Les marchés mondiaux prudents, entre risques géopolitiques et IA

27. fév 2026

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Paris (awp/afp) - Les marchés mondiaux s'inquiètent vendredi, à la fois des conséquences du développement de l'intelligence artificielle (IA) dans l'économie et de la résurgence du risque géopolitique, alors que l'Iran se trouve sous forte pression militaire des Etats-Unis.

Dans les premiers échanges à Wall Street, le Dow Jones lâchait 1,51%, le Nasdaq 0,98% et le S&P 500 0,85%, toujours plombés par les doutes autour de l'IA.

Depuis plusieurs semaines, les marchés s'inquiètent de la rentabilité future des dépenses colossales des géants de la tech dans le développement de l'IA. Les craintes concernent également les conséquences de cette nouvelle technologie sur le modèle économique de nombreux secteurs, comme celui des logiciels.

"Nous restons dans un moment de grande incertitude quant à savoir qui seront les gagnants et les perdants de l'adoption de l'IA", a souligné Ipek Ozkardeskaya, analyste de Swissquote Bank. "Nous ne savons pas à quelle vitesse tout cela va se dérouler mais la volatilité devrait persister en raison de la faible visibilité", a-t-elle relevé.

Vers 15H20 GMT en Europe, les places européennes s'inscrivaient également en baisse: Paris -0,69%, Francfort -0,35% et Milan -0,44%.

La Bourse de Londres s'affichait en hausse de 0,35%, profitant de la hausse des prix des matières premières, et Zurich accélérait de 0,68%.

"Les valeurs minières ont aussi contribué à la hausse" de l'indice référence de la place londonienne, a expliqué Neil Wilson, analyste de Saxo Markets. Le titre du producteur d'or et d'argent mexicain Fresnillo grimpait de 4,78%, le groupe canadien Endeavour Mining gagnait 2,90%, la compagnie minière Hochschild prenait 4,47%, Antofagasta 1,62% et Anglo American 1,52%.

Le risque géopolitique pousse le pétrole

"Sur le front géopolitique, les discussions américano-iraniennes à Genève ont provoqué une forte volatilité", a noté Jim Reid, économiste de la Deutsche Bank.

Ces discussions sous médiation omanaise étaient perçues comme l'une des dernières chances pour éviter une guerre, alors que les Etats-Unis ont opéré leur plus important déploiement militaire au Moyen-Orient depuis des décennies.

Cependant, les Etats-Unis ont recommandé vendredi au personnel non essentiel de leur ambassade à Jérusalem de quitter Israël, laissant présager la mise en oeuvre de leurs menaces de frappes.

Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a exhorté vendredi Washington à éviter "toute exigence excessive".

Les analystes matières premières du cabinet SEB, Bjarne Schieldrop et Ole R. Hvalbye, notent "une pression supplémentaire", car "le Congrès américain doit voter une résolution susceptible d'empêcher la Maison-Blanche d'entrer en guerre contre l'Iran sans autorisation du Congrès,", d'après le New York Times.

"Si Trump envisage sérieusement une attaque contre l'Iran, il pourrait devoir faire ce choix explicitement avant le vote de mardi, faute de quoi il pourrait perdre la possibilité de lancer une attaque sans l'approbation du Congrès", poursuivent-ils.

Vers 15H20 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord gagnait 2,52% à 72,70 dollars, quand celui de son équivalent américain, le WTI, prenait 2,82% à 67,02 dollars.

Les valeurs pétrolières profitaient de la hausse des cours du brut: Shell (+1,44%) et BP (+0,92%) montaient à Londres, ENI gagnait 1,62% à Milan et Exxon Mobil prenait 1,26% à New York vers 15H00 GMT.

Netflix renonce à racheter Warner Bros

Netflix a déclaré jeudi refuser de relever son offre de rachat du groupe de cinéma et de télévision Warner Bros Discovery (WBD) face à celle de son concurrent Paramount Skydance, estimant que l'opération n'était plus financièrement attractive.

C'est un coup de théâtre majeur dans ce dossier à rebondissements qui dure depuis plus de cinq mois. Paramount Skydance, premier à avoir soumis une proposition de reprise, dès septembre, n'avait jamais été considéré comme favori jusqu'ici.

"Cette décision supprime un important facteur d'incertitude pour le titre" Netflix, a noté Neil Wilson.

Dans les premiers échanges à Wall Street, Netflix grimpait de 8,27%, WBD lâchait 2,07% et Paramount Skydance s'envolait de 6,93%.

afp/al