Les marchés européens temporisent en attendant la BCE

10. Sep 2026

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Paris (awp/afp) - Les marchés européens se remettaient jeudi de leur forte baisse la veille, dans l'attente de la réunion de la Banque centrale européenne (BCE) et des chiffres de l'inflation américaine, les yeux tournés vers les taux d'intérêt.

"Le marché jongle actuellement avec plusieurs risques : la géopolitique, les événements macroéconomiques et les évolutions dans le commerce lié à l'IA", résume l'analyste Kathleen Brooks de la plate-forme d'investissement XTB.

"Il n'y a pas de thème unificateur : par exemple, TSMC, le plus grand fabricant de puces sous contrat au monde, a annoncé que son chiffre d'affaires avait atteint un niveau record en août, en hausse de 53% sur un an et de 10% sur un mois", ajoute-t-elle. "Cela laisse penser que la demande pour les infrastructures d'IA reste forte, malgré un contexte difficile, et cette nouvelle devrait soutenir le secteur des semi-conducteurs jeudi".

Les prix du brut se stabilisaient vers 10h00 à plus de 100 dollars le baril pour le Brent de la mer du nord (+0,03%, à 101,24 dollars), sur la même tendance que le WTI américain (+0,16%, à 96,20 dollars).

"Les investisseurs surveillent l'intensification des combats entre l'Arabie saoudite et les Houthis au Yémen, qui accroît les risques pesant sur l'approvisionnement énergétique", soulignent les analystes d'Aurel.

La hausse du pétrole nourrit des risques d'inflation, ce qui va conduire la Banque centrale européenne (BCE) à relever ce jeudi son taux de dépôt de 25 points de base à 2,5%, de l'avis général des analystes.

Que va dire Christine Lagarde?

Ayant anticipé ce deuxième resserrement monétaire de l'année en zone euro, les investisseurs suivront surtout la conférence de presse de la présidente de la BCE, Christine Lagarde.

"Les investisseurs chercheront à déceler la probabilité de nouvelles mesures de resserrement monétaire encore cette année, mais aussi l'an prochain", selon Andreas Lipkow de CMC Markets.

"Christine Lagarde pourrait-elle surprendre le marché et relativiser la perspective de hausses de taux successives pour la BCE?", s'interroge Kathleen Brooks.

"Il lui serait difficile de signaler un cycle de resserrement monétaire de long terme alors que la volatilité du marché obligataire est déjà aussi élevée", ajoute-t-elle.

Les taux longs continuent en effet de s'envoler sur le marché obligataire de la dette des Etats et des entreprises, avant la réunion de la BCE, puis celle de la Réserve fédérale américaine la semaine prochaine.

"Le rendement des bons du Trésor américain à 10 ans a atteint un pic à 4,83%, son plus haut niveau depuis novembre 2023", rappelle Ipek Ozkardeskaya dans sa note quotidienne aux clients de Swissquote.

"L'annonce du Trésor américain, qui a indiqué qu'il triplerait le montant initial de ses rachats d'obligations jusqu'à 6 milliards de dollars de titres en circulation arrivant à échéance dans le segment de 10 à 20 ans, n'a rien changé", ajoute-t-elle.

Les Etats-Unis vivent dans l'attente de deux indicateurs d'inflation jeudi (production) et vendredi (consommation), qui pèseront dans la décision de la réunion de la banque centrale mercredi prochain.

En France, les taux à dix ans ont bondi à 4,34% mercredi, sur fond d'inquiétude croissante concernant la dette souveraine (117% du PIB), le budget 2027 et les élections de mai prochain.

Meta dopée par Muse (IA)

En Europe, les marchés boursiers semblaient attendre la réunion de la BCE avant de prendre une décision claire.

Vers 10h00, Paris (+0,19%) compensait à peine son fort recul de la veille (-1,94%). Francfort (-0,10%) était à l'équilibre négatif tout comme Londres (-0,12%). Seule Milan progressait franchement (+0,50%).

En Asie, à la Bourse de Tokyo, l'indice star Nikkei a clôturé en petite hausse de 0,20%. A Séoul, l'indice Kospi a lâché 0,25%, la Bourse de Taipei 0,51% et celle de Sydney 1,03%.

La veille à New York, les trois principaux indices avaient reculé (Dow Jones -0,77%, Nasdaq -0,64% et S&P 500 -0,48%).

Au tableau des valeurs, Meta avait cependant progressé de 6,55%, à 653,69 dollars, après avoir lancé son assistant dopé à l'intelligence artificielle, Muse, venant concurrencer les offres similaires d'OpenAI, avec ChatGPT, et Anthropic, avec Claude. En revanche, la présentation d'un premier iPhone pliable a été sans effet sur l'action d'Apple (-0,28%).

afp/rr