Les marchés mondiaux redressent la tête avant la BCE et l'inflation américaine

10. Sep 2026

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Paris (awp/afp) - Les marchés mondiaux se redressaient après leur forte baisse la veille, dans l'attente des commentaires de la Banque centrale européenne (BCE) sur l'inflation et de l'indice américain des prix à la production.

"Le marché jongle actuellement avec plusieurs risques : la géopolitique, les événements macroéconomiques et les évolutions dans le commerce lié à l'IA", résume l'analyste Kathleen Brooks de la plate-forme d'investissement XTB.

"Il n'y a pas de thème unificateur", ajoute-t-elle, rappelant que TSMC, le géant taïwanais des puces, avait annoncé un chiffre d'affaires en hausse de 53% sur un an et de 10% sur un mois en août.

"Il existe actuellement une économie à deux vitesses. D'un côté, le secteur de l'IA, avec les valeurs de semi-conducteurs qui continuent de flamber; de l'autre, l'économie réelle, qui est sous pression en raison de la hausse des coûts d'emprunt et des inquiétudes liées à l'inflation", ajoute-t-elle.

Dans l'économie réelle, les prix du brut se stabilisaient vers 11H30 GMT à plus de 100 dollars le baril pour le Brent de la mer du Nord (+0,48%, 101,70 dollars). Le WTI américain augmentait plus fortement (+1,03% à 97,04 dollars).

"Les investisseurs surveillent l'intensification des combats entre l'Arabie saoudite et les Houthis au Yémen, qui accroît les risques pesant sur l'approvisionnement énergétique", soulignent les analystes d'Aurel.

La hausse du pétrole nourrit des risques d'inflation, ce qui va conduire la BCE à relever ce jeudi son taux de dépôt de 0,25 point de pourcentage, à 2,5%, de l'avis général des analystes.

Suspendus à Christine Lagarde

Ayant anticipé ce deuxième resserrement monétaire de l'année en zone euro, les investisseurs attendent surtout la conférence de presse de la présidente de la BCE, Christine Lagarde.

"Les investisseurs chercheront à déceler la probabilité de nouvelles mesures de resserrement monétaire encore cette année, mais aussi l'an prochain", selon Andreas Lipkow de CMC Markets.

"Christine Lagarde pourrait-elle surprendre le marché et relativiser la perspective de hausses de taux successives pour la BCE ?", s'interroge Kathleen Brooks.

En attendant la BCE, puis la Réserve fédérale la semaine prochaine, les taux longs continuent de s'envoler sur le marché obligataire de la dette des Etats et des entreprises.

"Le rendement des bons du Trésor américain à 10 ans a atteint un pic à 4,83%, son plus haut niveau depuis novembre 2023", rappelle Ipek Ozkardeskaya dans sa note quotidienne aux clients de Swissquote.

"L'annonce du Trésor américain, qui a indiqué qu'il triplerait le montant initial de ses rachats d'obligations jusqu'à 6 milliards (...) n'a rien changé", ajoute-t-elle.

Les Etats-Unis vivent dans l'attente de deux indicateurs d'inflation jeudi (prix à la production) et vendredi (prix à la consommation), qui pèseront dans la décision de la réunion de la Réserve fédérale mercredi prochain d'augmenter ou non ses taux.

En France, le taux à dix ans se maintenait à près de 4,34% contre 3,44% en Allemagne, sur fond d'inquiétude croissante concernant la dette française (117% du PIB), le budget 2027 et l'élection présidentielle de mai prochain.

Meta dopée par Muse (IA)

En Europe, les marchés boursiers semblaient attendre la réunion de la BCE avant de prendre une décision claire.

Vers 13h20, Paris (+0,18%) compensait à peine son fort recul de la veille (-1,94%). Francfort (-0,03%) était à l'équilibre négatif et Londres (-0,31%) reculait, plombée par le dévissage d'AB Foods (-10,92%) qui a révisé ses prévisions dans le sucre, et la baisse d'Antofagasta (mines, -5,12%). Seule Milan progressait franchement (+0,36%). A Zurich, le SMI gagnait 0,23%.

En Asie, à la Bourse de Tokyo, l'indice star Nikkei a clôturé en petite hausse de 0,20%. A Séoul, l'indice Kospi a lâché 0,25%, la Bourse de Taipei 0,51% et celle de Sydney 1,03%.

La situation était mitigée à New York, où le Dow Jones devait ouvrir en hausse (+0,21%), le S&P à l'équilibre (+0,03%) et le Nasdaq 100 en recul (-0,35%), d'après les contrats à terme.

La veille, les trois indices avaient reculé (Dow Jones -0,77%, Nasdaq -0,64% et S&P 500 -0,48%).

Au tableau des valeurs, Meta avait cependant progressé de 6,55%, à 653,69 dollars, après avoir lancé son assistant dopé à l'intelligence artificielle, Muse, venant concurrencer les offres similaires d'OpenAI, avec ChatGPT, et Anthropic, avec Claude. En revanche, la présentation d'un premier iPhone pliable a été sans effet sur l'action d'Apple (-0,28%).

afp/rr