24. Jul 2026
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Paris (awp/afp) - Les Bourses mondiales reprennent goût au risque vendredi, encouragées par le recul des prix du pétrole malgré un risque géopolitique toujours présent.
Peu après 16h15, le Brent de la mer du Nord, référence du Brut s'échangeait à 97,18 dollars le baril (-3,49%) après avoir passé les 100 dollars la veille. Le WTI américain suivait la même tendance (-2,73% à 89,67 dollars).
Dans la nuit de jeudi à vendredi, les deux pays ont pourtant signalé de nouveaux échanges de frappes, signe d'une escalade qui ne faiblit pas depuis la reprise des affrontements le 7 juillet.
La guerre au Moyen-Orient bloque toujours le détroit d'Ormuz et menace celui de Bal el-Mandeb (mer Rouge), avec des attaques revendiquées jeudi sur des navires de l'Arabie saoudite par des rebelles houthis pro-iraniens.
"Les perturbations potentielles de l'offre (d'hydrocarbures, NDLR) auxquelles le marché est désormais confronté sont plus importantes qu'à n'importe quel autre moment depuis le début du conflit", estiment les analystes de ING.
"Non seulement les flux pétroliers transitant par le détroit d'Ormuz se sont pratiquement taris, mais des risques manifestes pèsent également sur les exportations saoudiennes transitant par la mer Rouge", poursuivent-ils.
"Certains navires transportant du pétrole saoudien traversent encore le détroit de Bab el-Mandeb", a toutefois indiqué à l'AFP Giovanni Staunovo, analyste d'UBS. "Pour l'instant, il ne s'agit pas d'un blocus total".
Reste qu'en juin, les exportations de pétrole brut saoudien depuis Yanbu, sur la mer Rouge, ont atteint en moyenne environ 4,6 millions de barils par jour, soulignent les analystes de ING.
Les Bourses mondiales soulagées
Le petit recul des prix du brut offre une respiration aux marchés d'actions, malgré le risque géopolitique bien présent.
Vers 14H15 GMT en Europe, la Bourse de Paris prenait 0,47%, Francfort 0,89%, Londres 0,69% et Milan 0,58%.
Sur la Bourse de New York, l'indice Nasdaq perdait 0,41%, le Dow Jones prenait 0,29% et l'indice élargi S&P 500 gagnait 0,09%.
Au tableau des valeurs, la baisse des prix du pétrole pèse sur le secteur. A Londres BP reculait de 0,99%, Shell de 0,82%. A Oslo, le géant Equinor perdait 1,99%. TotalEnergies (+0,04% à Paris) et Eni (-0,07% à Milan) restaient à l'équilibre vers 16h15.
"Cette baisse montre que le seul risque géopolitique n'a pas suffi à soutenir les actions liées au pétrole", estime Patrick Munnelly de Tickmill Group.
"Les investisseurs ont également pris en compte les perspectives d'offre, les risques pesant sur la demande et la possibilité que la hausse des prix observée plus tôt dans la semaine ait déjà intégré une grande partie du risque de perturbation immédiate", explique-t-il.
"Les banques, les sociétés d'investissement et certaines valeurs cycliques ont été en mesure de porter davantage le marché en cette fin de semaine", relève M. Munnelly.
A Madrid, Banco de Sabadell gagnait 3,35% et Banco Santander 2,29%. A Londres, HSBC prenait 1,14% et à Milan, Banco BPM montait de 2,15%. A Paris, Crédit Agricole s'octroyait 2,00% et BNP Paribas 1,33%.
Droits de douane
L'union européenne a par ailleurs accueilli vendredi avec soulagement les nouveaux droits de douane annoncés la veille par les Etats-Unis, après des inquiétudes liées à une amende qu'elle venait d'infliger au géant américain Google, et sur fond de relations mouvementées avec Donald Trump.
Le nouveau régime de taxes douanières annoncé par le gouvernement américain touchant une soixantaine d'économies respecte en effet, en ce qui concerne l'UE, le plafond de 15% qui figurait dans cet accord signé il y un an presque jour pour jour à Turnberry, en Ecosse.
La politique commerciale de Donald Trump "est venue ajouter une nouvelle source d'incertitude", souligne cependant Patrick Munnelly. "Ces mesures soulèvent des interrogations quant aux flux du commerce mondial, aux marges des entreprises et aux coûts des chaînes d'approvisionnement."
afp/cw