Marchés: l'effet Nvidia pondéré par l'inflation américaine

27. Aoû 2026

Description

Paris (awp/afp) - Les résultats stratosphériques de Nvidia, première capitalisation mondiale au coeur de la tech, de l'IA et de Wall Street, ont été salués en Asie plus que sur les marchés européens, davantage tournés vers les problèmes d'inflation et de taux d'intérêt.

"Les résultats trimestriels exceptionnels de Nvidia donnent le ton ce matin" et sont "favorables aux actions", résument les analystes de Natixis. "Mais l'environnement reste marqué par une inflation tenace et une fragilité géopolitique, tandis que Poutine envisagerait une escalade en Ukraine".

Le géant américain des puces informatiques Nvidia a annoncé mercredi soir un bénéfice net de 59,7 milliards de dollars au deuxième trimestre, soit +126% sur un an, et des perspectives "énormes" pour 2027, selon son directeur général Jensen Huang.

La directrice financière, Colette Kress, a indiqué pour sa part que le groupe tablait sur une progression de 70% de ses revenus lors de l'exercice fiscal 2028 (clôturé fin janvier 2028), contre plus de 100% actuellement.

En plus d'un quasi-monopole sur les puces destinées à l'IA, Nvidia s'est placée au coeur des financements dans ce secteur, avec des investissements dans les centres de données de ses clients comme OpenAI.

Nvidia se trouve également au coeur des institutions de Wall Street après l'annonce début août de partenariats avec six géants financiers (Apollo, BlackRock, Blackstone, Brookfield, Goldman Sachs et KKR) pour lever 500 milliards de dollars de capitaux.

Ces excellents résultats ont été salués sans excès en Asie, place forte des valeurs technologiques.

Baromètre de la tech souvent très volatil, le Kospi à Séoul a progressé de 1,53%, porté par SK hynix (+2,49%) et Samsung Electronics (+1,72%).

En Europe, les résultats de Nvidia profitaient aux quelques champions des semi-conducteurs locaux(STMicroelectronics à Paris +4,31%, Infineon à Francfort +2,16%).

Pour le reste, les Bourses du Vieux continent regardaient surtout du côté de la géopolitique, des prix du pétrole, de l'inflation et des taux d'intérêt.

Malgré le bond de STMicroelectronics, Paris reculait vers 10h00 (-0,32%) avec une trentaine de valeurs sur 40 encaissant des mouvements de vente.

Parmi elles, Pernod-Ricard buvait la tasse (-1,92%) après l'annonce d'un bénéfice annuel en recul de 26% à 1,2 milliard d'euros.

Championne des vieilles industries (mines, laboratoires, pétrole), Londres reculait (-0,37%), plombée par Glencore (-2,08%).

Après une ouverture en hausse, Francfort tempérait son appétit pour le risque (+0,16%).

"Le fait que le climat des affaires progresse et que le prix du pétrole recule intéresse actuellement le DAX (l'indice allemand) davantage que les grands thèmes américains, comme les chiffres de Nvidia ou la réunion des banquiers centraux à Jackson Hole", résume le spécialiste de la place, Jochen Stanzl pour Consorsbank.

La baisse du pétrole effacée par l'inflation américaine

Les prix du pétrole continuaient leur décrue pour le quatrième jour de suite, une bonne nouvelle reléguée au second plan par les derniers chiffres de l'inflation américaine.

Vers 10h00, le Brent de la mer du Nord, référence mondiale du brut, accélérait sa baisse (-1,24% à 86,75 dollars le baril). Le WTI américain suivait la même tendance (81,09 dollars le baril, -1,39%)

Par un effet mécanique, la baisse du pétrole offrait un répit sur le marché obligataire des taux d'intérêt.

Les obligations allemandes à dix ans affichaient un rendement de 3,23% en très léger recul, tout comme leur équivalent en France (moins de 4,08% contre près de 4,09% la veille).

Les marchés vivent aussi au rythme des chiffres de l'inflation américaine plus élevée qu'anticipé pour le mois de juillet (l'indice PCE a stagné à 3,7% sur un an, là où les investisseurs s'attendaient à un léger ralentissement autour de 3,6%).

Dans ce contexte, les investisseurs attendent la réunion des banquiers centraux à Jackson Hole cette fin de semaine.

Les marchés ont déjà anticipé un relèvement des taux par la Banque centrale européenne (BCE) dès septembre mais s'interrogent sur les intentions du président de la Réserve fédérale Kevin Warsh.

"Ce rapport (sur l'inflation) n'aide pas la cause que Kevin Warsh tente de défendre au sein de la Fed et ne devrait pas réduire le nombre de dissensions au sein du comité de vote", ajoute Florian Ielpo, en référence aux membres "faucons" de la Fed qui veulent un relèvement des taux.

En attendant, le dollar se maintenait face à l'euro à 1,1655 dollar pour un euro contre 1,1651 la veille.

afp/rr