Les Bourses mondiales prudentes avant le retour des investisseurs américains

Il y a 3 heures

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Paris (awp/afp) - Les Bourses mondiales abordaient la semaine sur une note prudente, la plupart des marchés évoluant en zone négative. Les investisseurs arbitraient entre l'apaisement du risque géopolitique, la défiance envers le secteur tech et les anticipations de politique monétaire.

"Les marchés reviennent du long week-end" (vendredi était férié aux États-Unis) "dans un état d'esprit plutôt positif, tout en restant confrontés à des forces contradictoires liées à l'apaisement des risques géopolitiques, à la diminution des risques de hausse des taux d'intérêt américains et à la persistance d'un sentiment négatif envers les valeurs technologiques", commente Kyle Rodda, analyste des marchés financiers pour Capital.com.

Le nouveau président de la Réserve fédérale américaine (Fed), Kevin Warsh, avait souligné mercredi devant d'autres banquiers centraux réunis à Sintra, au Portugal, que les préoccupations en matière d'inflation avaient "diminué", bien que son niveau restait encore trop élevé. Pour les marchés d'actions, "le scénario idéal serait celui où les discussions de paix progressent, où les données américaines montrent une modération des pressions inflationnistes et où les bénéfices des entreprises technologiques américaines continuent de dépasser des attentes déjà très élevées", souligne l'analyste.

A Wall Street, qui rouvre après un week-end prolongé en raison de la fête du 4 juillet, les contrats à terme sur les trois principaux indices sont sans direction claire: le Nasdaq prenait 1,04%, le S&P 500 0,42% et le Dow Jones perdait 0,09%.

Les Bourses européennes faisaient quant à elles du sur-place vers 13h40: la Bourse de Paris prenait 0,01%, Francfort cédait 0,02%, Londres 0,32% et Milan 0,04%. Vers 14h15, la Bourse suisse voyait son indice phare SMI lâcher 0,55%.

"La baisse des prix de l'énergie continue de soutenir les perspectives de croissance en Europe, tandis que la confiance dans le maintien du cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran a encouragé les investisseurs à réduire une partie de la prime de risque géopolitique qui dominait les marchés plus tôt dans le trimestre", souligne Daniela Hathorn, de Capital.com.

En Asie, après avoir progressé de près de 3% en début de séance, l'indice Kospi de la Bourse de Séoul, fortement exposé à la tech, a finalement terminé en baisse de 0,46%. A la Bourse de Tokyo, le Nikkei a terminé stable (-0,01%). En Chine, la Bourse de Shanghai a cédé 0,06% quand la Bourse de Hong Kong a gagné 1,14%.

Tensions sur la tech

"Après le fort rebond des valeurs technologiques la semaine dernière, les marchés abordent ce lundi avec une approche plus sélective", relève Patrick Munnelly, de Tickmill Group. "Les investisseurs ne tournent pas le dos à la thématique de l'intelligence artificielle, mais ils s'interrogent sur la capacité d'un secteur valorisé à la perfection à continuer de produire des résultats parfaits à l'approche de la saison des publications de résultats", relève-t-il.

A Francfort, le fabricant de puces Infineon (-1,91%) suit la baisse des valeurs technologiques en Asie. A Paris, STMicroelectronics cédait 1,29% et Soitec 1,28%. A Amsterdam, ASML, première capitalisation en Europe, se repliait également de 1,47% vers 11H30 GMT.

Le dollar orienté à la hausse

L'arrivée de Kevin Warsh à la tête de la Fed "a renforcé les anticipations selon lesquelles les taux d'intérêt pourraient rester élevés plus longtemps, ce qui soutient le dollar américain", relève Mme Hathorn. Vers 13h30, le billet vert prenait 0,18% face à la monnaie unique, à 1,1416 dollar pour un euro.

Le pétrole digère l'Opep+

L'Arabie saoudite, la Russie, et cinq autres membres de l'Opep+ ont décidé dimanche de relever à nouveau leurs quotas de production de pétrole de 188.000 barils par jour, sur fond de signaux encourageants concernant la navigation dans le détroit d'Ormuz. "Cette hausse vient accroître l'excédent d'offre sur le marché pétrolier et pourrait continuer d'exercer une pression baissière sur les prix", note Kathleen Brooks, directrice de la recherche à XTB.

Sur le front géopolitique, "les discussions visant à instaurer une paix durable (au Moyen-Orient) se poursuivent au début de cette nouvelle semaine", poursuit-elle. Le baril de Brent de la mer du Nord, la référence mondiale, perdait 0,22% à 71,96 dollars, et son équivalent américain, le WTI, lâchait 0,16% à 68,58 dollars le baril vers 13h30.

afp/vj