29. Sep 2026
Description
Zurich (awp) - Après une chute de ses ventes, due notamment au relèvement de ses prix, Lindt & Sprüngli élague ses prévisions pour l'exercice en cours. Le retour à la croissance des volumes et prévu dès l'an prochain, grâce notamment à des baisses de prix.
"Les hausses de prix dues aux cours historiquement élevés du cacao ont entraîné, sur certains marchés européens, des volumes de commandes inférieurs aux prévisions", a regretté mardi le directeur général (CEO) Adalbert Lechner. En particulier en Allemagne, en Suisse et en Autriche.
Ces augmentations de prix décidées par le chocolatier industriel zurichois étaient cependant inévitables, "nous avons essayé de les limiter autant que possible, mais nous n'avions plus d'alternative au vu de l'évolution des prix des matières premières", a-t-il ajouté en conférence téléphonique. "Sans cela, l'évolution aurait été fatale."
Lindt & Sprüngli a ainsi ramené ses prévisions de croissance organique à une fourchette de 0 à 2%, contre 4 à 6% précédemment. Le groupe confirme par ailleurs son objectif d'amélioration de la marge opérationnelle (Ebit) de 20 à 40 points de base par rapport à l'année précédente.
Se préparer aux vagues de chaleur
En outre, la canicule estivale a eu un effet négatif sur les ventes en Europe, "de manière disproportionnée", avec un repli notable dans les enseignes de la marque. "Personne n'avait envie d'entrer dans une boutique dédiée au chocolat par 37 degrés."
L'entreprise dit se préparer à des températures globalement plus élevées durant les étés à venir. Ainsi, de nombreuses boutiques sont désormais équipées de bars à glaces ou proposent des produits réfrigérés. La croissance est toutefois restée solide en Amérique du Nord et en Asie.
Baisses de prix en vue
"Les prix du cacao ayant désormais reculé par rapport à leurs sommets historiques, la pression sur les coûts devrait se normaliser progressivement au cours des prochains mois", poursuit le CEO. Le groupe a d'ores et déjà procédé à des baisses de prix en Suisse et en Allemagne, où "il y avait là-bas une certaine urgence" à réagir, et cela s'est directement traduit par une augmentation des volumes de ventes.
Des baisses de prix plus importantes pourraient être décidées dès janvier. Les volumes de commandes pour les prochaines saisons de Pâques et de Noël devraient progresser.
Du côté des coûts, Lindt prévoit un ensemble de mesures, notamment d'optimisation de la chaîne d'approvisionnement. Le groupe compte aussi s'attaquer aux coûts indirects, hors matières premières et emballages. A ce stade, aucune suppression d'emplois n'est à l'ordre du jour.
Pour 2027, le groupe table sur une croissance positive des volumes, grâce à un ajustement des prix, ainsi qu'à des investissements accrus dans la marque et une gestion rigoureuse des coûts. Les objectifs chiffrés seront précisés au cours du premier trimestre.
A moyen terme, soit dès 2028, la direction ambitionne de générer une croissance organique du chiffre d'affaires de 6 à 8% et une amélioration annuelle de la marge Ebit de 20 à 40 points de base.
Boudé en Bourse
Cela n'a visiblement pas suffi à rassurer les investisseurs. Vers 10h15, le bon de participation fondait de 7,0% à 7950 francs, dans un SLI en hausse de 0,45%.
Ce nouveau coup de rabot dans les objectifs, le deuxième en l'espace de six mois, passe mal auprès des investisseurs. "Cela entache la réputation de Lindt, en ce qui concerne la fiabilité de ses prévisions qui était jusqu'ici l'un des piliers de sa forte valorisation", pointe Jean-Philippe Bertschy de Vontobel.
"Les investisseurs pourraient mettre du temps à digérer", ajoutent ses confrères d'UBS.
"Un retour de la croissance en volume constituerait un déclencheur important pour le titre, dont le cours a chuté de 37% depuis les sommets atteints en juin 2025, Mais l'incertitude à cet égard est plus forte que d'habitude", souligne de son côté Daniel Bürki de la Banque cantonale de Zurich (ZKB).
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