29. Oct 2026
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Tokyo (awp/afp) - Les Bourses en Asie sont pénalisées jeudi par un décrochage de certaines valeurs tech, dans le sillage de résultats décevants d'Alphabet et de Samsung, tandis que la roupie indonésienne flirte avec ses plus bas historiques face au dollar sur fond de conjoncture maussade.
Vers 03h20 (heure suisse) à la Bourse de Tokyo, l'indice vedette Nikkei gagnait 0,18% à 64.071 points, dans un marché fébrile.
A Séoul, l'indice phare Kospi chutait de 2,61%, pénalisé par le plongeon du champion sud-coréen des puces mémoires Samsung Electronics (-4,75%) après des résultats trimestriels en-deçà des attentes.
Certes, il a multiplié par six son bénéfice net au 3e trimestre sur un an, porté par la demande de semi-conducteurs en plein essor de l'intelligence artificielle (IA), mais c'est nettement moins qu'attendu par les investisseurs.
Surtout, le secteur tech est refroidi par la publication du géant américain Alphabet, qui a annoncé mercredi avoir enregistré des résultats trimestriels inférieurs aux attentes du marché, du fait d'un ralentissement de la publicité.
Ce qui a valu au titre de la maison-mère de Google d'être immédiatement sanctionné dans les échanges électroniques postérieurs à la clôture de Wall Street, en abandonnant plus de 10%.
Enfin, les investisseurs digéraient le statu quo, très attendu, de la Réserve fédérale américaine (Fed) sur ses taux.
Tokyo "devrait connaître une forte volatilité. Le taux directeur de la Fed a été maintenu inchangé, une décision rassurante pour les marchés" mais la chute d'Alphabet après clôture "risque de peser sur le moral des investisseurs", préviennent les experts de Tokai Tokyo Intelligence.
"La Fed a offert au marché presque exactement ce qu'il attendait, tout en laissant les observateurs focalisés sur la question de l'IA", confirme Stephen Innes, de SPI Asset Management.
Publiés après Bourse, les résultats de Microsoft et Alphabet "ont surgi avec deux visions très contrastées de l'IA", l'action Microsoft progressant dans les échanges après la clôture "grâce au potentiel du +cloud+", tandis que Google dévissait à cause "de résultats décevants dans la publicité et la recherche", constate-t-il.
Les résultats de Samsung ont contribué à raviver la prudence des investisseurs, après le vif regain d'appétit pour les valeurs tech en début de semaine.
"Rien, dans ce tableau, ne suggère que l'essor de l'IA soit arrivé à son terme (mais) la phase facile est terminée", commente M. Innes.
Tensions sur la roupie indonésienne
Le billet vert cédait du terrain (-0,11%) face à la monnaie japonaise vers 03h30, à 157,67 yens pour un dollar, après la décision de la Fed de laisser ses taux inchangés.
Le dollar a commencé à se replier lors de la conférence de presse du président de l'institution Kevin Warsh, jugé pas aussi ferme qu'attendu sur la perspective de futures hausses de taux potentielles.
De son côté, la roupie indonésienne continue de s'effriter : elle s'est approchée mercredi de son plus bas niveau historique face à la monnaie américaine, atteint en juin dernier à 18.209 roupies pour un dollar. Elle regagnait timidement un peu de terrain mercredi.
"Le retour vers de tels niveaux s'est maintenu malgré les interventions de la Banque d'Indonésie et de récentes mesures destinées à soutenir la roupie", observe Lloyd Chan, de la banque MUFG.
La devise "reste confrontée à de multiples vents contraires : des rendements obligataires américains élevés, une hausse des cours du pétrole, des incertitudes liées aux indices internationaux de MSCI (qui pourrait rétrograder la Bourse de Jakarta), ainsi que des sorties nettes de capitaux étrangers de la Bourse indonésienne", énumère-t-il.
Enfin, "la roupie subit une pression intérieure supplémentaire, les manifestations contre la politique budgétaire du gouvernement et les feux de forêt venant s'ajouter à un contexte extérieur déjà difficile".
Recul du pétrole
Vers 03h30, le cours du baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, cédait 0,63% à 114,59 dollars, et celui du baril de WTI nord-américain 1% à 101,75 dollars.
Les opérateurs saluaient la perspective accrue d'engagements diplomatiques au Moyen-Orient: selon le Wall Street Journal, le vice-président américain JD Vance a adressé une lettre au secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien afin de tenter de relancer les négociations avec Téhéran et écarter la perspective de nouvelles frappes américaines.
afp/rr