Les Bourses mondiales restent prudentes face aux tensions Iran/Etats-Unis

20. fév 2026

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Paris (awp/afp) - La prudence gagne les marchés mondiaux vendredi sur fond de tensions géopolitiques entre Washington et Téhéran, les Bourses et le pétrole marquant le pas en attendant de nouveaux développements.

En Europe, dans les premiers échanges, l'indice vedette parisien CAC 40 prenait 0,30% peu après avoir culminé à 8.447,61 points, un nouveau record absolu, dépassant son précédent record en séance de 8.438,52 points de mercredi dernier. La Bourse de Londres prenait 0,31% et Milan 0,35% quand Francfort cédait 0,10%.

Le ravivement des tensions géopolitiques a également affecté les Bourses asiatiques. A la Bourse de Tokyo, l'indice vedette Nikkei a terminé en baisse de 1,11%.

Si la Bourse de Séoul a résisté (+2,31%), portée par la tech, d'autres marchés ont ployé, à l'instar de Sydney (-0,05%), tandis que l'indice hongkongais Hang Seng cédait 0,98% dans les derniers échanges.

Les places de Chine continentale et de Taipei restaient fermées pour les congés du Nouvel an lunaire.

"Les marchés ont retrouvé un ton plus prudent (...) sur fond de résurgence des tensions géopolitiques", relèvent les analystes de Natixis.

Le président américain Donald Trump a dit jeudi se donner "dix jours" pour décider si un accord avec l'Iran était possible, avertissant que dans le cas contraire, "de mauvaises choses" se produiraient.

Il a répété, pendant son discours à Washington, que sans un accord "pertinent", de "mauvaises choses" arriveront.

Les deux pays ennemis continuent à échanger des menaces sur fond d'escalade militaire: l'Iran mène des exercices en mer d'Oman avec la Russie alors que les Etats-Unis ont mis en place au Moyen-Orient une imposante force de frappe navale et aérienne "en prévision d'une éventuelle frappe contre l'Iran", souligne Jim Reid, économiste de la Deutsche Bank.

Sous pression, l'Iran a de nouveau défendu jeudi "son droit" à l'enrichissement d'uranium à des fins civiles, notamment pour l'énergie.

Jeudi déjà, Wall Street avait terminé dans le rouge, les tensions ayant entraîné "une vague de ventes sur les marchés, (...) les investisseurs réduisant leur exposition par crainte d'un conflit géopolitique", explique M. Reid.

A l'agenda de la séance, les investisseurs devraient prêter attention à la publication de l'indice d'inflation américain PCE pour le mois de décembre, ainsi qu'aux nouvelles de la croissance au quatrième trimestre.

Le PCE, "indicateur d'inflation privilégié" par la banque centrale américaine (Fed), pourra permettre aux investisseurs d'affiner leurs attentes sur le rythme de baisses de taux de l'institution mnétaire.

Pétrole et dollar sur le qui-vive

Les cours du pétrole font du surplace en attendant de nouveaux développements entre les Etats-Unis et l'Iran. Vers 08H30 GMT, le prix du baril de Brent de la mer du Nord cédait quelque 0,04% à 71,63 dollars le baril, quand celui de son équivalent américain, le WTI, perdait 0,03% à 66,41 dollars.

Plus tôt dans les échanges, le Brent a toutefois touché un nouveau plus haut depuis juillet et le WTI depuis août.

"L'Iran reste un acteur clé du marché énergétique", se plaçant dans les dix premiers producteurs de pétrole au monde, rappelle cependant John Plassard, responsable de la stratégie d'investissement chez Cité Gestion Private Bank, "et toute perturbation de ses exportations ou du détroit d'Ormuz pourrait provoquer un choc immédiat sur les prix".

Le principal risque en cas d'escalade militaire reste en effet celui du blocage du détroit d'Ormuz, par lequel transite 20% de la production mondiale d'or noir.

"Un baril durablement au-dessus de 90 ou 100 dollars relancerait mécaniquement les pressions inflationnistes, obligeant les banques centrales, et notamment la Réserve fédérale (Fed), à maintenir des taux élevés plus longtemps que prévu", note M. Plassard.

Vers 08H30 GMT, le billet vert s'appréciait d'ailleurs de 0,16% par rapport à la monnaie unique, à 1,1754 dollar pour un euro.

Si l'incertitude géopolitique a tendance à pousser "les investisseurs vers les valeurs refuges comme le dollar, l'or ou les obligations américaines, au détriment des actifs risqués", M. Plassard souligne qu'un "conflit pourrait aussi soutenir certains secteurs spécifiques, notamment l'énergie, la défense et certaines infrastructures critiques, qui bénéficieraient directement d'une hausse des dépenses militaires et énergétiques".

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