Les marchés mondiaux tirés par la baisse du pétrole et la diplomatie

21. Sep 2026

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Paris (awp/afp) - L'humeur des marchés boursiers était à la prise de risques lundi, encouragée par la baisse des cours du pétrole, de retour vers le seuil psychologique des 100 dollars le baril, le prochain sommet Chine-États-Unis sur l'Intelligence artificiel (IA) et les droits de douane.

"Le pétrole repasse sous 100 dollars, les investisseurs respirent", résument les analystes du gestionnaire de fonds Aurel.

Vers 11H30 GMT, le WTI américain restait en dessous de ce palier à 97,77 dollars le baril (-2,52%), alors que le Brent de la mer du Nord, référence du brut, s'échangeait à 101,33 dollars (-2,52%).

Le marché mise sur l'Assemblée générale des Nations unies cette semaine à New York pour accélérer le retour à la normale dans les chaînes d'approvisionnement.

Donald Trump a déclaré dimanche qu'il serait probablement ouvert à l'idée de rencontrer le dirigeant iranien, Massoud Pezeshkian. Le président américain a également dit que Washington était en contact permanent avec les Houthis, les rebelles yéménites pro-iraniens qui contrôlent le détroit de Bab el-Mandeb.

L'Iran a de son côté annoncé dimanche avoir de nouveau transmis aux États-Unis ses conditions pour la réouverture du stratégique détroit d'Ormuz.

"Les exportations saoudiennes sont reparties à la hausse pour atteindre un peu plus de quatre millions de barils par jour en septembre, contre 2,4 millions en août, tandis que des rapports indiquaient qu'une partie de l'oléoduc Est-Ouest endommagé pourrait redémarrer rapidement", avance Florian Ielpo, de la banque Lombard Odier, pour expliquer la baisse des cours.

"Les flux passant par le détroit d'Ormuz ont repris partiellement, avec environ 2,8 millions de barils par jour observés sur les six derniers jours, contre 700'000 en août", ajoute John Plassard de Cité Gestion.

Trump va recevoir Xi

Confirmée par Pékin, la visite d'État du président chinois Xi Jinping aux Etats-Unis de mercredi à vendredi alimente également l'optimisme des marchés.

Avant la rencontre, des responsables politiques américains et chinois se sont rencontrés dimanche pour des discussions sur les droits de douane et l'IA.

"L'atmosphère jugée constructive apaise, au moins temporairement, les craintes des investisseurs quant à de nouvelles tensions politiques entre les deux premières économies mondiales", note Andreas Lipkow de CMC Markets.

L'optimisme fait le tour de la planète boursière.

A New York, deux des trois indices devaient ouvrir à la hausse d'après les contrats à terme (futures) à 11H30 GMT: Nasdaq Composite (+0,39%) et S&P 500 (+0,17%). Le Dow Jones est annoncé en baisse (-0,18%).

En Europe, le pétrole et la diplomatie permettaient aux marchés de passer outre les tensions politiques en Allemagne et budgétaires en France.

A Francfort (+1,19%), les investisseurs n'étaient pas concernés par le "désastre" électoral qui affaiblit le chancelier conservateur Friedrich Merz dans deux scrutins régionaux et la progression de l'extrême droite à travers l'AfD.

Les valeurs liées à l'IA, comme Infineon (+4,44%) et Siemens (+2,70%), étaient recherchées par les investisseurs.

Seule conséquence des élections, le groupe d'immobilier Vonovia (-1,44%) semblait accuser le coup de la victoire à Berlin de Die Linke (gauche radicale), qui demande l'expropriation des grands groupes immobiliers.

A Paris (+0,98%) les investisseurs oubliaient la morosité macro-économique ambiante (hausse des carburants, déficit, dettes, envolée des taux d'intérêt).

La Société Générale (+2,11%) séduisait les investisseurs après avoir annoncé que sa banque en ligne BoursoBank voulait atteindre 14 millions de clients en 2029, contre 9,1 millions aujourd'hui.

Londres (+1,07%) compensait la baisse des valeurs pétrolières (Shell -0,96%) par la performance de Metlen Energy (+6,47%) et Antofagasta (mines, +4,47%).

Les taux d'intérêt se détendaient légèrement sur le marché obligataire, où les bons du Trésor américains affichaient un rendement de 4,95%, contre 5% vendredi à la clôture.

L'écart entre le taux d'emprunt français à dix ans (4,45%) et son équivalent allemand (3,453%) restait de près d'un point de pourcentage, un autre seuil psychologique sur les marchés.

afp/ib