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Paris (awp/afp) - Un répit de courte durée: les taux d'intérêt américains repartent à la hausse jeudi, alors que se dissipe le soulagement provoqué par l'opération de soutien du gouvernement des Etats-Unis au marché obligataire, tandis que les Bourses mondiales reculent face aux prix élevés de l'énergie.
Vers 15h50 GMT, le rendement à échéance 30 ans des emprunts de l'Etat américain remontait à 5,25%, contre 5,19% la veille. A échéance 10 ans, il s'affichait à 4,71% contre près de 4,65% mercredi.
Les taux d'intérêt de la dette américaine ont flambé en début de semaine (5,34% en clôture mardi), en raison de craintes inflationnistes, de doutes sur sa soutenabilité, et de la concurrence croissante des géants de la tech qui recourent aussi massivement à l'emprunt pour financer l'IA.
Pour faire redescendre la pression, le ministère des Finances américain a annoncé mercredi son intention de doubler, à compter du 9 septembre, ses rachats d'obligations à long terme (de 10 à 30 ans) à au moins 4 milliards de dollars par opération, contre 2 milliards actuellement.
En d'autres termes, le Trésor cherchait à soutenir la liquidité du marché obligataire en rachetant davantage de dette à long terme, afin de faire baisser les rendements. Cette décision a d'abord ramené la calme et provoqué une baisse des taux.
Mais ce soulagement a été de courte durée.
"Les rachats ne s'attaquent pas aux raisons fondamentales pour lesquelles les rendements à long terme ont augmenté: l'ampleur des emprunts publics, l'incertitude budgétaire, la persistance des risques inflationnistes et une concurrence croissante pour les capitaux", rappelle Daniela Hathorn, de Capital.com.
L'opération ne modifie d'ailleurs pas le montant de la dette du gouvernement américain, qui a dépassé pour la première fois la barre des 40.000 milliards de dollars, selon les données publiées mercredi par le ministère des Finances.
En Europe, les taux restaient stables à des niveaux élevés. Le rendement à échéance dix ans de l'obligation allemande était à 3,26%, au même niveau que la veille en clôture. Son équivalent français était à 4,12%, contre 4,11% mercredi soir.
Des prix de l'énergie élevés
Dans ce contexte, l'heure est à la prudence sur les marchés boursiers mondiaux. En Europe, à la clôture, la Bourse de Paris a perdu 0,57% et Francfort 0,42%. Londres a fini proche de l'équilibre (+0,04%), tout comme Milan (+0,09%).
A Wall Street, les principaux indices évoluaient en baisse, vers 13H50 GMT: le Dow Jones cédait 0,85%, le S&P 500 0,43%, et le Nasdaq des valeurs technologiques perdait 0,94%.
D'autant que les signaux inflationnistes "restent inchangés", souligne Jochen Stanzl, analyste chez Consorsbank.
Les prix du pétrole sont toujours en hausse, après de nouvelles menaces du président américain, qui promet à l'Iran une "guerre économique" et un isolement sans précédent.
Vers 15h50 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord, référence mondiale du pétrole, prenait 2,22% à 93,65 dollars, et son équivalent américain, le WTI, gagnait 2,66% à 88,11 dollars le baril.
Côté gaz naturel, le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence européenne, s'affichait à plus de 65 euros le mégawattheure pour la première fois depuis mars (+3,12% par rapport à la veille).
Les réserves de gaz sont remplies à 61,61% en moyenne dans les pays de l'UE selon la plateforme européenne Aggregated Gas Storage Inventory (AGSI), soit "leur plus bas niveau saisonnier jamais enregistré" d'après les analystes de DNB.
Côté changes, le dollar restait stable (+0,00%) face à la monnaie unique européenne, à 1,1677 dollar pour un euro.
Walmart sanctionné
Côté entreprises, la place new-yorkaise a sanctionné le géant américain de la grande distribution Walmart (-9,55% à 103,41 dollars) malgré la révision à la hausse de ses prévisions annuelles et un deuxième trimestre meilleur qu'attendu.
Les ventes à périmètre comparable aux Etats-Unis ont progressé moins fortement qu'attendu, d'où la déception des investisseurs.
afp/lf