24. Jun 2026
Description
Paris (awp/afp) - Les Bourses mondiales attendent mercredi les résultats trimestriels de Micron (semi-conducteurs) à New York, baromètre du mouvement de défiance envers les valeurs de la tech et de l'IA observé depuis le début de la semaine.
"Les résultats de Micron - plus précisément, la réaction du marché à ces résultats - pourraient déterminer la prochaine trajectoire pour la tech : poursuite de la hausse ou fin de la partie?", résume Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote.
Micron (cartes mémoires, stockage de données) a récemment intégré le club des capitalisations à plus de 1000 milliards de dollars. La veille à Wall Street, le titre a subi une prise de bénéfices avant l'annonce de ses résultats (-13,18%).
Micron a tiré vers le bas l'ensemble de l'indice Nasdaq à dominante technologique, qui a encore reculé (-2,21%), plus fortement que l'indice élargi S&P 500 (-1,44%) et le Dow Jones (-0,09%).
Les semi-conducteurs - qui portent Wall Street depuis plusieurs mois - ont été particulièrement touchés, à l'image de Micron mais aussi Sandisk (-13,64%), Intel (-6,14%), AMD (-5,76%), Qualcomm (-8,01%) et le mastodonte Nvidia (-4,15%).
Le titre de SpaceX s'est légèrement repris (+0,98%) après une émission d'obligations de 25 milliards de dollars.
"Les investisseurs s'interrogent sur la rentabilité future des dépenses massives d'infrastructure", résument les experts de la banque d'investissement Aurel.
"Les actions technologiques, en particulier celles qui ont flambé, sont malmenées en raison de leurs dépenses massives en IA, de plus en plus financées par l'endettement (...), et des perspectives de hausse des taux d'intérêt, qui augmenteront le coût de la dette dans les mois à venir", ajoute Ipek Ozkardeskaya.
En Asie, la Bourse de Séoul, l'une des capitales des valeurs de la tech, a rebondi mercredi après son effondrement de la veille.
L'indice sud-coréen Kospi a ainsi clôturé en hausse de 3,26% à 8.471 points, notamment tiré par un rebond des géants des puces mémoire Samsung (+9% dans les derniers échanges) et SK hynix (+2,8%). Ces deux titres avaient plongé de quelque 12% mardi.
Moins dépendantes des valeurs de la technologie, les Bourses européennes intégraient d'autres informations de marché dans leurs logiciels de prises de décisions (baisse du pétrole, projet d'entrée en bourse du groupe franco-allemand KNDS).
Vers 08h00 GMT, la Bourse de Paris surmontait timidement son aversion aux risques des trois derniers jours (+0,10%) et Londres hésitait sur la marche à suivre (+0,04%).
Francfort reculait plus franchement (-0,67%), emporté par le mouvement de prise de bénéfices sur le titre du géant industriel RheinMettall (-13,87% à 1004,80 euros) après des informations sur l'abandon d'un contrat naval en Allemagne.
La peur d'une correction ou pire d'une explosion de la bulle IA relègue au second plan la baisse continue des prix du pétrole, vecteur de toutes les inquiétudes d'inflation depuis le lancement de la guerre contre l'Iran par les Etats-Unis et Israël le 28 février.
Vers 08h00 GMT, le Brent de la mer du nord, référence du brut, s'échangeait à 76,14 dollars (-1,22%), et le WTI américain suivait la même tendance (72,34 dollars, -1,19%).
"Les investisseurs considèrent que le risque d'une interruption majeure de l'offre au Moyen-Orient continue de s'estomper. Les marchés ont favorablement accueilli la poursuite des discussions entre les États-Unis et l'Iran, malgré des divergences persistantes sur plusieurs aspects sensibles du dossier nucléaire", résume John Plassard de Cité Gestion.
Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio a encore exclu mardi l'imposition par l'Iran de frais de passage dans le détroit d'Ormuz, point d'achoppement des discussions entre les deux pays, tout comme le programme nucléaire ou les conditions du dégel des avoirs iraniens.
Le dollar continuait de s'apprécier par rapport à l'euro (1,1359 dollars pour un euro, contre 1,1382 la veille).
En Europe, les taux d'emprunts des grands Etats continuaient de se détendre, avec le discours plus souple de la Banque centrale européenne (BCE) (2,90% pour le "Bund" allemand à 10 ans contre 2,92% la veille, 3,66% contre 3,68% pour son équivalent français).
afp/lf