14. Avr 2026
Description
Washington (awp/afp) - Les marchés boursiers mondiaux font le pari de l'optimisme mardi, dopés par l'espoir d'une poursuite des négociations entre les États-Unis et l'Iran, qui a ravivé l'appétit des investisseurs pour le risque.
En Europe, Paris a pris 1,12%, Francfort 1,27% et Milan 1,36%. Londres n'a gagné que 0,25%, mais elle a été ralentie par ses majors pétrolières qui ont pâti du recul des prix du brut. A Zurich, le SMI a gagné 0,94%.
A Wall Street, le Dow Jones a gagné 0,66%, l'indice Nasdaq a avancé de 1,96% et l'indice élargi S&P 500 a pris 1,18%.
"L'optimisme grandit quant à une possible reprise prochaine des négociations entre Washington et Téhéran (...) ce qui ravive l'enthousiasme des marchés", explique Jose Torres, d'Interactive Brokers.
Le président américain Donald Trump a assuré lundi que les Iraniens "voudraient faire un accord, à tout prix", après l'échec des discussions au Pakistan pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.
Et "des efforts sont en cours pour ramener les deux parties à la table des négociations", a confié mardi une source pakistanaise de haut rang à l'AFP, assurant que "la réunion pourrait avoir lieu prochainement".
Certains investisseurs - dont des fonds spéculatifs - "estiment nécessaire de revenir sur le marché et d'augmenter à nouveau leur exposition au risque", remarque auprès de l'AFP Tom Cahill, de Ventura Wealth Management.
"Mais de nombreuses incertitudes subsistent quant à la possibilité de parvenir à un véritable accord", prévient l'analyste.
- Le baril sous 100 dollars -
"Le marché est convaincu que cette guerre est entrée dans une nouvelle phase, qui mènera à la fin des combats et à une réouverture de la voie maritime", selon Kathleen Brooks, analyste chez XTB.
Dans ce contexte, les cours du pétrole ont reculé mardi sous les 100 dollars.
Le baril de West Texas Intermediate (WTI) a chuté de 7,87% à 91,28 dollars et le Brent, la référence internationale, a perdu 4,60% à 94,79 dollars.
"Pour autant, le fait que le WTI se maintienne au-dessus des 90 dollars rappelle que le chemin vers la désescalade est encore long", estime Kevin Ford, de Convera.
"L'optimisme a besoin d'être confirmé: la preuve la plus évidente serait une normalisation visible des livraisons de pétrole via le détroit d'Ormuz", poursuit l'analyste.
Ce passage maritime stratégique, par lequel transite en temps normal environ un cinquième du pétrole et du gaz mondiaux, est paralysé par l'Iran depuis le début de la guerre.
- Détente des taux -
L'optimisme se manifeste aussi sur le marché obligataire, avec un repli des taux d'intérêt des dettes des États. Le rendement du "Bund" allemand sur dix ans a reculé à 3,03% contre 3,09% la veille, et son équivalent français à 3,66% contre 3,75% lundi soir.
Le rendement à 10 ans des emprunts de l'État américain évoluait mardi autour de 4,25% vers 20H40 GMT contre 4,29% à la clôture lundi.
Le dollar, qui a grimpé tout au long de la guerre en bénéficiant de son statut de valeur refuge et de monnaie internationale du marché du pétrole, reculait de 0,29% face à l'euro, à 1,1794 dollar pour un euro.
- La saison des résultats débute, LVMH déçoit à Paris -
Avec cette accalmie, le "marché pourrait détourner son attention de la géopolitique pour se concentrer sur les résultats financiers" des entreprises, espère Kathleen Brooks. La saison des publications de résultats débute en effet cette semaine.
A Paris, LVMH, première capitalisation du CAC 40 et numéro un mondial du luxe, a publié lundi un chiffre d'affaires en repli de 6% au premier trimestre, pénalisé par la guerre au Moyen-Orient. Après avoir nettement reculé durant la séance de mardi, son titre a fini à l'équilibre (-0,06%).
Au contraire, le titre du géant publicitaire Publicis a pris 2,00%, après avoir confirmé mardi ses objectifs annuels.
Et à Wall Street, ce sont les groupes financiers américains qui ont ouvert le bal.
BlackRock (+3,07% à la clôture), le plus gros gestionnaire d'actifs au monde, a publié mardi des résultats qualifiés de record en 2025, dopés par des marchés boursiers très dynamiques l'an dernier ainsi que par des commissions en hausse.
Citigroup (+2,68%) a été saluée pour ses résultats au-dessus des attentes, tandis que Wells Fargo (-5,67%) a pâti d'un chiffre d'affaires moins bon qu'escompté.
,,
,
,
afp/rp