Il y a 7 heures
Description
Paris (awp/afp) - Les marchés mondiaux restaient optimistes jeudi, après l'euphorie de la veille, soutenus par les espoirs de paix entre Washington et Téhéran et de solides résultats d'entreprises, malgré l'absence d'accord concret pour le moment.
Les investisseurs continuent de "suivre les négociations entre les Etats-Unis et l'Iran, avec la réouverture durable du détroit (d'Ormuz, passage stratégique par lequel transitait environ 20% de l'offre mondiale d'hydrocarbures, ndlr) en ligne de mire", résument les analystes de Natixis. En Europe, dans les premiers échanges, vers 09h40, la Bourse de Paris prenait 0,46%, Francfort 0,16% et Milan 0,08%. La Bourse suisse progressait elle vers 10h20 de 0,30%.
Seule Londres cédait 0,40%, "les investisseurs tournant désormais leur attention vers les élections locales", avec "l'anticipation d'un résultat difficile pour le parti travailliste", explique Matt Britzman, analyste chez Hargreaves Lansdown.
En Asie, l'indice vedette de la Bourse de Tokyo, le Nikkei, a terminé sur un bond de 5,58%, rattrapant les nouvelles des derniers jours, pour sa première séance après trois jours fériés au Japon.
Donald Trump a jugé mercredi "très possible" un accord de paix avec l'Iran, générant une chute du pétrole, même s'il a de nouveau agité la menace d'une reprise des bombardements. Cette annonce a aussi fait bondir les indices boursiers. Le principal négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a, lui, estimé que Washington cherchait à forcer la "reddition" de Téhéran par une "nouvelle stratégie" visant à "détruire la cohésion du pays".
Hong Kong prenait 1,71%, dans les derniers échanges. Les bourses de Shanghai (+0,48%) et Shenzhen (+1,18%), ou encore l'indice Kospi à Séoul (+1,43%) ont également progressé, dans le sillage de Wall Street, où le S&P 500 et le Nasdaq, dominé par la technologie, ont terminé mercredi à des niveaux records pour la deuxième séance consécutive.
Ces sommets s'expliquent notamment "par de solides résultats des fabricants de puces, renforçant encore la croissance liée à l'intelligence artificielle", note Ipek Ozkardeskaya, analyste de Swissquote.
Les nombreux excellents "résultats d'entreprises et les espoirs de désescalade au Moyen-Orient ont constitué un cocktail particulièrement favorable pour les marchés actions", souligne M.Britzman. "Tout cela est très positif, mais rien ne garantit que cela durera", tempère Mme Ozkardeskaya. "Nous avons déjà eu des propositions de paix et (fortes hausses) sur les marchés ces dernières semaines, et tous se sont soldés par des déceptions."
Le pétrole oscille autour des 100 dollars
Côté marchés pétroliers, les prix du brut cèdent encore du terrain "après une forte baisse et évoluent toujours dans une fourchette de 95 à 100 dollars le baril, alors que les investisseurs évaluent les chances d'un accord de paix au Moyen-Orient et d'une réouverture progressive du détroit d'Ormuz", résume Matt Britzman,
"Les marchés pétroliers restent donc partagés entre le soulagement de voir émerger une voie diplomatique et la prudence face à un choc d'approvisionnement qui n'est pas encore terminé, les exportations américaines records montrant que les acheteurs cherchent déjà activement des alternatives d'approvisionnement", souligne M. Britzman.
Peu après 10h20, le Brent de la mer du Nord, référence mondiale du brut, perdait 1,1% à 100,12 dollars le baril, après être auparavant passé sous la barre des 100 dollars. Son équivalent américain, le WTI, cédait également 1,1% à 93,94 dollars le baril.
Soulagement sur le marché des taux
La détente se poursuit également sur le marché de la dette des Etats, les rendements obligataires poursuivant leur baisse avec la réduction du risque inflationniste. Le rendement du "Bund", le taux d'emprunt allemand à échéance dix ans, référence en Europe, s'affichait à 2,97% contre près de 3% la veille à la clôture. Son équivalent français s'établissait à 3,59% contre 3,62 mercredi soir.
Par ailleurs, "l'anticipation d'un apaisement du conflit a entraîné une baisse du dollar" avec la réduction des craintes d'un choc inflationniste, note Jim Reid, économiste à la Deutsche Bank.
Vers 09h30, le dollar cédait encore 0,16% face à la monnaie unique, à 1,1767 dollar pour un euro.
afp/vj