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Paris (awp/afp) - Après l'euphorie de la veille, les marchés mondiaux restent optimistes mais prudents quant à la possibilité d'un accord de paix entre les États-Unis et l'Iran après des avancées diplomatiques, sur fond de baisse de prix du brut.
Les prix du brut cèdent encore du terrain "après une forte baisse (la veille), alors que les investisseurs évaluent les chances d'un accord de paix au Moyen-Orient et d'une réouverture progressive du détroit d'Ormuz", passage stratégique par lequel transitait environ 20% de l'offre mondiale d'hydrocarbures, résume Matt Britzman, analyste chez Hargreaves Lansdown.
Vers 12h15 GMT, le Brent de la mer du Nord, référence mondiale du brut, perdait 3,06% à 98,17 dollars le baril. Son équivalent américain, le WTI, cédait 3,28% à 91,96 dollars le baril.
Donald Trump a jugé mercredi "très possible" un accord de paix avec l'Iran, générant une chute du pétrole, même s'il a de nouveau agité la menace d'une reprise des bombardements.
Le principal négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a lui estimé que Washington cherchait à forcer la "reddition" de Téhéran par une "nouvelle stratégie" visant à "détruire la cohésion du pays".
"Les marchés pétroliers restent donc partagés entre le soulagement de voir émerger une voie diplomatique et la prudence face à un choc d'approvisionnement qui n'est pas encore terminé", souligne M. Britzman.
Les marchés d'actions dans l'attente
"Cette combinaison de recul des craintes géopolitiques et d'espoirs de progrès diplomatiques a provoqué hier une forte baisse du dollar américain et contribué à une nouvelle hausse des marchés actions mondiaux", note Fawad Razaqzada, analyste marchés pour Forex.com.
Jeudi, "les marchés continuent d'espérer le meilleur concernant le Moyen-Orient, mais les actions européennes évoluent avec un ton plus prudent jeudi, malgré un contexte globalement favorable", commente Kathleen Brooks, directrice de recherche pour le courtier XTB.
En Europe, vers 12h15 GMT, la Bourse de Paris et celle de Francfort perdaient 0,17%, Londres cédait 0,64% et Milan 0,04%.
A Wall Street, les contrats à terme des trois principaux indices laissaient pour leur part présager une ouverture en petite hausse.
"Les espoirs d'un cessez-le-feu au Moyen-Orient ont alimenté un regain d'appétit pour le risque cette semaine", rappelle Daniela Hathorn, de Capital.com.
Et aux États-Unis, "ce mouvement intervient sur un terrain déjà favorable: les actions américaines étaient déjà orientées à la hausse avant ce catalyseur, portées par une saison de résultats d'entreprises qui dépasse largement les attentes du début d'année", poursuit-elle. Et ce, en particulier dans le secteur de la tech et de l'intelligence artificielle (IA).
Pour Mme Hathorn, "le thème de l'IA, qui s'était essoufflé durant une grande partie du début d'année, montre des signes de reprise, les valeurs liées aux semi-conducteurs et aux infrastructures retrouvant de l'intérêt à mesure que les investisseurs réévaluent l'ampleur et la durabilité des dépenses d'investissement dirigées vers cette thématique".
Soulagement sur le marché des taux
La détente se poursuit légèrement sur le marché de la dette des États après le fort soulagement de la veille, les rendements obligataires poursuivant leur baisse avec la réduction du risque inflationniste.
Le rendement du "Bund", le taux d'emprunt allemand à échéance dix ans, référence en Europe, s'affichait à 2,98% contre près de 3% la veille à la clôture. Son équivalent français s'établissait à 3,60% contre 3,62% mercredi soir.
Par ailleurs, "l'anticipation d'un apaisement du conflit a entraîné une baisse du dollar" avec la réduction des craintes d'un choc inflationniste, note Jim Reid, économiste à la Deutsche Bank.
Vers 12h15 GMT, le dollar cédait encore 0,19% face à la monnaie unique, à 1,1770 dollar pour un euro.
"Des prix de l'énergie plus faibles renforcent l'idée que les pressions inflationnistes pourraient continuer à ralentir, offrant potentiellement davantage de flexibilité" aux grandes banques centrales pour leur politique monétaire, rappelle Fawad Razaqzada, calmant ainsi les anticipations de hausses de taux à venir.
afp/lf