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Washington (awp/afp) - Les Bourses mondiales ont clôturé vendredi sur un léger fléchissement, peu emballées par les dernières données économiques et grinçant des dents face à la remontée des coûts d'emprunt sur le marché obligataire.
A Wall Street, le Dow Jones a cédé 0,20%, le Nasdaq a reculé de 0,28% et l'indice élargi S&P 500 a perdu 0,17%.
En Europe, le CAC 40 parisien a lâché 0,16% et le FTSE 100 londonien a baissé de 0,21%. Le DAX de Francfort s'est toutefois octroyé 0,53%.
A Zurich, le SMI a terminé en baisse d 0,58%.
Le produit intérieur brut (PIB) de la zone euro a augmenté de 0,4% au deuxième trimestre, selon l'évaluation actualisée publiée par Eurostat.
Mais c'est le recul surprise des ventes aux détails aux Etats-Unis qui a surtout retenu l'attention des investisseurs.
Au mois de juillet, cet indice a diminué de 0,6% par rapport au mois précédent, au plus bas depuis plus d'un an. Les analystes anticipaient, eux, une progression modeste.
Il s'ajoute à une confiance des consommateurs américains en nette baisse, selon l'enquête préliminaire de l'université du Michigan également publiée vendredi.
Ces données - après celles montrant un ralentissement de l'inflation aux Etats-Unis - ont permis de conforter l'attente d'un statu quo de la Réserve fédérale (Fed) sur ses taux lors de sa prochaine réunion en septembre.
Une perspective de nature à favoriser les indices boursiers, alors que les analystes estimaient il y a une semaine encore qu'un tour de vis monétaire était assez probable.
Mais ce "double raté (...) inquiète les investisseurs: les pressions sur le pouvoir d'achat, la diminution de l'épargne et la baisse des embauches pourraient signifier que le moteur de l'économie est à bout de souffle", juge Jose Torres, analyste de la plateforme Interactive Brokers.
Le renchérissement du coût de la dette souveraine a aussi inquiété.
Les obligations françaises à dix ans ont affiché un rendement de 4,05%, contre 3,94% la veille, tandis qu'en Allemagne les taux pour la même échéance sont repassés au-dessus de 3,20%, contre 3,13% la veille.
Aux Etats-Unis, le rendement des bons du Trésor à dix ans est passé à 4,69% contre 4,64% jeudi.
"C'est une source majeure de risque pour les marchés qui devient désormais de plus en plus difficile à ignorer", relève Fawad Razaqzada, analyste de Forex.com.
Les taux avaient pourtant diminué plus tôt dans la semaine grâce à une certaine accalmie des prix de l'énergie et aux chiffres encourageants de l'inflation aux Etats-Unis.
Le dollar a reculé de 0,36% face à la monnaie unique européenne à 1,1570 dollar pour un euro, minée par l'attente d'une Fed moins pressée à l'idée de relever ses taux.
- Pause estivale -
La séance a également été marquée par un faible taux de participation, en plein creux estival.
A New York, l'indice Vix qui mesure la nervosité des acteurs du marché a atteint un plus bas depuis Noël, autre période traditionnellement peu animée.
Steve Sosnick, d'Interactive Brokers, note auprès de l'AFP que les faibles variations des indices boursiers "montrent bien que beaucoup d'investisseurs ne sont pas d'humeur à prendre des positions importantes".
L'essentiel des entreprises ont déjà publié leurs résultats pour le deuxième trimestre et les grandes banques centrales ne se réuniront qu'en septembre.
- Le pétrole fait le yo-yo -
Le prix du pétrole est resté très volatil cette semaine, entre espoirs sur les flux pétroliers et menaces américaines contre Téhéran.
Vendredi, le baril de Brent a finalement gagné 1,67% à 88,52 dollars. Sur la semaine il s'affiche en progression, avec quelques remous.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, a pris 1,42% à 82,40 dollars.
Les marchés ne misent plus entièrement sur un accord, souvent annoncé mais jamais conclu, entre les Etats-Unis et l'Iran pour rouvrir le détroit d'Ormuz.
Le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent a menacé jeudi l'Iran d'un isolement économique "comme le monde n'en a jamais vu", nouveau signe d'un durcissement de Washington.
En parallèle, "les États-Unis et l'Iran continuent d'avancer des affirmations contradictoires quant au contrôle du détroit d'Ormuz et à l'état du trafic maritime dans cette voie navigable", souligne David Morrison, analyste de Trade Nation.
afp/rp