29. Sep 2026
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Washington (awp/afp) - Les Bourses mondiales ont été freinées mardi par la hausse continue des taux obligataires, qui ont touché des sommets en France et aux Etats-Unis, malgré la baisse des prix du pétrole.
En Europe, Paris a cédé 0,53% et Londres 0,45%. Francfort (+0,10%) et Milan (+0,09%) ont terminé proches de l'équilibre. A Zurich, le SMI a cédé 0,22%.
A New York, le Dow Jones a reculé de 0,26%, l'indice Nasdaq a lâché de 0,09% et l'indice élargi S&P 500 a perdu 0,17%.
"Si les prix de l'énergie ont quelque peu reflué aujourd'hui, ce n'est pas le cas des rendements obligataires (...) qui continuent de constituer un frein majeur" pour Wall Street, résume auprès de l'AFP Art Hogan, analyste de B. Riley Wealth Management.
Le rendement des bons du Trésor américain à long terme (30 ans) a touché en séance des niveaux plus vus depuis 24 ans, à 5,62%. Il a depuis reflué, à 5,57% vers 20H45 GMT.
Son équivalent à 10 ans, le plus suivi, s'établissait à 5,25%, toujours au plus haut depuis 2007.
Face aux craintes inflationnistes, nourries notamment par la guerre au Moyen-Orient, les investisseurs demandent une meilleure rémunération afin de conserver leurs marges.
"Cela suscite clairement des inquiétudes, non seulement en raison du niveau atteint par les taux, mais aussi de la vitesse à laquelle ils ont grimpé ces dernières semaines", souligne M. Hogan.
"En outre, des indicateurs économiques plus faibles qu'attendu (...) n'ont pas suffi à atténuer les pressions vendeuses sur les obligations", souligne Jose Torres, analyste d'Interactive Brokers.
Le moral des consommateurs américains s'est notamment enfoncé en septembre à un niveau plus vu depuis douze ans, selon un baromètre de référence publié mardi, qui met en avant les inquiétudes autour du coût de la vie.
- La dette française sous pression -
En Europe, le rendement allemand à dix ans, baissait à 3,62%, contre 3,64% la veille. Au Royaume-Uni, le taux à dix ans atteignait 5,40%, contre 5,42% lundi soir.
Mais en France, le rendement à dix ans de la dette hexagonale était dans les derniers échanges à 4,80%, un niveau jamais vu depuis 2008, contre 4,76% la veille en clôture.
L'écart avec son équivalent allemand continue de grimper, s'approchant de 1,20 point de pourcentage, un nouveau plus haut depuis 2012.
"La fragilité des finances publiques et la difficulté des négociations budgétaires" pèsent "sur les actifs français à l'approche de l'élection présidentielle de 2027", selon les analystes de Allianz GI.
La dette publique représente désormais 119% du produit intérieur brut (PIB), d'après les derniers chiffres publiés mardi.
Le gouvernement français a d'ores et déjà prévenu que la dette atteindrait 121,7% du PIB en 2027, soit plus du double de la limite européenne fixée à 60%, du jamais-vu depuis le début de cette statistique en 1978.
- Le pétrole en petite baisse -
Les cours du pétrole ont clôturé en petite baisse mardi, sous l'effet de signaux encourageants quant à une reprise progressive des exportations depuis le Moyen-Orient.
Le prix du baril de Brent a perdu 2,56% à 102,59 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, a reculé de 3,48% à 89,38 dollars.
"Grâce au rétablissement des flux sur l'oléoduc est-ouest saoudien, les exportations régionales ne sont désormais plus qu'à 11% en deçà des niveaux d'avant-guerre - une reprise remarquable pour une région toujours en guerre", notent les analystes de JPMorgan.
L'oléoduc Est-Ouest, une infrastructure essentielle pour contourner le détroit d'Ormuz, avait récemment été mis à l'arrêt après des attaques de drones.
Sa remise en route permet de continuer à exporter du pétrole depuis Yanbu, sur la mer Rouge.
Reste que sur place, les discussions ne semblent pas avancer. L'Iran a menacé mardi de frapper des infrastructures du Moyen-Orient si sa sécurité était compromise, alors qu'il attend une réponse officielle de Washington à sa dernière proposition visant à rouvrir le détroit d'Ormuz.
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afp/rp