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Paris (awp/afp) - Les marchés mondiaux saluent lundi l'annonce de la signature imminente d'un accord de paix entre les États-Unis et l'Iran, qui pousse les prix du pétrole à leur plus bas niveau depuis mars et relance l'appétit des investisseurs pour les actifs risqués.
Les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé lundi avoir trouvé un accord, mais sans le détailler, pour mettre fin immédiatement à la guerre au Moyen-Orient sur tous les fronts, y compris au Liban, avec une cérémonie de signature prévue vendredi à Genève.
Première conséquence: sur les marchés de l'énergie, "les investisseurs s'empressent de réduire une partie de la prime de risque qui s'était accumulée (...) ces derniers mois", commente Daniela Hathorn, analyste à Capital.com.
Les prix du pétrole reprennent la direction des cours en vigueur avant le déclenchement des hostilités le 28 février. Vers 17H45, le Brent de la mer du Nord, référence mondiale du pétrole, reculait fortement (-4,90% à 83,05 dollars le baril). Le WTI américain suivait la même tendance (-5,15% à 80,51 dollars le baril).
"C'est de loin le plus bas niveau depuis les premiers jours de la guerre", souligne Ipek Ozkardeskaya, analyste pour Swissquote.
Le cadre d'accord trouvé ce week-end "rouvre immédiatement le détroit d'Ormuz", passage stratégique par lequel transite habituellement un cinquième du commerce mondial d'hydrocarbures, a affirmé le vice-président américain JD Vance.
Les Bourses dans le vert
"Les marchés actions ont également réagi favorablement, en particulier en Europe et en Asie, davantage dépendantes des importations d'énergie et donc plus sensibles aux conséquences inflationnistes de la hausse des prix du pétrole", souligne Mme Hathorn.
En Europe, la Bourse de Paris a terminé en hausse de 0,40%, Francfort de 1,05% et Milan de 0,66%.
La Bourse de Zurich, qui a glissé dans le rouge en fin de séance, est parvenue de justesse à terminer en terrain positif, grappillant 0,07%.
Seule Londres s'est repliée de 0,39%, en raison de la forte exposition de son indice phare, le FTSE 100, aux valeurs énergétiques.
A Wall Street, vers 17H45, l'indice Nasdaq prenait 2,87%, l'indice élargi S&P 500 gagnait 1,85% tandis que le Dow Jones progressait de 1,36%.
"La paix est favorable aux actifs risqués" comme les actions, "mais pas de manière uniforme pour tous les secteurs", rappelle Patrick Munnelly, de Tickmill Group.
Sans surprise, les grands groupes pétroliers comme BP (-3,29%) ou Shell (-4,33%) à Londres, TotalEnergies (-4,43%) à Paris, Eni (-4,69%) à Milan ou Equinor (-6,52%) à Oslo, ont dévissé de concert. La baisse des cours du pétrole pèse mécaniquement sur leurs perspectives de bénéfices.
A Wall Street également, Chevron chutait de 3,51%, ConocoPhillips de 3,80% et Exxon Mobil de 3,90% vers 17H45.
Au contraire, la baisse des prix du brut profite aux industriels pour qui l'énergie reste un important poste de dépenses.
Le secteur bancaire s'est également illustré, profitant de "la détente du risque économique", souligne Alexandre Baradez, responsable de l'analyse de marché pour la société d'investissement IG France.
En Europe, Deutsche Bank a gagné 4,31% à Francfort. Banco Santander a pris 3,86% à Madrid. Société Générale a gagné 3,54% à Paris.
Le dollar s'enfonce, la Fed attendue
Dans ce contexte, le billet vert cédait 0,27% face à la monnaie unique, à 1,16 dollar pour un euro vers 17H45. Il avait jusqu'ici profité de l'envolée des prix de l'or noir, libellés en dollar.
La signature prévue d'un accord sur la fin de la guerre au Moyen-Orient "a également des implications importantes pour les anticipations concernant les banques centrales", souligne Mme Hathorn.
"Avant cet accord, les investisseurs s'inquiétaient de plus en plus du fait que la hausse des coûts de l'énergie puisse alimenter des pressions inflationnistes plus larges et potentiellement contraindre les décideurs monétaires à resserrer davantage leur politique", explique-t-elle. La baisse des prix du pétrole n'élimine pas totalement les risques d'inflation, mais les rend moins urgents.
"Cela est particulièrement pertinent cette semaine, alors que la Réserve fédérale américaine (Fed) tient sa première réunion sous la présidence de son nouveau président, Kevin Warsh", rappelle-t-elle.
afp/ck