musclée du Trésor crée un contexte particulièrement complexe pour la Réserve fédérale", la Fed, ajoute Kevin Ford, de la plateforme Convera.
En décidant de rester volontairement flou sur le futur de la politique monétaire de l'institution, son nouveau président, Kevin Warsh, avait déjà quelque peu crispé les investisseurs.
En Europe, les taux restaient stables à des niveaux élevés. Le rendement à échéance dix ans de l'obligation allemande était à 3,26%, au même niveau que la veille en clôture. Son équivalent français était à 4,12%, contre 4,11% mercredi soir.
- Des prix de l'énergie élevés -
Dans ce contexte, la prudence est restée de mise sur les marchés boursiers mondiaux. En Europe, à la clôture, la Bourse de Paris a perdu 0,57% et Francfort 0,42%. Londres a fini proche de l'équilibre (+0,04%), tout comme Milan (+0,09%).
A Zurich, le SMI a fini en repli de 0,13%.
A Wall Street, le Dow Jones a cédé 1,31%, le Nasdaq a perdu 1% et l'indice élargi S&P 500 a reculé de 0,86%.
Les signaux inflationnistes "restent inchangés", souligne Jochen Stanzl, analyste chez Consorsbank.
Les prix du pétrole sont toujours en hausse, après de nouvelles menaces du président américain, qui promet à l'Iran une "guerre économique" et un isolement sans précédent.
Le baril de Brent de la mer du Nord, référence mondiale du pétrole, a pris 2,36% à 93,78 dollars, et son équivalent américain, le WTI, a gagné 2,33% à 87,83 dollars le baril.
Côté gaz naturel, le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence européenne, s'affichait à plus de 65 euros le mégawattheure pour la première fois depuis mars (+2,81% par rapport à la veille).
Les réserves de gaz sont remplies à 61,61% en moyenne dans les pays de l'UE selon la plateforme européenne Aggregated Gas Storage Inventory (AGSI), soit "leur plus bas niveau saisonnier jamais enregistré" d'après les analystes de DNB.
Côté changes, le dollar restait stable (-0,02%) face à la monnaie unique européenne après sa déroute de la veille, à 1,1679 dollar pour un euro.
- Walmart sanctionné -
Côté entreprises, la place new-yorkaise a sanctionné le géant américain de la grande distribution Walmart (-9,15% à 103,84 dollars) après des ventes décevantes pour le deuxième trimestre aux Etats-Unis.
Celles-ci ont progressé, hors carburants, de 2,6% contre +3,5% espéré. Elles sont scrutées par les investisseurs car considérées comme un thermomètre de l'état de santé des ménages américains.
Le groupe a toutefois relevé ses prévisions annuelles et dit profiter du remboursement des droits de douane indûment prélevés en 2025 pour agir sur ses prix.
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afp/rp