16. Jun 2026
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Washington (awp/afp) - Les prix du pétrole ont poursuivi leur chute mardi, toujours influencés par l'annonce d'un accord de paix entre Washington et Téhéran, tandis que les Bourses mondiales se sont montrées plus prudentes dans l'attente de détails sur cette entente.
Après avoir déjà nettement reculé ces derniers jours, le baril du pétrole Brent, référence mondiale du brut, est tombé mardi sous la barre des 80 dollars pour la première fois depuis début mars. Il a glissé de 5,06%, à 78,96 dollars.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTI), a perdu 5,82%, à 76,05 dollars.
"On assiste à une fuite massive des investisseurs hors du marché" du brut, a commenté auprès de l'AFP Stephen Schork, analyste de The Schork Group.
"Tout comme nous avions connu une véritable frénésie à l'achat au début de la guerre au Moyen-Orient (...), c'est désormais l'inverse qui se produit", a-t-il souligné.
Les Etats-Unis et l'Iran signeront vendredi en Suisse leur protocole d'accord pour mettre fin au conflit, point de départ de deux mois de négociations, avec comme première étape la réouverture très attendue du détroit d'Ormuz.
Un cinquième du pétrole mondial transite en temps normal par ce passage maritime stratégique, bloqué par Téhéran après les premières frappes israélo-américaines contre l'Iran, fin février.
- Les Bourses contrastées -
En Europe, les marchés ont "conservé un certain élan, après le fort rebond boursier de lundi provoqué par l'annonce de la signature de l'accord", a commenté Kathleen Brooks, analyste de XTB.
Paris a pris 0,75%, Londres 0,61% et Milan 1,15%. Seul Francfort a terminé à l'équilibre (+0,07%). A Zurich, le SMI a terminé en hausse de 0,32%.
A New York, le Dow Jones (+0,64%) est parvenu, pour la deuxième séance d'affilée, à décrocher un record en clôture, à 52.001,64 points. Mais l'indice Nasdaq - où sont rassemblées les valeurs de la tech - et l'indice élargi S&P 500 ont tous les deux terminé dans le rouge, perdant respectivement 1,15% et 0,57%.
"On observe une certaine rotation" hors du secteur technologique après de fortes hausses, a expliqué à l'AFP Patrick O'Hare, analyste de Briefing.com.
"Il est normal que les marchés souhaitent consolider leurs gains après plusieurs journées de progression", a noté Steve Sosnick, analyste d'Interactive Brokers. "D'autant que nous essayons encore de comprendre exactement ce que contient l'accord" entre les Etats-Unis et l'Iran, a-t-il relevé.
Certains acteurs du marché restent prudents, notamment face à l'épineuse question du programme nucléaire iranien.
"Nous partons du principe que les négociations (...) concernant un nouvel accord nucléaire risquent d'être extrêmement mouvementées et que, de ce fait, la prolongation des discussions sera régulièrement remise en question", a estimé Thu Lan Nguyen, analyste de Commerzbank.
- SpaceX toujours recherché -
Le géant de l'aérospatiale SpaceX a continué son ascension (+4,83% à 201,80 dollars) pour son troisième jour de cotation à Wall Street.
La valorisation du groupe d'Elon Musk a même dépassé en séance celle d'Amazon et s'est retrouvée propulsée au rang de cinquième capitalisation boursière mondiale, avant de refluer à la sixième place pour s'établir à 2.642 milliards de dollars.
Le groupe veut acquérir la société éditrice du logiciel de codage assisté par IA Cursor, pour une valorisation estimée à 60 milliards de dollars en actions, selon un document déposé mardi auprès du gendarme boursier américain (SEC).
- Détente des taux en attendant la Fed -
Les marchés vivent également dans l'attente de la première réunion de la banque centrale américaine (Fed) sous la présidence de Kevin Warsh, nommé par Donald Trump.
"Nous nous attendons à ce que le taux directeur soit maintenu inchangé, dans une fourchette de 3,50-3,75 %", a indiqué Tiffany Wilding, économiste chez PIMCO. D'autant que la baisse du pétrole dissipe quelque peu les risques d'inflation et d'envolée des taux d'intérêt.
Dans ce contexte, sur le marché obligataire, les taux d'emprunt des Etats ont continué leur détente. Le rendement de l'emprunt américain à échéance dix ans a atteint 4,44%, contre 4,47% la veille en clôture.
En Europe, l'emprunt allemand à échéance dix ans affiche 2,93%, contre 2,95% la veille.
Côté changes, le dollar perdait 0,16% face à la monnaie unique européenne, à 1,1608 dollar pour un euro.
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afp/rp