Les marchés mondiaux dans le vert après la hausse des taux de la Fed

17. Sep 2026

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Paris (awp/afp) - Une fois n'est pas coutume, les marchés mondiaux saluaient jeudi le resserrement monétaire annoncé la veille par la Réserve fédérale américaine (Fed) malgré les pressions de Donald Trump.

La détente des taux longs, la baisse du pétrole et le statu quo monétaire en Angleterre achevaient de dérider l'humeur des investisseurs.

"C'est l'une des premières fois où je vois la hausse des taux saluée par les marchés des actions", a constaté à l'AFP Pierre-Alexis Dumont, directeur des investissements chez Sycomore AM, au sujet de la décision prise la veille par la Fed à l'unanimité.

"Cette décision renforce l'indépendance de la Fed et conforte sa volonté de rester vigilante sur l'inflation. C'était dans l'intérêt de l'ensemble des marchés financiers", a-t-il ajouté.

"Ce n'est pas tant la hausse des taux elle-même qui a soulagé le parquet, mais plutôt la perspective d'une ligne de politique monétaire à nouveau compréhensible et claire aux États-Unis", a indiqué Andreas Lipkow de CMC Markets.

"Les investisseurs ont pleinement intégré trois nouvelles hausses de taux de la Fed d'ici l'été prochain", ont estimé les économistes de la Deutsche Bank.

Les gouverneurs de la Fed ont augmenté les taux d'un quart de point pour atteindre une fourchette comprise entre 3,75% et 4%.

L'inflation est "trop élevée, depuis trop longtemps", s'est justifié le président de la Fed, Kevin Warsh, alors que Donald Trump a dénoncé une décision destinée à lui nuire, prise pour des "raisons politiques".

En Europe, la Banque d'Angleterre a annoncé jeudi un statu-quo monétaire mais a remonté ses prévisions d'inflation en raison de l'envolée des prix de l'énergie due à la guerre au Moyen-Orient.

"Nous anticipons désormais une hausse préventive de 25 points de base en novembre 2026", selon Thuy Van Hebinck-Pham, économiste chez Groupama AM. "Nous n'anticipons toutefois pas le début d'un nouveau cycle de hausses".

Dans ce contexte, Londres (+1,19%) a progressé plus fortement que les marchés continentaux, emmenée par l'énergie (SSE +3,67%) et les minières (Endeavour, or, +3,61%).

Francfort n'a pas été en reste (+0,70%), tirée par l'automobile qui compensait son recul de la veille (Volkswagen +2,74%, Mercedes-Benz +1,83% et BMW +1,74%).

Sur un indice secondaire (le MDAX), le groupe de services industriels Bilfinger a chuté (-21,44%) après un avertissement sur résultats et l'annonce de 1.500 suppressions de postes, invoquant l'impact prolongé du conflit au Moyen-Orient et une activité plus faible qu'attendu.

Paris (+0,57%) a également bénéficié du rebond du secteur automobile (Stellantis +2,43% et Renault +2,41%) en plus des performances d'Eurofins (santé +2,92%) et Schneider Electric (+2,76%).

EssilorLuxottica (-2,52%) a encaissé la plus mauvaise performance de la journée, sur fond d'inquiétudes éthiques concernant l'usage des lunettes connectées (atteinte à la vie privée, espionnage...).

A New York, les trois indices de Wall Street étaient également orientés à la hausse vers 16H15 GMT qu'il s'agisse du Nasdaq Composite (+1,61%), du Dow Jones (+0,69%) ou du S&P 500 (+1,11%).

- Le pétrole souffle -

En parallèle de la Fed, les marchés boursiers profitent de l'accalmie sur les prix de l'énergie.

Vers 16H15 GMT, le Brent de la mer du Nord, la référence mondiale, accélérait sa baisse (-2,49% à 103,19 dollars le baril), et son équivalent américain, le WTI, lâchait 1,59% à 100,80 dollars le baril.

Le marché fait preuve d'un regain d'optimisme sur la capacité de l'Arabie saoudite à maintenir ses exportations, malgré les hostilités qui se poursuivent au Moyen Orient (fermeture d'oléoduc, contrôle du détroit de Bab el-Mandeb par les rebelles yéménites houthis pro-iraniens).

- Accalmie sur les taux -

"Depuis trois semaines, les marchés actions souffraient à cause du marché des taux", a rappelé Pierre-Alexis Dumont, directeur des investissements chez Sycomore AM.

Ces taux ont baissé jeudi, à mesure que le marché assimilait la décision de la Fed que les investisseurs jugent équilibrée.

"M. Warsh a adopté un ton belliciste et s'est montré ferme sur la question de l'inflation, tout en saluant la vigueur de l'économie", a souligné Christophe Boucher, directeur des investissements chez ABN AMRO Investment Solutions.

Vers 16H15 GMT, le taux d'emprunt américain à 10 ans s'affichait à 4,94%, contre 5,02% mercredi à la clôture.

En Europe, le "10 ans" français reculait légèrement à 4,44% contre 4,46% la veille tout comme le "Bund" allemand (3,47% contre 3,50%).

L'attention des marchés se tourne désormais vers la Banque du Japon (BoJ) qui annoncera vendredi sa décision de politique monétaire.

afp/ib