Les marchés soulagés par l'annonce d'un accord au Moyen-Orient

15. Jun 2026

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Paris (awp/afp) - Les marchés saluent lundi l'annonce d'un accord entre les États-Unis et l'Iran qui ramène les cours du pétrole au plus bas depuis mars, entraînant un recul du dollar et des taux, dans l'attente d'une signature vendredi.

Kevin Thozet, conseiller en gestion de portefeuille pour Carmignac, entrevoit une spirale vertueuse, avec un "pétrole plus bas et donc des taux (d'intérêt) en baisse" et "moins de craintes sur la croissance donc des actions en hausse", a-t-il détaillé à l'AFP.

C'est la première conséquence de l'accord de paix annoncé par le Pakistan, confirmé par Téhéran et Washington. "Que le pétrole coule à flot", a déclaré Donald Trump alors que les prix du pétrole reprennent la direction des cours en vigueur avant le lancement des hostilités le 28 février.

Le pétrole à 80 dollars le baril

Vers 12H40 GMT, le Brent de la mer du Nord reculait fortement (-5,06%) à 82,91 dollars le baril. Le WTI américain suivait la même tendance (-5,50% à 80,21 dollars le baril).

"C'est de loin le plus bas niveau depuis les premiers jours de la guerre", commente Ipek Ozkardeskaya, analyste pour Swissquote.

Ce mouvement "efface en quelques minutes plusieurs semaines de tension sur les marchés de l'énergie qui avaient fait monter le cours du pétrole jusqu'à 119 dollars le 9 mars dernier", souligne Xavier Girard, responsable du Conseil Expert de Milleis.

Les Bourses optimistes

L'annonce de l'accord de paix fouettait le moral des investisseurs à New York, encore ivres de l'entrée en Bourse vendredi de SpaceX, qui a épuisé tous les superlatifs et absorbé "une partie des liquidités disponibles", relève la banque privée Pictet.

Poursuivant sur sa lancée, le Nasdaq des valeurs technologiques devrait progresser de 2,13% à l'ouverture à 13H30 GMT, d'après les contrats à terme négociés avant la séance.

Le S&P 500 (+1,33%) et le Dow Jones des valeurs traditionnelles (+0,99%) devraient suivre la tendance.

Les mouvements du Nasdaq "ont été amplifiés par une activité record des investisseurs particuliers" analyse la banque privée Pictet, qui parle du maintien d'une "perspective favorable": "La liquidité demeure abondante, ce qui constitue un puissant soutien pour les actifs risqués".

En Europe, les investisseurs se montraient relativement optimistes à Paris (+1,25%), Francfort (+1,35%) et Milan (+0,98%), prenant des risques dans l'industrie automobile (Stellantis, +5,79%, Renault +5,98%) ou le secteur aérien (Lufthansa, +5,16%).

Londres en revanche plafonnait à l'équilibre (+0,09%),encaissant le recul des cours du brut et des prises de bénéfices dans les valeurs pétrolières (BP -3,80%, Shell -4,78%, TotalEnergies -4,83%, Eni -4,35%).

détente sur les taux

Autre conséquence du recul des prix du pétrole libellés en dollar: la monnaie américaine recule par rapport à l'euro. Vers 10H50 GMT (12H50 à Paris), le billet vert perdait 0,37% face à la monnaie unique européenne, à 1,1612 dollar pour un euro, et 0,17% face à la livre.

Sur le marché obligataire, l'annonce de l'accord a également provoqué un soulagement concernant les taux d'emprunt des Etats, qui avaient fortement augmenté depuis le début du conflit avec les risques d'inflation.

Lundi, le rendement du "Bund" allemand à dix ans affichait 2,95% contre 2,99% vendredi en clôture et son équivalent français suivait la même trajectoire (3,69% contre 3,73%).

"C'est aussi un vrai soulagement pour les sept banques centrales qui se réunissent cette semaine", observe Kevin Thozet, mentionnant les États-Unis, l'Angleterre, l'Australie...

L'accord annoncé par Donald Trump intervient en effet juste avant la première réunion de la Réserve fédérale sous la présidence de Kevin Warsh, sommé par le président américain de ne pas relever les taux.

Analyste pour Hargreaves Lansdown, Matt Britzman estime que "les marchés seront davantage attentifs à sa lecture de l'inflation et de l'emploi. Toute indication laissant entendre que l'inflation liée à la guerre est transitoire pourrait contribuer à apaiser les anticipations de hausse des taux".

"À la suite de l'excellent rapport sur l'emploi américain de mai, le marché monétaire n'exclut plus une hausse des taux de la Fed dès cette semaine", souligne cependant la banque privée Pictet.

afp/jh