27. fév 2026
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Paris (awp/afp) - Les marchés mondiaux restent sous pression vendredi, entre les doutes persistants sur les conséquences économiques de l'essor de l'intelligence artificielle et le regain de tensions géopolitiques autour de l'Iran, qui ont porté le pétrole à un sommet inédit depuis sept mois.
"La semaine a été marquée par un environnement de marché toujours erratique, partagé entre risque géopolitique au Moyen-Orient et craintes liées à la thématique IA", résument les analystes d'Edmond de Rothschild AM.
Depuis plusieurs semaines, les marchés s'inquiètent de la rentabilité future des dépenses colossales des géants de la tech dans le développement de l'IA. Les craintes concernent également les conséquences de cette nouvelle technologie sur le modèle économique de nombreux secteurs, comme celui des logiciels.
Et "après les perturbations liées à l'IA et les inquiétudes autour de la tech, les actions américaines ont nettement baissé (...) après la publication de chiffres d'inflation de gros supérieurs aux attentes", explique Neil Wilson, de Saxo Markets.
L'inflation des coûts de production des entreprises a en effet réaccéléré aux Etats-Unis en janvier par rapport au mois précédent, tirée par le secteur des services. Sur un mois, l'indice des prix à la production (PPI) a augmenté de 0,5%, contre 0,4% en décembre.
Vers 16H45 GMT, à Wall Street, le Dow Jones lâchait 1,18%, le Nasdaq 1,01% et le S&P 500 0,67%.
En Europe, les places boursières ont majoritairement terminé en baisse: Paris -0,47%, Milan -0,45%, Francfort -0,02%.
Seules les Bourses de Londres et Zurich ont terminé en hausse respectives de 0,70% et 0,72%.
Londres a progressé "malgré le recul des autres marchés: les valeurs minières (très représentées sur la place londonienne) soutiennent la tendance, ainsi qu'un léger rebond de valeurs logicielles malmenées", explique M. Wison.
Le titre du producteur d'or et d'argent mexicain Fresnillo a grimpé de 3,12%, le groupe canadien Endeavour Mining a gagné 2,32%, la compagnie minière Hochschild a pris 3,21% et Antofagasta 1,46%.
Le pétrole au plus haut en 7 mois
Sur le front géopolitique, "les discussions américano-iraniennes à Genève ont provoqué une forte volatilité", relève Jim Reid, économiste de la Deutsche Bank.
Ces discussions sous médiation omanaise étaient perçues comme l'une des dernières chances pour éviter une guerre, alors que les Etats-Unis ont opéré leur plus important déploiement militaire au Moyen-Orient depuis des décennies.
Cependant, les Etats-Unis ont recommandé vendredi au personnel non essentiel de leur ambassade à Jérusalem de quitter Israël, laissant présager la mise en oeuvre de leurs menaces de frappes.
Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a exhorté vendredi Washington à éviter "toute exigence excessive".
Les analystes matières premières du cabinet SEB, Bjarne Schieldrop et Ole R. Hvalbye, notent "une pression supplémentaire", car "le Congrès américain doit voter une résolution susceptible d'empêcher la Maison-Blanche d'entrer en guerre contre l'Iran sans autorisation du Congrès", d'après le New York Times.
"Si Trump envisage sérieusement une attaque contre l'Iran, il pourrait devoir faire ce choix explicitement avant le vote de mardi, faute de quoi il pourrait perdre la possibilité de lancer une attaque sans l'approbation du Congrès", poursuivent-ils.
Vers 16H45 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord gagnait 2,50% à 72,52 dollars après avoir touché un plus haut depuis juillet, quand son équivalent américain, le WTI, prenait 2,18% à 66,63 dollars après avoir atteint un sommet depuis août.
Les valeurs pétrolières profitaient de la hausse des cours du brut. Shell (+1,31%) BP (+0,92%) et ENI (+1,54%) ont terminé dans le vert en Europe.
Netflix renonce à racheter Warner Bros
Netflix a déclaré jeudi refuser de relever son offre de rachat du groupe de cinéma et de télévision Warner Bros Discovery (WBD) face à celle de son concurrent Paramount Skydance, estimant que l'opération n'était plus financièrement attractive.
C'est un coup de théâtre majeur dans ce dossier à rebondissements qui dure depuis plus de cinq mois. Paramount Skydance, premier à avoir soumis une proposition de reprise, dès septembre, n'avait jamais été considéré comme favori jusqu'ici.
"Cette décision supprime un important facteur d'incertitude pour le titre" Netflix, souligne Neil Wilson.
Vers 16H45 GMT, à Wall Street, Netflix grimpait de 10,10%, WBD lâchait 1,82% et Paramount Skydance s'envolait de 13,55%.
afp/al