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Paris (awp/afp) - Les marchés mondiaux saluent lundi l'annonce de la signature prochaine d'un accord entre les États-Unis et l'Iran qui ramène les cours du pétrole au plus bas depuis mars.
Kevin Thozet, conseiller en gestion de portefeuille pour Carmignac, entrevoit une spirale vertueuse, avec un "pétrole plus bas et donc des taux (d'intérêt) en baisse" et "moins de craintes sur la croissance donc des actions en hausse", a-t-il détaillé à l'AFP.
C'est la première conséquence de l'accord de paix annoncé par le Pakistan, confirmé par Téhéran et Washington. "Que le pétrole coule à flot", a déclaré Donald Trump alors que les prix du pétrole reprennent la direction des cours en vigueur avant le lancement des hostilités le 28 février.
Le pétrole à 80 dollars le baril
Sur les marchés de l'énergie, "les investisseurs s'empressent de réduire une partie de la prime de risque qui s'était accumulée (...) ces derniers mois", remarque Daniela Hathorn, analyste à Capital.com.
"L'impact le plus immédiat s'est observé sur le pétrole, dont les prix ont fortement chuté en raison des anticipations selon lesquelles le détroit d'Ormuz sera et restera ouvert, et que le risque d'une perturbation prolongée de l'approvisionnement s'est atténué", poursuit-elle.
Vers 14H00 GMT, le Brent de la mer du Nord, référence mondiale du pétrole, reculait fortement (-5,04% à 82,93 dollars le baril). Le WTI américain suivait la même tendance (-5,34% à 80,35 dollars le baril).
"C'est de loin le plus bas niveau depuis les premiers jours de la guerre", commente Ipek Ozkardeskaya, analyste pour Swissquote.
Les Bourses dans le vert
"Les marchés actions ont également réagi favorablement, en particulier en Europe et en Asie, davantage dépendantes des importations d'énergie et donc plus sensibles aux conséquences inflationnistes de la hausse des prix du pétrole", souligne Mme Hathorn.
En Europe, vers 14H00 GMT, Paris prenait 0,92%, Francfort 1,37% et Milan 0,61%.
Seule Londres se repliait de 0,25%, en raison de la forte exposition de son indice phare, le FTSE 100, aux valeurs énergétiques.
A Wall Street, dans les premiers échanges, l'indice Nasdaq prenait 2,44%, l'indice élargi S&P 500 gagnait 1,54% tandis que le Dow Jones progressait de 1,09%.
Côté valeurs, les grands groupes pétroliers comme BP (-4,77%) ou Shell (-5,42%) à Londres, TotalEnergies (-5,30%) à Paris, Eni (-4,95%) à Milan ou Equinor (-7,18%) à Oslo, dévissent de concert. La baisse des cours du pétrole pèse mécaniquement sur leurs perspectives de bénéfices.
A Wall Street également, Chevron chutait de 4,82%, ConocoPhillips de 4,78% et Exxon Mobil de 6,05% vers 14H00 GMT.
Au contraire, la baisse des prix du brut profite sans surprise au secteur automobile comme au reste des industriels pour qui l'énergie reste un important poste de dépenses.
En Europe, chez les constructeurs auto, Stellantis (+5,47%) et Renault (+5,37%) exultaient à Paris. A Francfort, BMW prenait 3,64%, Mercedes-Benz 3,38% et Volkswagen 3,10%.
A Wall Street, General Motors gagnait 3,26% et Ford 2,69%.
Le dollar s'enfonce, les taux baissent
Dans ce contexte, le billet vert cédait 0,40% face à la monnaie unique, à 1,1616 dollars pour un euro.
Il avait jusqu'ici profité de l'envolée des prix de l'or noir, en tant que devise permettant de le négocier, d'autant que les États-Unis demeurent moins dépendants du Golfe pour leur importations d'hydrocarbures que d'autres pays.
Sur le marché obligataire, le soulagement se faisait également sentir: le rendement du "Bund" allemand à dix ans affichait 2,95% contre 2,99% vendredi en clôture et son équivalent français suivait la même trajectoire (3,69% contre 3,73%).
La signature prévue d'un accord sur la fin de la guerre au Moyen-Orient "a également des implications importantes pour les anticipations concernant les banques centrales", souligne Daniela Hathorn.
"Avant cet accord, les investisseurs s'inquiétaient de plus en plus du fait que la hausse des coûts de l'énergie puisse alimenter des pressions inflationnistes plus larges et potentiellement contraindre les décideurs monétaires à resserrer davantage leur politique", explique-t-elle. La baisse des prix du pétrole n'élimine pas totalement les risques d'inflation, mais les rend moins urgents.
"Cela est particulièrement pertinent cette semaine, alors que la Réserve fédérale américaine (Fed) tient sa première réunion sous la présidence de son nouveau président, Kevin Warsh", rappelle-t-elle.
afp/cw