Les marchés en Asie en berne après l'emploi américain, l'IA scrutée à Hong Kong

8. jan 2026

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Tokyo (awp/afp) - Les Bourses asiatiques étaient en berne jeudi dans le sillage de la baisse de Wall Street après des données sur l'emploi américain, Tokyo pâtissant de surcroît des tensions sino-japonaises, tandis qu'à Hong Kong, la cotation d'un rival chinois de OpenAI était scrutée.

Bourses maussades, Tokyo sous pression géopolitique

A la Bourse de Tokyo, l'indice vedette Nikkei a clôturé en recul de 1,62% à 51'117,26 points et l'indice élargi Topix de 0,77% à 3.484,34 points.

La Bourse de Séoul a fini stable (+0,03%), Taipei a cédé 0,25% et Sydney a résisté (+0,29%) au gré d'échanges volatils. L'indice hongkongais Hang Seng, lui, lâchait 1,55% vers 06H45 GMT.

Les places asiatiques digéraient une séance en berne à Wall Street, où les investisseurs ont accueilli fraîchement des indicateurs sur l'emploi aux Etats-Unis.

Le rapport JOLTS a notamment relevé lui un nombre d'offres d'emplois en novembre au plus bas depuis septembre 2024.

"Bien que les indicateurs du marché du travail issus des rapports ADP et JOLTS suggèrent un ralentissement des embauches, la résilience de l'activité dans le secteur des services laisse entrevoir une possible accélération de la croissance dans les prochains mois", tempèrent les analystes de MUFG.

"Pour la Réserve fédérale, cette combinaison de signaux pourrait justifier une approche prudente", poursuit-il. Quitte à nourrir l'attentisme des marchés.

Tokyo, de son côté, reste pénalisée par les tensions sino-japonaises, alors que Pékin a annoncé durcir ses restrictions sur l'exportation vers le Japon de biens à usage civil et militaire --ce qui pourrait affecter les acheminements des terres rares, cruciales pour l'industrie.

"L'impact économique pourrait varier en fonction de l'application concrète des contrôles" et "de la rigueur avec lesquels ils sont appliqués", observent les experts de Nomura.

"L'impact économique ne semble pas significatif pour l'instant, mais ses effets sur la politique monétaire de la Banque du Japon et sur la cote de popularité du gouvernement seront déterminants pour le yen", préviennent-ils.

Vers 06H45 GMT, la devise japonaise gagnait 0,12% à 156,58 yens pour un dollar.

La Chine a également ouvert mercredi une enquête antidumping sur le dichlorosilane venant du Japon, un produit chimique essentiel à l'industrie des semi-conducteurs.

Parmi les principaux fabricants japonais de ce produit, Shin-Etsu Chemical (-3,98%) a bu la tasse jeudi.

Cotation sans éclat d'un champion chinois de l'IA

Zhipu AI, champion chinois de l'IA et équivalent local d'OpenAI (ChatGPT), a fait une discrète entrée jeudi à la Bourse de Hong Kong, où son titre a grimpé de 3% dans les premiers échanges. Il s'est un peu repris ensuite, gagnant jusqu'à 10%.

Loin cependant de la cotation fracassante des spécialistes chinois des puces IA, MetaX et Moore Threads, en décembre à Shanghai.

Pour autant, signe de l'engouement persistant autour de l'IA en Chine, l'introduction de Zhipu a été largement sur-souscrite et lui a permis de lever l'équivalent de 552 millions de dollars américains.

Son rival et compatriote MiniMax fera lui aussi ses débuts boursiers à Hong Kong vendredi.

Pour Poe Zhao, expert du secteur et fondateur de Hello China Tech, les cotations de cette semaine "démontrent à la fois le potentiel de revenus et les défis fondamentaux auxquels cette nouvelle génération d'entreprises basées sur des grands modèles de langage +LLM+ est confrontée".

"La forte demande (des investisseurs) reflète clairement un optimisme plus large concernant l'IA chinoise", indique-t-il à l'AFP, pointant les abondants besoins de liquidités de ces firmes qui brûlent du "cash" sans source évidente de revenus.

Le pétrole en hausse

Le marché pétrolier tentait jeudi de se ressaisir après avoir piqué du nez ces derniers jours devant la perspective d'un retour du brut vénézuélien --dont Washington assure vouloir muscler l'exploitation.

Vers 06H45 GMT, le prix du baril de WTI nord-américain gagnait 0,39% à 56,20 dollars et celui de Brent de la mer du Nord 0,40% à 60,20 dollars.

L'or, traditionnelle valeur refuge face aux tensions géopolitiques, voyait son éclat se ternir après s'être envolé dans la foulée de l'intervention américaine au Venezuela. Il cédait 0,49% à 4434 dollars l'once.

afp/jh