Les marchés mondiaux tirés par la baisse du pétrole et la rencontre Trump/Xi

21. Sep 2026

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Paris (awp/afp) - L'humeur des marchés boursiers était à la prise de risques lundi matin, encouragée par la baisse du prix du pétrole, de retour vers le seuil psychologique des 100 dollars le baril, et la prochaine rencontre entre la Chine et les Etats-Unis.

"Le pétrole repasse sous 100 dollars, les investisseurs respirent", résument les analystes du gestionnaire de fonds Aurel.

Vers 08h00 GMT, le WTI américain avait déjà franchi ce seuil à 98,11 dollars le baril (-2,18%), alors que le Brent de la mer du Nord, référence du brut, s'échangeait à 101,63 dollars (-2,16%).

Aucune pause n'a pourtant été enregistrée ce week-end au Moyen-Orient sur le front de la guerre entre l'Iran et les Etats-Unis, lancée le 28 février par le président américain Donald Trump contre la République islamique.

Les Etats-Unis disent même redouter une "escalade rapide" après les attaques des Houthis du Yémen contre l'Arabie saoudite, dont la capitale a été visée pour la première fois depuis des mois par les rebelles yéménites pro-iraniens qui contrôlent le détroit de Bal El-Mandeb.

"Les exportations saoudiennes sont reparties à la hausse pour atteindre un peu plus de quatre millions de barils par jour en septembre, contre 2,4 millions en août, tandis que des rapports indiquaient qu'une partie de l'oléoduc Est-Ouest endommagé pourrait redémarrer rapidement", avance Florian Ielpo de la banque Lombard Odier pour expliquer la baisse des cours.

"Les flux passant par le détroit d'Ormuz ont repris partiellement, avec environ 2,8 millions de barils par jour observés sur les six derniers jours, contre 700.000 en août", ajoute John Plassard de Cité Gestion.

La visite d'Etat du président chinois Xi Jinping aux Etats-Unis de mercredi à vendredi alimente également l'optimisme des marchés.

Avant la rencontre, des responsables politiques américains et chinois se sont rencontrés dimanche pour des discussions sur le commerce, les droits de douane et l'IA.

"L'atmosphère jugée constructive apaise, au moins temporairement, les craintes des investisseurs quant à de nouvelles tensions politiques entre les deux premières économies mondiales", note Andreas Lipkow de CMC Markets.

L'optimisme a gagné les marchés asiatiques fortement exposés aux valeurs liées à l'IA (puces, mémoires, centres de données).

A Séoul, l'indice Kospi a modérément progressé (+1,65%), porté par ses deux principales valeurs (SK Hynix +0,59% et Samsung Electronics +4,98%).

En Europe, les marchés boursiers ont également commencé la journée à la hausse, malgré les tensions politiques en Allemagne et budgétaires en France.

A Francfort (+0,84%), les investisseurs semblaient indifférents aux difficultés du chancelier conservateur Friedrich Merz après les défaites de son parti dans deux scrutins régionaux et la progression de l'extrême droite de l'AfD.

A l'ouverture, les valeurs liées à l'IA, comme Infineon (+1,97%) et Siemens (+1,91%), étaient recherchées par les investisseurs.

Seule conséquence des élections, le groupe d'immobilier Vonovia (-0,76%) reculait après la victoire dimanche de Die Linke à Berlin. Le parti de gauche radicale demande l'expropriation des grands groupes immobiliers.

A Paris (+0,66%) les investisseurs oubliaient l'espace l'espace d'une journée les tensions sociales, alimentées par les prix toujours élevés du carburant, le niveau de la dette et du déficit, ainsi que l'envolée du taux d'intérêt à dix ans à un point de pourcentage au-dessus de la référence allemande.

La Société Générale (+3,61%) séduisait les investisseurs après avoir réhaussé ses objectifs de rentabilité et annoncé que sa banque en ligne BoursoBank voulait atteindre 14 millions de clients en 2029, contre 9,1 millions aujourd'hui.

Londres (+0,36%) compensait la baisse des valeurs pétrolières (BP -17,5% et Shell -0,58%) par la bonne tenue des minières (Antofagasta +2,64%).

Les taux d'intérêt se détendaient légèrement sur le marché obligataire.

L'écart entre le taux d'emprunt français à dix ans (4,47%) et son équivalent allemand (3,47%) restait d'un point de pourcentage, un seuil psychologique sur les marchés.

Le rendement à dix ans des bons du Trésor américains reculait légèrement (4,97%) contre 5% vendredi à la clôture.

afp/ib