15. avr 2026
Description
Paris (awp/afp) - Les Bourses d'Europe ont fini en ordre dispersé mercredi, tout comme la tendance à Wall Street, sur fond d'accalmie au Moyen-Orient et de saison des résultats.
Paris a reculé (-0,64%), plombé par les contre-performances de l'industrie du luxe au premier trimestre. Kering (Gucci, Saint-Laurent, Balenciaga...) a chuté (-9,29%), tout comme Hermes (-8,22%).
Londres a également perdu du terrain (-0,47%), sur fond de recul des prix du pétrole, alors le front du conflit entre les Etats-Unis et l'Iran semble s'apaiser. BP a reculé (-0,53%) tout comme Shell (-0,87%) et TotalEnergies à Paris (-0,92%).
Francfort (+0,09%) et Milan (-0,04%) ont terminé à l'équilibre. En Allemagne, le géant de la défense Rheinmetall (+1,92%) s'est vu confier mercredi une commande de drones de combat d'une valeur de près de 300 millions d'euros pour l'armée allemande.
En Suisse, le SMI a reculé de 0,38%, notamment pénalisé par ses poids lourds Novartis (-1,6%) et Roche (-0,4%).
"Les investisseurs ont accueilli favorablement aujourd'hui la déclaration du président américain Donald Trump selon laquelle le détroit d'Ormuz serait à nouveau ouvert à la navigation", résume Andreas Lipkow pour CMC Markets. "Les espoirs d'une paix rapide et durable se reflètent directement dans les prix de l'énergie et font repasser le baril de Brent sous la barre des 100 dollars", ajoute-t-il.
A 16H00 GMT, Wall Street suivait également des tendances contradictoires. Le Dow Jones perdait du terrain (-0,30%), contrairement au S&P 500 (+0,39%) et au Nasdaq (+1,04%).
Aux Etats-Unis, l'humeur semble être davantage dictée par la saison des résultats que par le conflit lancé la nuit du 27 au 28 février par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran.
Bank of America a annoncé mercredi une forte hausse de son bénéfice net au premier trimestre 2026, avec un chiffre d'affaires (net des charges d'intérêts) de 30,3 milliards de dollars, en hausse de 7% sur un an. L'action BoA progressait de 1,75%.
La banque Morgan Stanley grimpait de 4,36%, portée par la publication de bons résultats au premier trimestre.
Au total, 45 des 65 sociétés qui ont annoncé leur résultat pour le premier trimestre dépasse les prévisions, ce qui alimente un certain optimisme sur les marchés, détaille à l'AFP Fabian Ielpo, de la banque privée Lombard Odier.
Guerre "presque finie"?
"Le marché estime que la guerre est finie", avance Neil Wilson, de Saxo Markets, résumant la perception du conflit au Moyen-Orient par les investisseurs.
"Trump vient tout juste d'annoncer que l'Iran est sur le point de parvenir à un accord, confirmant des informations antérieures selon lesquelles les deux parties avaient accepté +en principe+ de prolonger la trêve", détaille Fawad Razaqzada, analyste de marché pour Forex.com.
Dans ce contexte, les prix du pétrole, véritable baromètre de la confiance du marché depuis le début du conflit, évoluent sans grand mouvement, après avoir fortement reculé la veille, également en raison du récent élan d'optimisme des investisseurs.
A 16H15 GMT, le prix du baril de West Texas Intermediate (WTI), référence américaine, progressait de 1,15% à 92,33 dollars le baril.
Le baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, prenait 1,03% à 92,33 dollars.
L'armée américaine a confirmé mercredi qu'elle poursuivait le blocus des ports iraniens, tempérant la baisse du pétrole observée deux heures auparavant.
Et les taux d'intérêt, qui évoluent au gré des craintes inflationnistes depuis le début de la guerre, sont encore sensibles aux variations des prix du pétrole: le rendement à échéance dix ans de l'emprunt allemand, référence en Europe, remontait 3,04%, légèrement supérieur à sa performance de la veille (3,02%).
Son équivalent français augmentait un peu également à 3,68%, contre 3,65% la veille.
afp/al